‹ Des Plaies Par Armes A Feu Du Larynx Et De La Portion Cervicale De La TrachéeChapitre 11 sur 18 · COMPLICATIONS IMMÉDIATES · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS IMMÉDIATES

A.— Fractures du larynx (l).— Lcrsqu'il y a fracture du larynx avec ou sans plaie pénétrante, des accidents très graves ne tardent pas à se montrer du côté de la respiration et des fonctions vocales. Peu après l'accident le malade est pris d’une dyspnée intense, son visage se tuméfie, ses extrémités se refroidissent, son pouls se ralentit, le mouvement respiratoire s'accélère. Pris d’une toux spasmodique, il rejette par la bouche des mucosités sanguino- Jentes. La voix perd son timbre normal, elle devient rauque, enrouée. La région laryngée est le siège d’une vive

(1) Voir obs. IV, X. (Fracture du cricoïde).

= fe

sensibilité. En outre de la douleur spontanée il y a exacerbation notable des souffrances quand on presse au niveau du larynx. Ilexiste souvent én outre des signes physiques tels qu'ecchymose, g'onflenicnt, saillie, dépression, mobilité latérale des fragments. Tous ces phénomènes ne tardent pas à être masqués par le gonflement du cou que détermine un emphysème, un épanchement sanguin ou une infiltration inflammatoire sero-fibrineuse. Ces fractures sont d'un très mauvais pronostic. Elles entraînent en général une mort rapide.

2° Blessure d'un gros vaisseau (1).— Nous n'avons pas besoin de faire ressortir l'importance de cette complication immédiate. Elle ne détermine que trop souvent la mort du sujet qui a le malheur d'en être atteint; car tout le monde n’a pas le bonheur d’Arrighi, duc de Padoue, dont l’histoire est racontée par Larrey. Une balle lui avait coupé la carotide interne. Mais un soldat intelligent eut la présence d'esprit de placer le doigt contre le vaisseau atteint, et arrêta ainsi l'hémorrhagie.

3 Blessure d'un nerf. — Les nerfs très nombreux qui serpentent le long de la trachée (pneumo-gastrique, grand sympathique, récurrent), le trajet même du laryngé supérieur sur les parties latérales du larynx expliquent pourquoi cet accident est encore assez fréquent. Il entraîne des troubles de la motilité et de la sensibilité sur lesquels nous n’insisterons pas, parce qu'ils n’ont rien de spécial aux plaies du conduit aérien par armes à feu.

(4) Obs. IV, XV.

4 Fracture des os voisins. — Cette complication est très fréquente. (1).

Cela s'explique facilement ; la balle à son entrée dans le cou rencontre quelquefois, et fracture la clavicule, l'omoplate, si elle se dirige de bas en haut; le maxillaire inférieur, l'os hyoïde, quand elle se dirige de haut en bas. Quand la balle est dirigée dans le sens antéropostérieur, c'est la colonne vertébrale qui est atteinte. Nous n'avons pas besoin de montrer combien cette complication assombrit le pronostic et retarde la guérison ;

5° Plaies du tube digestif. — Les plaies de la partie supérieure du tube digestif (pharynx et œsophage) existent fréquemment, concomitamment avec ouvertures du canal aérien. Elles donnent alors à la blessure un aspect tout spécial, déterminent des accidents particuliers, tels que sortie des aliments par la trachée. Elles gênent beaucoup l'alimentation ; mais alors on a affaire à un genre mixte de lésions que nous ne faisons que signaler puisque nous nous occupons exclusivement des plaies des voies aériennes par coups de feu.

Page 1