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de les atténuer ou de les faire disparaître; l'électrisation statique est l’un de ceux-ci : placé sur le tabouret isolant pendant un temps variant entre 3 et 15 minutes, l'hystérique est débarrassée de ses zones hystérogènes pendant un temps variable.
La galvanisation des centres nerveux aboutit au même résultat. Les zones hystérogènes perdent aussi leur excitabilité pendant la phase de résolution qui succède aux inhalations de chloroforme ou d’éther. Les moyens locaux sont plus nombreux encore : anémie locale (compression circulaire autour d'un membre); réfrigération de la peau (pulvérisation d’éther, sac de glace); sinapismes loco dolenti ou circulairement autour du membre; injections hypodermiques d'eau pure au niveau des zones sous-cutanées; courants faradiques ou galvaniques au niveau des zones.
Siège. — On peut les rencontrer sur toute l'étendue du territoire cutané, mais il existe certains endroits de prédilection. A l'abdomen. Elles occupent de préférence la région ovarienne, l’épigastre, le pli de laine; sur le thorax, on les observe souvent sur les seins, sous la clavicule, le long des espaces intercostaux, sur le sternum, sur les apophyses épineuses, le long des gouttières vertébrales, à la tête; on les trouve surtout sur le ventre, dans les régions sus et sous orbitaires, sur le globe de l'œil. Pitres le premier a signalé les zones des membres. Dans cette dernière hypothèse, elles siègent surtout au niveau des plis articulaires.
Dans la majorité des cas, les zones hystérogènes sont unilatérales et occupent le côté anesthésié. Parfois pourtant, les zones sont doubles et symétriques, parfois elles siègent toutes du côté non anesthésié. |
Les zones hystérogènes sont souvent de dimensions très
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restreintes, de la largeur d’une pièce de 2 à 5 francs. La peau est souvent insensible à leur niveau, ce qui permet de les délimiter exactement et aussi de les différencier des zones hyperesthésiques simples. La peau ne présente rien de particulier à leur niveau, ni œdème, ni rougeur, ni pigmentation, etc. Buet a cependant rapporté deux observations dans lesquelles les cheveux étaient tombés au niveau des zones hystérogènes du cuir chevelu (cité par G. de la Tourette). Les limites des points hystérogènes n'en sont cependant pas moins bien nettement tranchées. Pitres cite l'exemple d’une malade chez qui une pression légère au niveau du tendon du biceps, au pli du coude, détermine sûrement l’attaque, tandis que les pressions les plus énergiques pratiquées à 1 millimètre seulement au delà des bords de ce tendon ne provoquent qu'une douleur banale et ne sont suivies d'aucun phénomène spasmodique.
Telles sont ces zones hystérogènes. Voyons maintenant leur rôle en dehors et pendant les attaques.
Rôle des zones hystérogènes dans l'attaque.
Les zones hystérogènes jouent un rôle presque constant dans les phénomènes de l'attaque hystérique. C'est à leur niveau que siègent presque tous les phénomènes douloureux au début de l'attaque hystérique. C’est de là que part l'aura. La sensation de boule à départ ovarien, épigastrique, est à peu près constante au début de tous ces paroxysmes. Et l'on sait aussi que certaines hystériques (vraisemblablement celles qui possèdent des zones à ce niveau), éprouvent dans les membres au début de leur attaque, des fourmillements, comme un souffle qui monte vers le tronc.
Rôle des zones hystérogènes en dehors de l'attaque.
Rôle spasmogène. — De la définition même des zones hystérogènes résulte que nous devons par leur pression provoquer un paroxysme. Rien n'est plus vrai.
Une pression même légère sur un de ces points peut déterminer un paroxysme. Quand la zone est sous cutanée, et, à plus forte raison, viscérale, une pression assez forte est nécessaire. Mais lorsqu'elle est cutanée, comme il arrive le plus souvent, il suffit parfois d’un simple frôlement pour déterminer l'attaque : le passage d’un peigne dans les cheveux, un chatouillement ont pu aboutir à ce résultat. M. Pitres rapporte le cas d'une femme qui devait prendre les plus grandes précautions pour mettre ou enlever ses bas, tant la peau des Jambes était douée d'une exquise sensibilité hystérogène. Ces cas sont pourtant exceptionnels. Et, en général, il faut une pression assez énergique. Nous avons vu dernièrement, en passant dans la rue de la Roquette, une femme qui reçut dans le ventre un coup de pied d’une violence modérée et qui tomba sur le champ en proie à une attaque de grande hystérie.
