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TERMINAISONS

Au point de vue anatomo-pathologique, les phlegma- c sies pulmonaires consécutives peuvent se terminer par n la résolution, par la suppuration, par la gangrène ou par le passage à fétat chronique. Dans un grand nom- i bre de cas, la lésion n’a pas franchi ses premières phases g au moment où on l’examine : on en comprend facile-

ment la raison lorsque l’on sait que ces affections surviennent souvent dans le cours de maladies très-graves et dans la dernière période de ces maladies ; de telle sorte que le développement de l’affection pulmonaire est interrompu par la mort. D’autre part, la pneumonie secondaire, dans quelques-unes de ses formes les plus communes, telles que l’engouement hypostatique , la splénisation, la congestion lobulaire, ne paraît tendre ni à la suppuration ni à la gangrène, dans les circonstances ordinaires.

La terminaison par suppuration est donc assez rare ; mais elle se voit quelquefois. 11 est même une maladie dans laquelle la pneumonie marche fatalement et rapidement vers cette terminaison : c’est l’infection purulente. La pneumonie des ivrognes, et surtout la pneumonie puerpérale, arrivent rapidement à la période de suppuration. L’hépatisation grise se produit très-souvent dans les points du poumon en contact avec un abcès extérieur à cet organe, au moment où les parois de l’abcès commencent à s’enflammer ou à s’ulcérer. On a vu, en dehors des cas où elle est consécutive à la phlébite, la pneumonie se termine par la formation d’abcès (Grisolle). Des abcès se sont même développés dans des cas d’hépatisation partielle (Barthez et Rilliet).

La terminaison par gangrène est rare. On l’a notée quelquefois, comme je l’ai dit, dans des cas de pneumonie consécutives une gangrène de parties du corps plus ou moins éloignées. D’après M. Cruveilhier ( Anal . path . XI liv. , pl. iv, p. 2), les pneumonies qui surviennent dans le cours d’une maladie grave peuvent se terminer par la gangrène.

La terminaison par résolution est relativement assez

rarement observée, à cause de la gravité des états morbides pendant lesquels se manifestent le plus souvent les pneumonies secondaires. La résolution n’offre rien de spécial lorsque la phlegmasie est lobaire et plus ou moins B

analogue à la pneumonie primitive ; mais on observe que {

la résolution est difficile et lente dans les autres formes. ]j

Stokes, ainsi que nous l’avons dit, a bien noté ce caractère t

parmi les traits distinctifs de la pneumonie secondaire, r

surtout quand elle est accompagnée de phénomènes typhoïdes, et il fait remarquer que les lésions propres à cette j

affection peuvent devenir le point de départ d’altération j

chronique des poumons. On a voulu expliquer la lenteur ■

de la résolution dans les cas de pneumonie lobulaire par j

la présence du mucus visqueux qui oblitère les bronches et j

s’oppose au rétablissement de la respiration dans les parties atélectasiées (Gairdner). Cet auteur a supposé que ( lorsque la maladie primitive s’achemine vers la guérison, ; et lorsque la vitalité de toutes les parties reprend son ( énergie, des contractions comme péristaltiques des bronches obstruées peuvent arriver à détacher ce mucus et (

en favoriser l’expulsion. C’est se mettre, il nous semble, | ,

en frais extraordinaires d’explication pour se rendre compte d’un résultat que l’on peut comprendre d’une façon plus simple, si l’on admet comme exacte l’opinion qui donne un rôle si important au mucus bronchique à ce moment de la maladie. On sait, en effet, que les parties des poumons où siège la pneumonie lobulaire reprennent par l’insufflation leurs caractères normaux, et que le mucus, dans ce cas, n’oppose à l’entrée de l’air qu’un obstacle insuffisant. Eh bien! ne peut-on pas supposer que les forces du malade s’accroissant de plus en plus, ses mouvements respiratoires récupéreront assez

de force pour vaincre cet obstacle? et d’ailleurs ne peuti on pas croire que dans cette période où les actes organiques reprennent peu à peu leur vigueur, le bouchon muqueux sera modifié et plus ou moins détruit sur place? Du reste, nous l’avons dit ailleurs, la pneumonie lobulaire n’est pas un simple ateleciasis ; et une explication mécanique ne peut pas suffire à faire saisir les phénomènes de sa résolution.

