‹ Des polynévrites en général et des paralysies et atrophies saturnines en particulierChapitre 7 sur 14 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

HISTOHIQUE.

L’histoire de la paralysie saturnine peut être divisée en plusieurs périodes : une période purement clinique qui comprend les études de Tanquerel des Planches, de Duchenne de Boulogne, et une période beaucoup plus récente, dans laquelle on a cherché à élucider à l’aide de l’anatomie pathologique, la pathogénie de ces paralysies.

Bien que la paralysie saturnine, se trouve signalée dans les ouvrages des médecins de l’antiquité et du moyen âgé, Boerhave semble avoir été le premier à rapporter à l’intoxication saturnine, la paralysie que l’on observe chez les ouvriers maniant le plomb. Après lui, Slockhusen 1656, VanSwieten, Stoll, Bordeu et particulièrement de Haen en 1771, ont étudié les caractères de cette paralysie, lè siège qu’elle occupe le plus habituellement, les formes qu’elle revêt, les troubles consécutifs, amaigrissement et atrophie musculaire qu’elle entraîne à sa suite. Malgré la description si remarquable pour l’époque de de Haen, il faut toutefois arriver aux travaux mémorables de Tanquerel des Planches et de Duchenne de Boulogne, pour avoir une description clinique magistrale de la paralysie saturnine. Tout ce qui pouvait être dit sur la paralysie saturnine avant l’emploi des courants électriques, le fut par Tanquerel des Planches, et sa description a servi de bases à toutes lés études cliniques ultérieures. .

Duchenne appliqua, à l’étude de la paralysie saturnine, Télec-

en cite deux exemples. Mais c’est surtout Remak (1), le partisan le plus convaincu, après Erb, de la pathogénie spinale, de la paralysie saturnine, qui étudie, dans une série de travaux parus en Allemagne en 1875,1876 et 1879, les différentes formes de la paralysie saturnine localisée. Il décrit la forme supérieure on brachiale, caractérisée par une paralysie des muscles deltoïde, biceps, brachial antérieur et long supinateur; la paralysie

mais bien par celle des petits muscles de la main; de telle sorte que l’on peut observer chez ces ouvriers, pour ainsi dire à l'état de pureté, la forme que nous décrirons plus loin sous le nom de forme Aran-Ducbenne, forme qui affecte une grand analogie, avec le type Aran-Duchenne de l’atrophie musculaire pro-

On observe beaucoup plus rarement la paralysie saturnine dans l’intoxication accidentelle, soit alimentaire, soit médica-

rècherchér avec soin 1 tànt.plus importante, i

toxications accidentelles (fards, ett qu’après une durée de travail de 8

de l’intoxication saturnine chronique; non seulement on conscives! les plaques ardoisées de la joue ou des lèvres de Gubler, paralysie est ordinairement précédée, accompagnée, quelque-

gie, plus rarement l'encéphalopathie. On sait, d'après la statistique classique de Tanquerel des Planches, que la fréquence relative des quatre formes est la suivante :

Coliques. 1217

Arthralgie. 755

Paralysie.. 107

Encéphalopathie. 72

Par sa fréquence et le moment de son apparition, la paralysie occupe donc le troisième rang, et vient se placer après la

La paralysie est rarement unique, On Observe ên effet généra^ lèment chez un même malade, plusieurs attaques répétées de paralysie. Pour què la paralysie se reproduise, il n’èst pas nécessaire que le malade s’expose à nouveau après guérison, à l’influence de l'intoxication saturnine. Tanquerêl cite un ouvrier qui a eu diverses rechutes dé paralysies, plusieurs années après qu’il né travaillait plus en Contact avec lé plomb, Chez dés ouvriers depuis longtemps soustraits à. toute cause d’intoxication, il suffit souvent d’une incartade de régime, d’un tm alcoolique ou autre, d’Un surmenage quelconque, pour voir apparaître soit une attaque de colique, soit une attaque de paralysie. Comme pour l'étiologie tout entière de la paralysie saturnine, ; il s’agit ici encore d’une prédisposition individuelle.

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