Mais ainsi que l’a démontré M. Gaube; si la pression est le mode d'excitation auquel répondent toutes les zones hystérogènes, certaines de celles-ci peuvent être mises en action sous d’autres influences : le froid, la chaleur rayonnante.
Rôle frénateur. — A la page 338 de ses leçons de la Salpêtrière, année 1877, et comme conclusion de son article sur l'hyperesthésie ovarienne, M. Charcot écrit : La compression énergique de l'ovaire douloureux n’a pas d'influence directe sur la plupart des symptômes permanents de l'hystérie,
tels que contracture, paralysie, hémianesthésie, etc. ; mais P. 2
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elle a une action souvent décisive sur l’attaque convulsive dont elle peut diminuer l'intensité et parfois même déterminer l'arrêt.
Charcot est, en effet, comme nous l'avons dit d'ailleurs, l’un des premiers qui ait mis en évidence ce phénomène.
M. Pitres (1) dit d'autre part : « La pression des zones hystérogènes peut provoquer ou arrêter les attaques hystériques. Quelquefois la pression légère d'une zone détermine les convulsions et la pression plus énergique de la même zone les arrête brusquement. Le plus souvent, l'attaque produite par la compression de l'une quelconque des zones hystérogènes ne peut être arrêtée que par la compression de certaines zones déterminées, de celles de la région ovarienne, par exemple. Chez quelques malades il faut presser à la fois deux zones hystérogènes symétriques pour provoquer les convulsions, la pression d'une seule zone restant constamment inefficace. On peut souvent empêcher l'effet excitateur de la pression hystérogène en comprimant au même moment la région ovarienne, l'action frénatrice de la pression ovarienne étant supérieure à l’action excitatrice de la pression des autres zones hystérogènes.
M. Gilles de la Tourette dit d'autre part : « Les zones hystérogènes sont spasmogènes ou frénatrices ; souvent, certaines d’entre elles, en particulier celles qui ne sont pas hyperesthésiques, sont spasmo-frénatrices, à savoir qu’une pression légère, par exemple, provoque l'attaque, alors qu’une pression profonde peut l'arrêter. Les cas où l'excitation superficielle d’une zone joue un rôle frénogène ne doivent pas être très fréquents, car nous n'en avons jamais observé. »
Et ailleurs : La zone ovarienne est soumise à toutes les lois
(1) Pirres. — Loco citato, p. 9.
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qui régissent les zones hystérogènes : elle peut apparaître et disparaître spontanément. C'est néanmoins une des plus fixes qui existent et aussi une des plus actives. Unilatérale dans la grande majorité des cas, siégeant surtout à gauche, elle est spasmogène ou frénatrice; le plus souvent, elle jouit de ces deux propriétés à la fois : une pression légère provoque l'attaque qu'arrête instantanément une pression plus forte. Nous disons que c'est l’une des plus actives, c'est aussi l’une des plus puissantes.
Qu'il existe, par exemple, une zone spasmogène dans la région dorsale, son action se trouvera annihilée, le plus souvent, si tout en cherchant à la mettre en œuvre par une excitation, on comprime de nouveau, en méme temps, la zone ovarienne frénatrice.
Ainsi qu'on le voit, ces auteurs font jouer un rôle frénateur considérable à la zone ovarienne. Or, il est regrettable que dans tous les cas où la compression ovarienne a été pratiquée par eux avec ou sans succès, la compression de la zone cardiaque n'ait pas été essayée afin de comparer si elle est efficace : 1° dans les cas où la zone ovarienne l'est elle-même ; 2° dans le cas où la zone ovarienne ne l’est pas.
Quant à M. Clozier, il dit au contraire (1895, Gaz. des h6pitaux, p. 883; : .. Poursuivant simplement notre étude sans plus nous occuper des zones génétiques, nous montrerons qu'il existe des zones de puissance contraire ou zones d'arrêt, que nous proposons d'appeler zones hystéroclasiques.
L'intervention de ces zones permet de juguler l'attaque : dans tous les modes de la névrose ; à tous les moments de la crise ; chez tous les sujets.
Nous ferons connaître trois zones que nous avons découvertes et dont le rôle essentiel, sinon exclusif, est de réprimer tout accès d'hystéro-névrose.