‹ Des polynévrites en général, et des paralysies et atrophies saturnines en particulier (volume 2)Chapitre 8 sur 39 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Étude symptomatologique.

La symplomatologie de la polynévrite est complexe et très variable suivant les cas, ainsi que la topographie des lésions le fait du reste pressentir. Elle dépend, en effet, non seulement de l'extension et de la gravité delà lésion nerveuse périphérique, m.ais encore de son siège, de sa localisation et de la fonction des nerfs (sensitifs. moteurs, mixtes ou trophiques), qu'elle affecte.

On peut jusqu'à un certain degré admettre deux formes cliniques, la forme seyisitive et la forme motrice. Dans l'une, la lésion prédomine dans les nerfs sensitifs, les troubles moteurs sont peu marqués, les troubles sensitifs et douloureux extrêmement prononcés, comme dans le pseudo-tabes par exemple, qu'il soit d'origine infectieuse, ou toxique. Dans l'autre, la lésion siège exclusivement ou d'une façon prépondérante sur les nerfs moteurs ; ici, les troubles sensitifs sont réduits à leur minimum, comme la forme généralisée de la névrite saturnine nous en offre un exemple. Si cette division est justifiable, jusqu'à un certain point, en clinique, il n'en est pas moins vrai, que dans l'immense majorité des cas, on se trouve en présence de cas mz'j?/'^^,. dans lesquels, les troubles moteurs et sensitifs sont d'intensité à peu près égale. La paralysie et l'atrophie des membres, s'accompagnentde troubles électriques et de douleurs vives, soit spontanées et paroxystiques, soit provoquées par la pression des troncs nerveux et des masses musculaires. Entre ces formes mixtes, sensitives et motrices, toutes les formes intermédiaires sont possibles. Il est intéressant de constater que ce sont deux intoxications : l'alcoolisme et le saturnisme qui occupent, pour ainsi dire, les extrêmes de la série. Mais si les troubles sensitifs sont prédominants chez les alcooliques, il ne s'en suit nullement que les troubles moteurs fassent défaut; on sait combien ces derniers sont fréquents chez ces malades. On observe en effet, chez eux, tous les degrés dans lintensité de la paralysie depuis «l'impotence fonctionnelle, à peu près absolue, confinant le malade au lit pendant de longs mois (et c'est là

le cas le plus ordinaire), jusqu'à la parésie légère permettant, quoique avec une certaine difficulté, la station debout et la marche Souvent, du reste, ces différents degrés ne sont que des étapes dans la marche des accidents qui, débutant, en général, d'une façon lente et progressive, n'arrivent à leur maximun, qu"au bout d'un temps plus ou moins long, pour diminuer ensuite et finir même par disparaître, d'une manière tout aussi lente. Ceci n'a rien de spécial du reste à la paralysie alcoolique, mais s'observe dans toutes les paralysies par névrites périphériques, que ces dernières relèvent d'une maladie infectieuse ou d'une intoxication » (Dejerine) (1),

De même, la paralysie saturnine n'est pas exclusivement motrice, et, s'il est indubitable que les formes localisées sont surtout motrices, nous croyons néanmoins pouvoir démontrer, dans la seconde partie de notre travail, qu'il existe presque constamment des troubles sensitifs dans les formes généralisées; mais, ces troubles sensitifs occuperont toujours un rôle accessoire dans la paralysie saturnine, qu'elle que soit du reste la forme clinique qu'elle puisse présenter.

Au point de vue symptomatique, la polynévrite peut donc être divisée en formes généralisées et en formes localisées, en formes mixtes, seyisitives ou motrices. Au point de vue de sa marche et de son évolution, elle peut encore être divisée en formes aiguës, subaiguës ou chroniques.

Généralisée, la polynévrite peut affecter une marche aiguë, évoluer avec le complexus symptomatique fébrile d'une maladie infectieuse aiguë. Ailleurs, les phénomènes fébriles peuvent manquer, les phénomènes infectieux du début faire plus ou moins défaut, la marche peut être plus ou moins lente, et le tableau clinique reproduire celui de la poliomyélite antérieure aiguë, ou celui de la paralysie générale spinale antérieure subaiguë de Duchenne .

Dans ces différentes variétés il existe, en général, des troubles sensitifs plus ou moins marqués.

Dans d'autres cas, au contraire, les symptômes sensitifs seront surtout ou exclusivement prédominants. On se trouvera avoir affaire à la forme sensitive de la polynévrite généralisée, désignée encore sous le nom de nervo-labes ou de pseudo-tabes périphérique .

(1) Dejerine. Contribution à l'étude de la névrite alcoolique (forme paralytique, forme ataxique, tachycardie par névrite du pneumogastrique^. Arch. (le Phys. norm. et patbo'., U81, p. 248-264. .

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