‹ Des polynévrites en général et des paralysies et atrophies saturnines en particulierChapitre 8 sur 14 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La symptomatologie, que peuvent revêtir les différentes modalités cliniques de la paralysie saturnine, est aujourd’hui assez bien connue, au moins pour un certain nombre d’entre elles.

est très rare de voir l’affection, se développer au milieu d’un cortège fébrile plus ou moins bien accusé. Ce début signalé par M. Renaut, semble appartenir en propre à la forme généralisée de la paralysie saturnine. Quoi qu’il en soit, le mode dé début,

importe peu en général ; il n’a, en tout cas, aucune influence sür l’évolution ultérieure de l’affection, laquelle est éminemment chronique

Formes. — La paralysie peut être partielle ou généralisée. Partielle , elle peut 'être localisée à un muscle, à un groupe musculaire, à la distribution périphérique d’un nerf moteur: généralisée, elle survient tantôt d’emblée, envahissant presque en même temps ou dans une courte période, tous les muscles des

larynx! du diaphragme; tantôt lentement, s'effectuant peu à peu, d’un groupe musculaire à un autre, d’un membre à l’autre. Mais quels que soient la localisation, l’intensité, le mode de début, l'évolution ce la paralysie saturnine, elle revêt en général un certain nombre de caractères que l’on retrouve dans toute paralysie périphérique, qu’elle soit d’origine traumatique, toxique ou infectieuse. 11 s’agit en effet d’une paralysie, s’accompagnant rapidement de troubles de la contractilité électrique et d’atro-

Troübles électriques. — Les troubles électriques, surviennent en général peu de jours (7 à 8 jours) après le début de la paralysie. On observe dans les muscles paralysés une dimi-

exagération souvent légère, de la contractilité galvanique et réaction de dégénérescence. La forme de la contraction est en même temps altérée: au lieu d’être brusque et rapide, elle est

lente, vermiculaire, et ce caractère paraît constituer aujourd’hui,

le signe le plus important de la réaction de dégénérescence des

nerfs et des muscles.

Par l’électrisation des troncs nerveux,on n’obtient de contraction que dans les muscles qui ont conservé leur excitabilité.

En d’autres termes, si dans la forme vulgaire classique de la paralysie saturnine, Un certain nombre de muscles, tels par exemple que le long supinateur, l’anconé, le long abducteur du pouce, restent excitable par la faradisation localisée, on n’ob-' tiendra en excitant le nerf radial au pli du coude que la con-

myélopathique ou myopathique. Ce diagnostic ne peut être lait que sur la notion de la profession ilu malade, la marche et l’évolution de l’atrophie.

D’autres fois encore, l’atrophie peut évoluer chez un saturnin pour ainsi dire, à l’état de pureté sans se compliquer de paralysie et revêtir comme M. Vulpian (1) l’a observé, la marche et l’évolution d’une véritable atrophié musculaire progressive.

L’atrophie saturnine peut quelquefois, mais rarement, s’accompagner de contractions flirillaires. Ce fait a été constaté par

carpien. Il en est de même de l’abduction et de l’adduction des doigts, qui ne sont gênées,-que dans la mesure que le comporte la flexion des phalanges dans l’articulation métacarpophalangienne. Après la paralysie de l'extenseur commun et des extenseurs propres des doigts et du pouce, vient la paralysie des

Si on élève l’avant-bras du malade, on constate alors l’attitude caractéristique et bien connue, de la paralysie saturnine classique, vulgaire. La main en demi-pronation est pendante et forme avec l’avant-bras un angle droit; les doigts sont légère? ■ ment fléchis, le pouce légèrement porté en dedans vers la paume de la main. La main incline vers le bord cubitaL L’extension de la main devient impossible.

Cette chute du poignet, caractéristique de la paralysie des radiaux est en général précédée, pendant un temps plus ou moins long, d’une attitude spéciale de la main lorsque le malade serre

fléchisseurs

l’avant iras, une contraction des fléchisseurs des

ranta galvaniques on obtient pendant l’électrisation des muscles parésiés et paralysés, une contraction lente, vermi-

ferblantier

région.

Dans les formes partielles, tout se borne à une paralysie atro-

interosseux. Dans les formes complètes, la paralysie envahit l'éminence thénar et des interosseux.Ces atrophies produisent des déformations caractéristiques de la main, et identiques à celle décrite par Duchenne de Boulogne dans l’afrophie musculaire progressive.

I.a main est aplatie, les saillies musculaires sont effacées et remplacées par de véritables méplats, couverts au niveau du thé-

musculaire, les éminences thénar et hypothénar sont fortement atrophiées. Cette atrophie est surtout prononcée au niveau de la partie supéro-externe de l’éminence thénar, où il existe un véritable méplat par suite de l’atrophie du court abducteur du pouce et où la peau présente des rides longitudinales. Le premier métacarpien, à l’état de repos, se trouve rapproché du second et sur le même plan que celui-ci, ce qui donne à la main l’apparencé simienne caractéristique de l’atrophie musculaire progressive Aran- Duchenne. Le premier espace interosseux est fortement atrophié, il n’existe ici qu’une plicature cutanée et cest à peine que l’on sent

des doigts et propres du petit doigt et du pouce, long et çourl abducteurs du pouce, opposant du pouce et premier interosseux gauche.

