‹ Des Pigmentations Cutanées d'Origine MédicamenteuseChapitre 14 sur 23 · D UE · texte numérisé non relu

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la maladie causale, de rechercher cette maladie, en un mot d'interpréter le symptôme.

Nombreuses sont les maladies donnant lieu à des trou bles de coloration de la peau. Nous passerons rapidement sur les moins importantes. étudierons ensuite celles qui donnent lieu à des mélanoses plus ou moins généralisées pouvant ressembler comme type à la mélanose arsenicale ; nous examinerons en dernier lieu les pigmentations localisées. Nous les comparerons à celles que laissent les éruptions d’antipyrine.

a) Pigmentations diffuses.

En présence d’un malade venant consulter pour une coloration anormale de la peau, la première idée qui viendra à l'esprit du médecin sera celle demaladie bronzée d'Addison. On pensera ensuite à l’arsenicisme, à la mélanodermie des vagabonds ; et c'est si une femme au chloasma des femmes enceintes. Il faudra éliminer des maladies plus rares ou s'accompagnant moins fréquemment de mélanose : le goître exophtalmique, le diabète bronzé, la mélanodermie de la malaria, puis, et surtout par acquit de conscience, l’acanthosis nigricans, la pellagre, l'acrodynie.

Acanthosis nigricans. — La mélanodermie de l’acanthosis nigricans est moins généralisée que celle de Farsenicisme. Êlle est surtout marquée au cou, aux plis articulaires, à la région épigastrique. Elle s'accompagne en même temps et dans les mêmes points d’un aspect rugueux, papilloma-

teux, verruqueux de la peau. C’est plus tard seulement,

dans l’arsenicisme que vient l’hyperkératose et les saillies papillaires sont beaucoup moins nombreuses (J. Méneau.

Pellagre. — La pellagre débute par la série des phénomènes généraux que l’on retrouve au début de l’intoxication par l’arsenic, au début de la maladie d’Addison. La mélanose n'est pas primitive, elie est précédée de rougeur de la peau avec gonflement et grande cuisson. L’épiderme est dur, rugueux, épaissi, et la peau a une teinte gris sale ou brunâire qui rappelle bien l’arsenicisme.

Mais cet état ne dure pas ; l’épiderme se fendille en petites écailles, s’exfolie lentement, et laisse à la peau une apparence lisse. Somme toute, aucun caractère bien net pour poser un diagnostic. Il faut se rappeler que la maladie ést endémique dans certaines régions, et qu’en France on n’a guère de chance de la rencontrer autre part que dans les Landes.

Acrodynie. — L’acrodynie n’est plus guère signalée de nos jours. Îl faut avouer que la description donnée par Alibert de l'épidémie de 1888 à Paris rappelle trait pour trait la mélanose arsenicale : « Presque tous les individus qui venaient réclamer nos soins avaient un teint de ramoneur. Certains d’entre eux avaient le corps tellement couleur de suie, que l'illusion était complète; il y avait même -des endroits qui, moins foncés que les autres semblaient avoir été essuyés; on eut cru d'abord que ces endroits étaient couverts par des toiles d’araignée, et quand on grattait ces plaques qui étaient comme terreuses, la cuticule se réduisait en une matière farineuse. »

Les autres symptômes ne sont pas non plus pour aider au diagnostic. Les troubles nerveux ont les plus grands

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rapports avec les paralysies décrites par M. Brouardel dans sa thèse, Les troubles gastro-intestinaux ne manquent pas plus dans l’une que dans l’autre intoxication, seule l'hypéresthésie cutanée si accentuée dans l’acrodynie n’a pas son pendant dans l’arsenicisme. Du reste l’acrodynie est toujours survenue en épidémies qui ne sauraient s'expliquer par une intoxication arsenicale. | ee.

L'épidémie d'Hyères qui s’en rapprocherait le plus est loin d'atteindre un nombre de malades égal à celui que l’on put observer dans le premier tiers du siècle.

Goître exophtalmique. — Le goître exophtalmique a donné lieu à une erreur que son auteur a eu la bonne foi de publier.

Forster eut, dans sa clientèle, un garcon de dix ans qui fut atteint de diarrhée et de fièvre qui ne purent être rapportés à une fièvre typhoïde. Il vit ensuite survenir une dilatation du cœur avec lachycardie, la fièvre persista et la température se maintint à 400,c. le soir. Trois mois plus lard légère exophtalmie.

On donna à l'enfant 3 ou 4 gouttes de liqueur de Fowler deux fois par jour ; en deux mois trente grammes en tout. Le visage devint jaune, le corps brunâtre. Le diagnostic Maladie de Basedow avait été porté et fut maintenu ainsi que la médication arsenicale bien qu'avec des interruptions,

La pigmentation augmenta d'intensité, Forster pensait à la maladie d’Addison, quand après une suspension plus longne du du traitement, on vit la coloration diminuer, ce qui permit de rectifier le diagnostic.

