‹ Des poèmes latins attribués à saint BernardChapitre 16 sur 21 · XXIV. — Ave, maris Stella · texte numérisé non relu

XXIV. — Ave, maris Stella

Charles de Visch, François Goster et même Gavanti, car il cite François Goster sans le contredire, attribuent à saint Bernard l'hymne : Ave, maris Stella. C'est une attribution que Mabillon ne se contente pas de déclarer inacceptable ; par exception, il motive son avis, disant que cette pièce se lit en deux manuscrits plus vieux que saint Bernard, l'un de Saint-Germain, l'autre de TOratoire. On ne peut rien objecter à cela, si Charles de Yisch et François Goster ont entendu parler de l'hymne célèbre dont voici la première strophe :

Ave, maris Stella, Dei mater aima, Atque semper virgo, Félix cœli porta ;

et que nous avons, sans nom d'auteur, dans les n^' 3639 (fol. 232) et 12040 (fol. 12) de la BIMiothèque nationale. Le style barbare de cette prose, qui n^esl pas même toujours rimée, atteste, en effet, qu'elle est très ancienne, et M. Daniel Ta judicieusement supposée antérieure au x» siècle (1). Elle se rencontre, en effet, dans plusieurs manuscrijts du siècle précédent, parmi lesTquels nous citerons le n"" 95 de Saint-GalU Mais il y a bien d'autres proses du même genre qui commencent par Ave^ maris Stella; M. Mone n'en a pas publié moins de quatre, très médiocres, d'après divers manuscrits de Munich, de Mayence, de Reichenau f2), et M. Dreves vient d'en imprimer deux autres (3), qui ne valent pas mieux. S'il s*agit de l'une de ces six proses, quelle que soit celle qu'ait voulu désigner Charles de Yisch, disons qu'elle n'est pas dans les manuscrits sous le nom de saint Bernard.

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