‹ Des Pigmentations Cutanées d'Origine MédicamenteuseChapitre 15 sur 23 · ROUTE · texte numérisé non relu

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nellement on voit le cou, la tête et les mains être atteints ; on l’a signalée aux paupières.

En outre du caractère particulier que lui impriment les

Jocalisations, la mélanodermie ne constitue pas le symptôme dominant : la peau estrugueuse, épaissie, jamais on ne la voit lisse ni souple et si on gratteavec l’ongle on enlève des traces de pigment. Le prurit déterminé par les piqûres des pédieuli amène des lésions concomitantes de grattage. Celles-ci siègent aux mêmes points que la mélanodermie et forment sur la peau un quadrillé à grandes mailles.

Enfin, dernier symptôme cutané, ce grattage amène des infections surajoutées, transportées par les ongles du malade, et la furonculose complète souvent le tableau. Du reste pour affirmer le diagnestic il suffit de chércher le parasite que l’on rencontre dans les coutures des vêtements.

La mélanose phtiriasique ne se limite pas à la peau. Malgré des négations anciennes, plusieurs auteurs, et M. Thibierge, en particulier, ont rencontré des pigmentations des muqueuses. À dessein nous les laissons de côté voulant comparer à la fin de ce chapitre l’état des muqueuses dans la phtiriase, la maladie d’Addison et de Parsenicisme.

Vieux morphinomanes. — On peut rapprocher de la mélanodermie des phtiriasiques, la coloration noire qui se produit chez les vieux morphinomanes. Comme celle-là, elle est le fait des traumatismes répétés, des lésions suppuratives, succédant à des injections faites sans antisepsie. Elle siège, par conséquent, aux fesses et aux cuisses, lieux

d'élection pour les piqûres. Ce fait, et les points cicatriciels

RRQ porues abondants, la feront distinguer facilement d’une mélanose

arsenicale localisée. M. Moutard-Martin en à rapporté un cas tout à fait particulier, à la Société médicale des hôpitaux.

Il s'agit d'une femme de 25 ans, morphinomane depuis 8 ans, chez laquelle on constate, outre des lésions syphilitiques banales, des taches bleues, les plus petites puncliformes, les plus grandes ayant un centimètre de large ; ces taches d'un bleu foncé rappelant le tatouage par la poudre ou l’encre de Chine, ont par places un aspect presque brillant ; elles occupent Les membres inférieurs, les fesses, la partie antérieure du tronc jusqu’au niveau des seins. A l'examen histologique, ces taches ont la structure des cicatrices, elles renferment des grains noirs, paraissant être, d’après leur réaction histo-chimique, des grains de charbon occupant la tunique extrème des vaisseaux. La malade déclare que ces taches ne correspondent pas aux points où elle s'est fait des injections, et d’ailleurs, sur quelques-unes d'entre elles, on ne trouve aucune trace de traumatisme. Il est impossible d’assigner à ées taches une pathogénie précise.

Maladie d'Addison. — Le diagnostic, de beaucoup le plus embarrassant, est certainement celui de la mélanose arsenicale el de la mélanose addisonnienne. H est même si difficile, que l’on a nié l'existence de la mélanose arseninicale. En se ralliant à l'opinion de Devergie, on faisait des taches pigmentaires un mode d’évolulion du psoriasis vers la guérison; on faisait disparaître les pigmentations généralisées en transformant les malades en addisonniens. La question est délicate, nous avons répondu suffisamment, croyons-nous, à l’opinion de Devergie.

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Si lon compare les deux mélanoses, on ne trouve que des ressemblances, et nous en avons ajouté de nouvelles en ce qui concerne les muqueuses. « Même pigment, même localisation élective sur les régions physiologiquement brunes, dit Méneau ; dans les deux maladies, les paumes des mains et les plantes des pieds restent indemnes, mais le creux poplité est plus pigmenté dans la mélanose arseninicale ». Différence bien légère, dont nous devrons pourtant tenir compte à défaut d’autres.

Jusqu'à cette dernière année, on s’appuyait, pour établir le diagnostic, sur ce fait que la pigmentation des muqueuses n'avait jamais été signalée dans larsenicisme ; nous avons cité deux observations prouvant manifestement le contraire ; pourtant, et si l’on peut conclure à la généralité d’après deux seuls faits, il y aurait des différences dans cette atteinte

aux muqueuses.

« La pigmentation, dit M. Wurtz (1) en parlant de la maladie d’Addison, envahit souvent les muqueuses buccale, gingivale, labiale et linguale. La face interne des lèvres, en arrière des commissures, celle des joues montrent des placards irréguliers d’un brun noirâtre rappelani l'aspect que l’on observe sur le palais et la face interne des joues chez certaines races de chiens anglais. Le palais est quelquefois le siège de taches brunes, irrégulieres, disséminées cà et là de chaque côté du taphé. »

En somme pigmentation presque genérale de la muqueuse buccale. Au contraire dans l'observation de M. Ch. Audry les gencives supérieures seules élaient bien teintées en

(1) Manuel de Médecine. Debove et Achard, Art. Mal. d’Addison,

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