‹ Des Points HystéroGènes et en Particulier des Points HystéroGènes FrénateursChapitre 19 sur 21 · DE · texte numérisé non relu

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22 mai. — Mais le lendemain, M. Galliard recherchant les points ovariens hystériques, s’apercoit qu'il existe dans l'abdomen une tumeur énorme, médiane, remontant jusqu’à l'ombilic et qui n’est autre que la vessie distendue par l'urine. Dès que l’on presse sur cette Lumeur la malade a envie d'uriner. La malade nous explique alors qu’elle urinerait volontiers mais qu'il lui est impossible de marcher pour aller aux cabinets et que d'autre part elle ne peut s’accoutumer à se servir du bassin.

En effel, nous essayons de faire lever cette femme, et nous constatons qu'il lui est impossible de se tenir debout sans appui; elle se cramponne aux barreaux de son lit, sinon, elle se met à chanceler et tombe. M. Galliar:d, comparant ce cas à celui d'une malade identique qu'il vit autrefois avec Charcot, porte le diagnostic d’astasie, abasie.

25 mai. — Nous examinons cette malade méthodiquement en vue dé l’observation et nous relevons les phénomènes suivants :

Troubles de la motricité. — Au lit, on ne trouve aucune paralysie des membres inferieurs. Ils ont conservé toute leur agilité, toute leur force, ainsi qu'on peut s’en convaincre facilement en provoquant les différents mouvements afferents à chaque muscle et en luttant contre les efforts développés. Il en est de même aux membres supérieurs où les mains serrent avec une égale énergie celle qu'on leur tend.

Il n'existe pas non plus la moindre trace d’incoordination motrice. La malade atteint avec ses deux pieds, successivement, sûrement, lentement, et sans dépasser le but, la main qui plane au dessus d'eux. Les mouvements du membre supérieur sont également pondérés. Il n’exisite aucun tremblement aux jambes ni aux cuisses ; mais il n’en est pas de même aux membres supérieurs où il existe un tremblement assez comparable à celui des alcooliques, se manifestant aux doigts dans l'altitude du serment, s'exagérant légèrement, sous l'influence des mouvements volontaires.

Nous faisons lever la malade : Aujourd’hui elle peut se tenir debout; il n’y a plus astasie complète, comme au début. Mais dès que ses pieds touchent terre, elle est secouée des pieds à la tète par une sorte de tremblement vertical, un peu analogue à celui du delirium tremens, mais beaucoup moins souple, plus

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raide, comme d’une seule pièce; elle court après son équilibre par de petits pas précipités faits en sens latéral; elle piétine en se cramponnant à son lit. Dès qu’elle essaie de raarcher, l'instabilité s’accentue encore ; elle ressemble à un enfant qui essaye ses premiers pas. Il lui est impossible d’aller plus loin ; apres une marche pénible de deux ou trois mètres pendant laquelle sa physionomie reflète une réelle inquiétude de se sentir ainsi exposée à une chute, elle se dirige vers un point d'appui et, quand elle en approche, elle s’y laisse tomber plutôt qu’elle ne s’y retient.

La malade étant recouchée, nous la faisons asseoir sur son lit, et, se servant de ses genoux comme pupitre, nous lui faisons écrire à l'encre quelques lignes d’un roman qu'elle lisait. La malade écrit avec une ditficulté énorme : elle ne peut arriver à faire manœuvrer sa plume comme elle veut, on dirait qu’elle prend son élan avant de commencer. A chaque : ouveau mot, el même au milieu d’un mot, la même hésitation se retrouve. Pendant qu’elle écrit, elle n'est pas maitresse de tous ses mouvements, il lui échappe des traits trop grands ou inutiles, des traits mal dirigés, qui vont embarrasser le mot précédent, des lettres mal formées ou mal penché?s, etc.

Mais ce qu’il y à de plus particulier, c’est que quand elle écrit quelques mots, l'écriture se brouille, puis la main est prise de mouvements rapides menés de manière qu'ils formeraient des hachures obliques de 1 à 2 centimètres de hauteur, si la plume. restait sur le papier. Dès lors, la malade doit cessser d'écrire, elle ne peut plus continuer ; ce n’est qu'au bout d’un instant, d'un repos, après un appui pris sur le lit que l’écrilure redevient possible.

Les sensibilités thermique et tactile sont conservées partout. La sensibilité à la douleur est diminuée dans la moitié droite du corps, sauf aux phalangettes et surtout au membre supérieur. La sensibilité de la moitié supérieure gauche du corps présente aussi une diminution légère par rapport au membre inférieur du même côté.

La malade se plaint de fourmillements fréquents dans le membre supérieur droit.

Reflexes el troubles trophiques. — Le reflexe plantaire est légèrement diminué à droite, intact à gauche; le reflexe pharyngé est conservé ; il en est de même des reflexes lendineux des membres

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