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I. — Compression

La compression s'applique soit entre la plaie et les capillaires, soit au niveau de la plaie, et en ce point elle est médiate ou immédiate, selon qu'elle est exercée à travers la peau ou directement dans le fond de la plaie ; on devrait l'appliquer entre la plaie et le cœur dans tes cas où le bout central donnerait du sang.

Elle convient dans les plaies des petites veines et suffit souvent seule ; elle a donné aussi de bons résultats dans les sections incomplètes des gros troncs. Ce moyen a permis à Larrey (l)d'ar-

(1) Clinique chir., t. III, p. 149.

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rêler une hémorrhagie venant d'une plaie de la jugulaire interne.

La compression médiate est employée quand il n'y a pas de perte de substance; on commence par réunir les lèvres de la section de la peau, puis on comprime à leur niveau.

Le degré de la compression varie avec la nature de la plaie ; si elle est petite, que le sang ait peu de tendance à s'écouler, il suffira de presser mollement de façon à soutenir les parois veineuses, à augmenter leur résistance à la tension du sang. Si, au contraire, le sang s'écoule avec une certaine abondance, la pression devra être plus forte.

Faut-il cependant la porter jusqu'à l'aplatissement complet de la veine? Les veines ne présentent qu'une faible résistance une compression peu énergique suffira donc pour accoler leurs parois. Mais quand la persistance de l'écoulement engagera à employer ce moyen, il sera prudent de ne pas le prolonger trop longtemps et de ne pas déployer une trop grande force. Verneuil a constaté plusieurs fois le développement de la phlébite à la suite de compressions exagérées faites au pli de l'aine, pour interrompre le sang dans l'artère fémorale, pendant une opération. Dans les plaies des veines, une compression forte amènerait d'autant plus facilement le même accident, que la plaie elle-même est déjà une cause d'irritation.

On ne cherchera pas à obtenir par ce moyen l'oblitération des veines, car les parois internes ne peuvent adhérer directement entre elles.

La compression immédiate s'exerce avec le doigt ou avec un tampon.

Avec le doigt , elle rend de grands services au chirurgien pendant une opération. Une veine donne du sang plus que de coutume, un aide applique alors son doigt sur l'orifice et une compression de quelques moments arrêtera l'issue du sang. S'il continuait à couler, on continuerait la même compression jusqu'à la fin de l'opération, et alors on passerait un fil autour de la veine. La compression légère avec le doigt était très-employée autrefois, et Dupuytren la recommandait beaucoup.

La compression immédiate a réussi quelquefois dans les plaies des grosses veines. Ollier cite les deux faits suivants : Chalmétée

a eu à soigner un cas de blessure de la jugulaire externe, qu'il a fait comprimer pendant trois jours avec les doigts des aides, moyen qui a réussi. Le même procédé fut suivi sur un prince d'Orange, pour la môme blessure, d'après le conseil de Léonard Bolal.

Quand la compression digitale a été insuffisante, ou quand elle n'a été employée qu'à titre provisoire, on mettra en usage le tamponnement. Il convient encore dans les cas où un grand nombre de petites veines saignent à la surface d'une plaie.

Le tamponnement se pratique avec de la charpie sèche, ou de l'amadou, que Ton maintient au moyen d'une bande modérément serrée. La charpie pourra être saupoudrée de substances astringentes, ce qui facilitera l'arrêt de rhérnorrhagie, ou bien on l'imbibera de liquides astringents ou coagulants (eau de Pagliari, alun, perchlorure de fer).

Parmi ces hémostatiques, le plus employé est le perchlorure de fer, que cependant beaucoup de chirurgiens rejettent comme dangereux. Ainsi nous trouvons, dans la thèse de Th. Anger (1), que « Langenbeck s'élève contre l'emploi des styptiques dans les hémorrhagies veineuses. Le perchlorure de fer lui paraît dangereux, à cause des thromboses étendues et des accidents consécutifs auxquels il donne naissance ».

Ces moyens suffiront, en général, pour faire obstacle à l'écoulement du sang ; ils réussiront plus facilement que dans les cas de petites hémorrhagies artérielles multiples.

Si l'écoulement persistait, ou si l'on se refusait à employer le perchlorure de fer, il faudrait en venir à la cautérisation.

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