PROS LA
Ce qui paraît être la cause la plus ordinaire « c'est un nœud coulant, une corde qui s’enroule autour d'un membre, l’entraîine et l’arrache, alors que le corps arrêté par un obstacle, ou retiré par un effort, ne peut plus suivre le mouvement (1). »
L'observation la plus ancienne où se retrouve ce mécanisme est celle de Samuel Wood, publiée dans les Philosophical Transactions en 1738 et reproduite depuis par un grand nombre d'auteurs.
OBSERVATION IX. — Samuel Wood, ayant la main environnée d’une corde qui fut prise par les dents d’une grande roue de moulin, fut élevé de terre jusqu’à ce que son corps, étant arrêté par une poutre qui ne lui laissait point d'intervalle pour passer, la roue emporta et lui sépara du corps un bras et l'omoplate. L'image qui résulte d'un pareil accident fait peur, et la première idée qui se présente naturellement à l'esprit est que le blessé ne peut pas survivre longtemps à son bras.
Samuel Wood échappa à ce second malheur ; cette opération avait été si prompte qu'il ne sut son bras emporté que lorsqu'il le vit tournant avec la roue. Il descendit par une échelle droite, sortit du moulin et fit un chemin d'environ dix verges (pas), pour aller au-devant des secours; alors il tomba par la faiblesse que causa l’hémorrhagie. Ceux qui arrivèrent les premiers couvrirent sa plaie de sucre en poudre; un chirurgien qui vint ensuite trouva le sang arrêté et se contenta de ramener la peau qui était fort lâche par-dessus la plaie, moyennant deux points d’aiguilles en croix. Le lendemain il fut mené à l'hôpital Saint-Thomas et confié aux soins de M. Fern, qui en était pour lors chirurgien en chef. On imagine bien les moyens qu'il mit en usage pour prévenir les accidents à craindre en pareil cas. Le premier appareil fut levé sans hémorrhagie; il n’y eut point d'accident et le blessé fut guéri en deux mois de temps. |
Quand le bras fut examiné, on trouva que les muscles qui s'insèrent à l'omoplate étaient cassés près de leur insertion et
(1) Nouveau Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques, XX VII. 1880.
que ceux qui partent de l'omoplate avaient été emportés avec elle. Du reste, la peau qui recouvre l’omoplate était restée en