‹ Des polynévrites en général, et des paralysies et atrophies saturnines en particulier (volume 2)Chapitre 19 sur 39 · OT · texte numérisé non relu

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Membres inférieurs. — Les troubles du côté des membres inférieurs, remontent, comme nous l'avons dit, à huit mois. Au repos, au lit, les pieds se présentent en pied bot e'quin varus, le bord interne est élevé, la face dorsale regarde en dehors, les pieds sont en adduction légère. Il ne semble pas y avoir d'atrophie bien appréciable des groupes musculaires de la jambe ou de la cuisse. Pas d'adipose sous-cutanée.

Mensurations

Droit Gauche

Jambe à 10 c. au-dessous de la tubérosité antérieure du tibia. 33 c. 31 c.

Cuisse à 25 c. au-dessus du bord supérieur de la rotule 42 c, 42 c.

Cuisse à 15 c. ai:-dessus du bord supérieur de la rotule o5 c. 36 c.

Dans son lit, le malade exécute presque tous les mouvements, sans présenter aucune trace d'incoordination ; il étend et fléchit les orteils, étend et fléchit le pied, étend et fléchit la jambe sur la cuisse, et la cuisse sur le bassin. Les mouvements semblent de prime abord s'exécuter normalement, mais on s'aperçoit bientôt que certains groupes musculaires ne se contractent que faiblement, lorsqu'on cherche à s'assurer de la force avec laquelle se font les mouvements. Ainsi le malade fléchit vigoureusement ses orteils, mais n'étend la première phalange que difficilement et sans aucune force. L'extension du pied se fait très bien et on voit nettement pendant ce mouvement la contraction des muscles gastrognémiens. Mais la flexion dorsale du pied dans l'articulation tibio-tarsienne est loin de se faire aussi bien. Lorsqu'on dit au malade de fléchir le pied, voici ce qui se passe : Le pied se fléchit mais se porte en adduction, son bord interne se relève, sa face dorsale regarde en dehors, en même temps on voit le tendon du jambier antérieur faire fortement saillie sous la peau. Il existe ici en effet une prédominance incontestable de l'action du jambier antérieur sur celle des autres fléchisseurs du pied [Extenseur commun des orteils et extenseur propre du gros orteil).

La flexion directe du pied, qui est obtenue, comme Duchenne l'amontré par l'action simultanée du jambier antérieur (fléchisseur adducteur) et de l'extenseur commun des orteils (fléchisseur abducteur) ne peut être exécutée par le malade, ou ne l'est que fort difflcilement, nécessitant de grands efforts et beaucoup d'attention. La flexion du pied avec abduction est impossible par la même raison ; il en est- de même de l'abduction directe du pied (action du court péronier latéral), le malade relève mal le bord externe du

pied, il n'abaisse que faiblement le bord interne, il n'oppose, pour ainsi dire, aucune résistance à une pression exercée de bas en haut, au niveau de la face plantaire de la tète du premier métacarpien. Tous ces signes indiquent une impotence des muscles péroniers latéraux. Les muscles jumeaux et soléaires, les muscles de la plante du pied, les fléchisseurs des orteils fonctionnent normalement et avec force. Les muscles de la cuisse, fléchisseurs adducteurs, abducteurs se contractent avec force, le triceps crural droit seul résiste moins bien que les fléchisseurs ; on arrive, en eff'et facilement à plier la jambe étendue du malade.

Eu résumé, il existe ici une parésie bilatérale des muscles extenseurs communs des orteils et propre du gros orteil, long et court péroviers latéraux, parésie légère du triceps crural droit avec intégrité des muscles jambiers antérieurs, des muscles de la région postérieure de la jambe et des muscles de la cuisse.

