OBSERVATION II
Sommamme. — Convulsions dans l'enfance. — Tempérament nerveux. — Frayeur vive pendant les règles. — Première attaque hystérique à 15 ans. — Altaque vibrante suivie d'une paralysie, avec contracture des membres du côté droit (20 ans).— Hémianesthésie droite. — Hypéresthésie ovarienne droite. — Tympanile. — Influence de la compression de l'ovaire sur les convulsions. — Caractère de la contracture. — Epilepsie spinale. — Description d'une attaque; élévation de la température et fréquence du pouls. — Disparition de la contracture au membre droit supérieur. — Etat de mal hystéro-épileptique : symptôme, marche, température ; ses différences avec l'état de mal épileptique. — Insuffisance des médications employées. — Etat actuel : Contracture au membre inférieur droit.
C... Joséphine, célibataire, âgée de 21 ans, est entrée à la Salpêtrière le 30 mai1871. (Service de M. Charcot). Nous avons recueilli sur ses antécédents les détails suivants :
A sa naissance, elle était très chétive ; elle fut élevée au- sein par sa mère. Elle aurait eu des convulsions durant sa première enfance et quelques accidents scrofuleux : Croutes du cuir chevelu, glandes cervicales et axillaires, écoulements d'oreille (10 ans), ophthalmie chronique. Engelures aux doigts et aux orteils. Rougeole à 9 ans. Susceptibilité nerveuse très accusée. Les règles sont apparues à 15 ans. La première époque menstruelle a été précédée de céphalalgie et de douleurs abdominales.
Les règles coulaient depuis deux jours lorsque C .. eût une frayeur vive occasionnée par son père qui, étant ivre, voulait la tuer.
C'est alors qu'est survenue la première attaque : cri, perte de connaissance, chute sur le sol, convulsions. Cette attaque se serait terminée par des pleurs et par une miction abondante. Le lendemain, nouvelle attaque.
La seconde époque menstruelle serait venue deux mois plus tard, et aurait été accompagnée de plusieurs attaques. Celles-ci
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depuis lors, se sont renouvelées à peu près quotidiennement. Quelquefois on en voyait deux ou trois dans la même journée.
Peu après, C... aurait eu ses premiers rapports sexuels. Son inconduite aurait été telle, que son père se décida à l'emmener à Paris et à la placer dans la maison de correction connue sous le nom de couvent Saint-Michel (avril 1870). Elle y était encore lorsqu’elle fut prise en mars 1871 d’une maladie pour laquelle elle fut envoyée à l’ambulance des Magasins Réunis. Quelque temps après à la suite d’une attaque très violente, il se produisit une contracture des membres du côté droit, plus marquée au membre inférieur, et accompagnée d’une anesthésie complète de toute la moitié correspondante du corps. L’ambulance ayant été évacuée, C... entra à la Salpètrière.
Avant de décrire son état actuel, il nous reste à donner quelques renseignements sur sa famille. Sa mère est morte à 58 ans d’une hydropisie; son père, âgé de 61 ans, est très nerveux et fait de fréquents excès de boisson. Sa sœur ainée aurait une conduite très irrégulière ; elle est très nerveuse, mais n’a pas d'attaques convulsives. Une de ses cousines serait morte phthisique, après avoir eu des attaques hystériques et une contracture des membres.
2 juin 1871. — Le membre pelvien droit est contracturé et dans une extension complète. Le pied présente la disposition connue sous le nom de pied bot varus équin. Les orteils sont dans la flexion forcée. Sur toute l'étendue du membre, on remarque des contractures fibrillaires. Les mouvements communiqués sont très douloureux. A la nain, le membre inférieur droit est manifestement plus chaud que la gauche. Le membre thoracique droit est contracturé : La flexion de l’avant bras sur le bras est impossible.
4°" septembre. — Bien que l’état du membre inférieur soit à peu près le même que précédemment, la malade peut marcher, en boitant sur la pointe du pied. On note de plus qu'il est agité de petites secousses qui persistent quand la malade est assise. Cette trémulation, que l'extension brusque du gros orteil n'arrête pas, estexagérée par l'extension du pied.
Le tremblement est assez marqué pour se communiquer au reste du corps. Au membre supérieur droit, on observe une rigidité du coude qui n’est pas constante. — Il existe dans le flanc droit, au