Môbius. dans une étude complète sur la maladie deBa-

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sedow, cite plusieurs auteurs qui ont relevé des pigmentations anormales (Létienne). Celles-ci peuvent envahir les muqueuses et donner des taches brunes sur la muqueuse buccale, ce qui porte à les rattacher à la maladie d'Addison. D’ordinaire, cette mélanose n’est pas généralisée, elle est en zébrures, en zônes irrégulières qui peuvent envahir le cou, la face, le tront.

Diabète bronzé. — La mélanose du diabète bronzé présente une coloration ardoisée uniformément étendue au tégument externe. La pigmentalion des muqueuses est exceptionnelle. Ge symptôme s’accompagne de bien d’autres signes qui permeltent de le rapporter à sa cause exacte. La cachexie, dans cette forme du diabète, fait des progrès rapides. La polydypsie, la polyphagie, la polyurie ne manquent pas. Il y a de la glycosurie, le ventre est ballonné, le foie est hypertrophié, il est dur, ligneux, sensible. Le réseau veineux sous cutané abdominal est très apparent, la rate est augmentée de volume, l’amaigrissement est constant, les réflexes sont abolis et l'impuissance génitale est absolue. Paludisme. — La mélanodermie de la malaria est légère, d'aspect cendré, gris jaunâtre pouvant arriver au jaune brun ; plus intense, elle peut devenir brun grisâtre et se répandre uniformément sur le corps tout en respectant les muqueuses. L'examen du sang ainsi que les commémoratifs et les symptômes ordinaires de la maladie feront reconnaître le paludisme.

Il ne faut pas oublier que chez tous ces malades la mélanodermie spéciale à la maladie peut être doublée d'une mélanodermie médicamentense, qui augmentera l'intensité de

la première où pourra faciliter son apparition. Nous allons

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retrouver cette considération dans le chloasma ou mélanodermie des femmes enceintes.

Chlod$ma. — Ce chloasma est banal dans le cours de la grossesse.

Normalilest localisé. C’est d’abord une raie brune n’ayant que quelques millimètres de large allant du mont de Vénus à l’appendice xyphoïde. La portion sous-ombilicale a une coloration plus foncée que la portion sus-ombilicale.

Elle est nettement accusée chez les femmes brunes. Chez ces dernières, il arrive que toute la peau de l'abdomen, toute la partie supérieure des cuisses prend une teinte foncée qui varie du jaune au brun en rapport avec l’âge de la grossesse. Chez les blondes et particulièrement chez les rousses l’aréole vraie manque. Il y a une fausse aréole entourant la première, tachetée, mouchetée,pommelée, ayant des contours mal définis et pouvant envahir toute la mamelle.

Mac Lane a vu la pigmentation s’élendre davantage encore. Que la face se couvre d’éphélides, de taches jaunâtres eton a le masque de la grossesse.

Ces taches sont symétriques et affectionnent le front, mais détail très important, elles sont en rapport avec les parties exposées à la lumière, et le plus souvent elles n'atteignent pas le bord d'implantation des cheveux, mais laisse une ligne blanche large de un centimètre. Or nous avons vu dans l'arsenicisme la mélanose envabir le front dans différentes observations, toujours le bord d'implantation des cheveux présentait le maximum de coloration.

Il'est bien évident qu'avec un tel ensemble de coloration, normal peut-on dire, le médecin aura tendance à rapporter

à ce chloasma toute pigmentation d’autre nature venant s'y

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ajouter; d'autant plus que contre l’anémie des femmes enceintes, il donnera facilement des préparations arsenicales et ferruginenses. Il pourra en résulter des mélanodermies intenses qui auront chance de persister au delà du terme de la grossesse.

Hafter (1) a observé deux femmes : toutes deux intéressantes à des points de vues différents; la première se vit ordonner cinq à huit gouttes de liqueur de Fowler trois fois par Jour, soit quinze à vingt quatre gouttes ; elle devait apporter au traitement de légères interruptions. Elle n’interrompit pas et, qui plus est porta de sa propre autorité la dose à trente et trente-trois gouttes par jour ; ce, pendant deux ou trois ans, elle eut du reste une pigmentation. Mais sa sœur, entraînée par son exemple, usa, elle aussi, du médicament; à un moment donné elle devint enceinte, elle eut alors une mélanose tout à fait anormale et par l'extension qu’elle prit et par son intensité.

Mélanodermie parasitaire — La mélanodermie parasitaire qui va jusqu'au brun foncé intense, au brun gris, au noir bleu, peut être confondue avec la mélanose arsenicale, car, dans les cas de longue durée, elle envahit presque toute la surface cutanée.

Ces cas forment du reste l'exception. Habituellement elle a ses régions de prédilection : elle se cantonne au dos, aux omoplates d’une façon particulière, aux épaules, à la partie supérieure du bras.

Elle envahit fréquemment la portion supérieure de la

poitrine, plus rarement le tronc et l'abdomen. Exception-

(A) In article de MENEAU.

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