Dans la station immobile, le malade élargit notablement sa base de sustension ; il se tient à peine sur la jambe droite, il est plus solide sur la gauche. Il ne peut se lever sur la pointe des pieds. Le malade ne peut marcher longtemps sans se fatiguer, il se soutient ordinairement avec une canne. Néanmoins il peut traverser la salle sans canne et sans aide ; il aff"ecte alors une démarche un peu spéciale. Les premiers pas ne semblent présenter aucune altération appréciable, puis le malade écarte peu à peu les talons, élargissant sa base de sustentation, sans talonner; toutefois, bientôt la marche devient inégale, le malade marche sur le bord externe du pied, la pointe traîne sur le sol, à chaque pas le malade imprime un mouvement de circumduction au pied, le bord interne se relève (action du jambier antérieur) et ne tou<?he point le sol : de là des faux pas, un renversement de laface dorsale du pied en dehors, et quelquefois des chutes. Si la marche se poursuit, le malade traîne de plus en plus la pointe des pieds, il fléchit alors plus qu'au début sa cuisse sur le bassin et « steppe » suivant l'expression de M. Charcot. Survient la fatigue, le membre inférieur surtout le droit plie dans l'articulation du genou, le malade cherche alors à s'appujer sur un objet et surveille attentivement sa marche. C'est à ce moment que le secours de la vue devient nécessaire pour assurer la régularité de la marche, mais l'augmentation dans l'incertitude de la marche ne s'observe par l'occlusion des yeux que lorsque le malade est déjà fatigué, et lorsque la démarche devient irrégulière. La vue n'a en effet aucune influence au début de la marche. Pas de signe de Romberg. Malgré l'incertitude de la marche il n'existe aucune trace d'incoordination motrice, aucun

talonnement, le malade tout au contraire, traîne la pointe des pieds par suite de la paralysie de l'extenseur commun des orteils.

C'est à cette paralysie des péroniers latéraux, extenseurs c )mmuns des orleih et propre du gros orteil, qu'est due la difficulté qu'éprouve le malade à monter et surtout à descendre un escalier; le jambier antérieur étant en effet seul à supporter le poids du corps pendant la descente, aussi soit pour monter un escalier, soit surtout pour le descendre, il pose successivement les deux pieds sur chaque marche.

Sensibilité'. — Depuis un mois le malade se plaint de douleurs dans les articulations des membres inférieurs, surtout dans l'articulation tibiotarsienne et dans celle du genou. Il éprouve en même temps des engourdissements et des fourmillements, surtout au ni veau de la face antéro-externe de la jambe, depuis les orteils jusqu'au-dessus du genou. La sensibilité n'est nullement modifiée au contact, ni à la piqûre, ni à la température, mais la sensibilité douloureuse est sensiblement aff'aiblie surtout à la région antéro-externe de la jambe. Pas de retard dans la perception, pas d'erreur de lieu . Conservation des réflexes cutanés. Le réflexe palellairs droit est moins prononcé que le gauche. Conservation parfaite de la notion de position des membres. Pas de palpitations musculaires ni de contractions fasciculaires. Rien de particulier du côté des ongles, des poils.

Exmnen électrique fait dans le laboratoire de M le professeur Vulpian. Courants faradiques. — Appareil à chariot de Dubois Raymond modifié par Gaiëffe, méthode polaire. Minimum d'excitation.

CONTRACTILITÊ MUSCULAIRE

Droit Gauche

Cent, d'écart, des Cent, d'écart, des

bobines bobines

Jambier antérieur 10 10

Extenseur commun des orteils.. 6 7

Esteoteur propre du gros orteil . 6 5

Long fessier latéral 5 4

Court fessier latéral ... 5 1|2 5

Soléaire et jumeaux 10 1(2 10

rr. • { Droit antérieur 8 10

Iriceps

. Vaste externe 8 10

crural / y^ste interne 9 \\2 10 1|2

Adducteurs 10 10

Biceps 10 10

Demi-tendineux 9 li2 9 1^2

Demi-membraneux 9 1(2 10

Grand fessier 10 10 li2

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