‹ Des PlaiesChapitre 21 sur 41 · CES · texte numérisé non relu

CES

vague qu'il n’a pas le temps d'analyser tellement la rupture est instantanée, puis il ne ressent rien; on ne peut pas mettre cette insensibilité sur le compte du choc, puisque la plupart du temps ce choc est entièrement absent.

Avant que soit terminé l’arrachement, les conducteurs de la perception de douleur sont d’ailleurs deux fois modifiés. Ces faits désormais scientifiquement établis permettent d'interpréter l'étrange analgésie qui contraste avec l’âge, le sexe des blessés autant qu'avec la gravité du traumatisme.

La première modification de conductibilité nerveuse est une élongation des troncs nerveux. On la constate sur la pièce anatomique, non dans une mesquine étendue, mais dans une réelle longueur, qui déforme la surface de section en l’atténuant et l’effilant, comme on l’a vu au chapitre d'anatomie pathologique. — Une altération exactement analogue, on peut même dire symétrique, a modifié le bout central du nerf rompu et c’est ainsi que la perception douloureuse n’est plus fidèlement reçue ni par le contact de l’air, ni par l’action du froid, ni par l’humectation des liquides antiseptiques et du nettoyage savonneux, ni par l’action chirurgicale et les soins du pansement, installation et compression. L’analgésie, maintes fois constatée dans ces conditions, est de nature à dérouter un chirurgien non prévenu.

Une seconde altération du conducteur a été aussi définitivement démontrée, c’est l'arrachement des racines apparentes des nerfs rachidiens. Là en effet

Page 1