I. — EFFETS IMMÉDIATS DE LA LIGATURE
Ces effets ont été d'abord différemment appréciés, mais ils sont aujourd'hui bien connus.
Bichat n'admettait la section de la tunique interne que par une constriction excessive. Travers a remarqué que la ligature laisse sur la paroi une empreinte bien nette, et que la tunique interne ne se rompt pas, mais forme des plis longitudinaux, serrés les uns contre les autres; il semble croire que la tunique externe est divisée. Pour Ollier, la tunique moyenne est rompue, les deux autres sont intactes.
Malgaigne (1) a fait des expériences qui l'ont conduit à soutenir qu'aucune des trois tuniques n'était rompue, et qu'il n'y avait qu'un simple amincissement des parois au niveau de la section, Nélaton a accepté les expériences de Malgaigne.
(1) Anal. chir.% t : I, p. 334.
J'ai répété ces expériences sur le cadavre et sur des animaux vivants. J'ai lié les veines fémorale, iliaque externe et jugulaire, et chaque fois j'ai obtenu absolument; des résultats semblables.
Les trois tuniques restent entières : l'interne présente un grand nombre de plis longitudinaux, pressés les uns contre les autres ; au niveau de la constriction existe un amincissement circulaire très-net. Par une dissection fine, aidée d'un examen à la loupe, on reconnaissait facilement que la tunique moyenne, la seule sur laquelle pourrait porter quelque contestation, existait au niveau de la ligature. Jamais, non plus, je n'ai rencontré de décollements des tuniques.
Ces phénomènes diffèrent essentiellement de ceux qui se produisent dans la ligature des artères, puisque dans ces dernières les deux tuniques internes sont coupées et relevées vers le calibre du vaisseau. Aussi voyons-nous la ligature des veines rester plus longtemps en place que celle des artères ; et quand le fil tombe prématurément, le malade est plus exposé à une hémorrhagie, parce que l'oblitération définitive est plus lente à se produire.