La phlegmasie secondaire peut enfin se terminer par le passage à l'état chronique , et alors, si la mort a lieu, on trouve à l’autopsie une des lésions que nous avons décrites dans le chapitre consacré à l’anatomie pathologique , et particulièrement la lésion désignée par Legendre sous le nom de carnisation.

La résolution de la pneumonie secondaire ne s’accuse point ordinairement par des phénomènes qui lui soient propres. La maladie primitive et l’affection secondaire se confondent plus ou moins dans l’expression générale du retour progressif à la santé. Toutefois, lorsque la pneumonie s’accompagne d’une dyspnée considérable et de toux , la disparition de ces phénomènes coïncide avec le commencement du travail résolutif. Mais la percussion et l’auscultation démontreront seules le plus souvent la marche rétrograde de la complication. On a signalé un fait assez remarquable et relatif aux résultats de l’auscultation dans la période de résolution : c’est que le râle crépitant de retour fait quelquefois complètement défaut dans les cas où l’on avait constaté du souffle bronchique. M. Grisolle a observé ce fait chez plusieurs sujets atteints de pneumonie catarrhale, et il nous paraît n’être pas rare chez les individus dont les poumons sont splénisés. M. Beau a noté que

dans la pneumonie latente des vieillards, le souffle n’est ni précédé ni suivi de râles. La nature de la lésion permet de s’expliquer la différence qui existe, sous ce rapport, entre la pneumonie primitive et les pneumonies secondaires.

Dans les cas rares où la plupart des troubles généraux sont sous l’influence de la pneumonie, la résolution se révélerait tout d’abord par la diminution de leur intensité.

Le passage à l'état chronique a surtout été observé chez les enfants. La marche de la maladie se ralentit ; il y a une fausse amélioration : l’appétit renaît, l’enfant mange, mais continue à maigrir et à s’affaiblir. Il y a toujours un peu de fièvre qui redouble le soir, puis peu à peu la voix devient rauque , caverneuse. L’état local ne varie pas, ou bien la matité devient encore plus grande, et, chez quelques enfants, on entend un souffle presque caverneux et un gargouillement qui sont en rapport avec la dilatation des bronches ; puis la mort arrive dans le dernier degré du marasme. Ces derniers caractères, indiqués par Legendre, donnent alors à cette période de la maladie la plus grande ressemblance avec la tuberculisation pulmonaire ; et, dans deux cas observés par Bennett et appartenant probablement à cet ordre de faits, nous voyons qu’on a employé l’huile de foie de morue et l’iodure de potassium (i).

Ce que nous avons dit de la lenteur de la résolution des pneumonies secondaires indique naturellement que la

(1) Behrend und Hildenbrand’s Joum. Kinderkrnnk 1858; et Annuaire de la HtUr. mêd. ètrang . pour 1859, Noirot; p. 544.

convalescence doit être longue, et elle l’est d’autant plus que l’économie a été plus débilitée et par la maladie primitive et par l’affection consécutive.

Avant de tracer le diagnostic des pneumonies secondaires, nous pouvons jeter un coup d’œil en arrière sur le chemin que nous avons parcouru, et chercher à reproduire en quelques traits les points de vue les plus saillants de l’ histoire symptomatologique des pneumonies secondaires.

1° Ces affections offrent , très-souvent associés , les signes de la bronchite et ceux de la pneumonie. Ce sont, dans la majorité des cas, des pneumonies bâtardes (peripneumonia notlia, spuria) , des broncho-pneumonies ;

2° Elles sont fréquemment doubles ;

3° Elles sont assez souvent latentes ;

4° Leurs signes physiques présentent, dans un bon nombre de cas, une remarquable mobilité;

5° Elles ont une grande tendance à prendre une forme adynamique typhoïde ;

6° Leur résolution est ordinairement lente.

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