V. — Contentio animx et corporis
Il s'agit de la pièce qui, dans plusieurs manuscrits, commence par
Vir quidam extiterat dudum eremita ;
et, dans plusieurs autres, par
Noctis sub silentio, tempore brumali.
Cette pièce est anonyme dans les n®^ 11867 (fol. 107), 16490 (fol. 260) de la Bibliothèque nationale, 902 (fol. 174)de la bibliothèque Mazarine,3710 de Munich, 919 de Saint-Gall, etc., etc. M. Wright Ta publiée, sous le titre de Visio Philiberti, dans les œuvres de Walter Mapes, p. 95, et M. Du Méril, sous celui de Visio Fulberti, dans ses Poésies antérieures au XIP siècle p. 217. Cependant les moines du Mont- Gassin, la croyant inédite^ viennent de nous en offrir une édition nouvelle (2), qu'ils ont intitulée, d'après un de leurs manuscrits : Visio quam vidit beatus Bernardus in visione. La bonne foi des savants
(1) Collect. des doc. inédits. Mélanges histor., t. I, p. 8.
(2) Biblioth, Casinentis^ t. IV ; Fhrileg., p. 253.
moines a été trompée. Leur manuscrit est le seul qui donne la pièce à saint fiernard, et cet unique témoin, étant du xv* siècle, ne mérite pas la moindre confiance. L'opinion Commune attribue ce poème à Robert Grossetète, évèque de Lincoln. Mais, si Ton ne connaît avec sûreté ni Tauteur ni son temps^ l'œuvre est très connue ; pendant plusieurs siècles elle est restée populaire. On Ta même anciennement traduite en français pour Tédification des laïques, dont les mœurs n'y sont pas qualifiées avec indulgence. Cette traduction française, dont il existe de3 copies nombreuses, commence par :
Une grant vision en ce livre est escripie, Jadis fut révélée à dam Philbert l'ermite...
On la rencontre notamment dans les n*** 1181, 2198 et 24865 des manuscrits français de la Bibliothèque nationale.