Diminution considérable de la contractilité faradique des muscles long et court extenseurs du pouce , troisième et quatrième interosseux, éminence hypothénar droits des muscles radiaux cubital postérieur, extenseur propre de Vindex, éminence hypothénar, court fléchisseur du pouce et deuxième, troisième, quatrième

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filent modifiés. L’atrophie de la région postérieure de l’avant-bras est toujours la même, on sent, comme au premier jour, la gouttière formée par l’atrophie des radiaux et des extenseurs, la peau semble immédiatement appliquée sur l’espace interosseux. La mensuration de l’avant-bras et du bras donnent exactement les mêmes chiffres qu’eu octobre 1884. Si donc la paralysie s’est notablement améliorée, l’atrophie n’a présenté aucune modification appréciable.

Un an plus tard, vers la fin de mars 1836 le malade vient nous

trouver et se plaint de douleurs dans les jambes, de faiblesse dans

la marche et d’impossibilité de marcher sans canne. Il entre le

2 avril à l’hôpital delà Pitié, salle Rostan, lit n’ 15bis, service de M. le professeur Corail, suppléé parM. le D r Dejerine, où nous

Depuis sa sortie de l’Hôtel-Dieu, et quoiqu’il ait repris son travail de peintre en bâtiment, le malade n’a présenté aucune colique, aucun symptôme d’encéphalopathie saturnine, aucune aggravation de la paralysie des membres supérieurs. Il s’est abstenu de

hygiéniques.

Depuis un mois il se plaint de douleurs dans les articulations des membres inférieurs, en particulier dans celle du cou de pied et du

g Après une course un peu longue, les jambes fléchissent sous lui etilmarche sur le bord externe du pied, surtout à droite ; il éprouve de plus une grande difficulté pour monter et surtout pour

descendre les escaliers. La faiblesse de la marche devient telle que

le malade ne marche peu qu’avec l’aide d’une canne, dès qu’il

Istat actuel, avril 1885.’ P §

Membres supérieurs. Il existe une amélioration considérable de l'atrophie et surtout de là paralysie musculaire. La main présente nonobstant l’aspect simien et la griffe des interosseux si caractéristique du type Aran Duchenne de l’atrophie musculaire progres-

L’aspect extérieur des mains ne s’est en effet que peu modifié. Ainsi les éminences thénar sont toujours très atrophiées, un peu moins à gauche peut-être ; il en est de même des espaces interosseux atrophiés surtout vers leurs extrémités phalangiennes. L’éminence hypothénar ébauche une légère saillie : somme toute, la paume de la main est moins plane, moins simienne peut-être, quoique l’atrophie soit toujours très prononcée. La gouttière des

s’exécutent plus ou moins bien, aussi le malade avec son atrophie des éminences thénar et hypothénar, sa main simienne,sa griffedes interosseux, ressemble-t-il aujourd’hui plus que jamais à un atrophique musculaire progressif type Aran Duchenne. M’étaient

l’amélioration de la paralysie. Tous les musclés répondent aux courants faradiques, la plupart présentent un minimum d’excitation normale, seule la contratilité faradique est légèrement abaissée dans les extenseurs communs des doigts et les muscles de l’éminence thénar (voy. le tableau p. 95). La contractilité galvanique des muscles s’est également relevée; des muscles inexcitables aux courants galvaniques, ou excitables seulement avec les plus . forts courants répondent aujourd’hui à des courants de moyenne intensité,d’autres répondent aux courants de contraction normale, d’autres encore, chez lesquels la réaction de dégénération était très

manifeste, n’en présentent actuellement pas de trace. La réaction de dégénération, comme le montre le tableau suivant, ne se retrouve en effet que dans les muscles de la main, dans l’éminence thénar, hypothénar et dans les premiers et deuxième interossenx dorsaux reconnaît les derniers vestiges de l’altération si grande de

des extenseurs du pouce, du cubital postérieur. Les muscles de l’éminence hypothénaretles interosseux, présentent une coloration rosée et sont moins atrophiés qu’à droite. Les extenseurs communs

le plexus brachial des deux côtés ne présentent nulle part de plaque grise analogue. Les nerfs médian et cubital sont normaux dans leur trajet brachial et antibrachial ; dans la région palmaire, les branches musculaires présentent une teinte grisâtre.

Tout le plexus brachial droit avec les nerfs attenant jusqu’au

moniaque.

Examen microscopique. Cet examen a porté :

1° Sur les muscles atrophiés et dégénérés.

2> Sur les nerfs intramusculaires et cutanés.

3“ Sur toutes les branches terminales du plexus brachial depuis leur terminaison jusqu’aux ganglions spinaux.

4“ Sur les racines médullaires des cinq derniers nerfs cerneaux

5“ Sur la moelle.

Muscles. Examinés à l’état frais, après dissociation dans l'alcool au tiers, et après durcissement soit dans l’alcool, soit dans la liqueur de Müller. L’examen a porté sur les muscles de la. région antibrackiale postérieure (radiaux, extenseurs communs et propres des doigts, cubital postérieur, long abducteur du pouce) sur les interosseux le court adducteur, le court fléchisseur, laddmleur du pouce et l 'opposant, sur le long supinateur, le deltoïde, le biceps.

On peut suivre dans ces muscles toutes les formes anatomiques

commun et propre, radiaux, thénar, long supinateur, interosseux et hypothénar.

Les nerfs des radiaux et des extenseurs communs des doigts, c’est-à-dire des muscles extrêmement atrophiés et dégénérés, présentent les différentes périodes d’altération de la névrite parenchymateuse. Les tubes complètement sains sont rares et exceptionnels. Les tubes en voie de dégénération wallérienne, distendus de place en place par des amas de myéline fragmentée et des noyaux multipliés sont rares également. Tout le nerf est formé pour ainsi dire de gaines vides, sans trace de cylindre axe ou de myéline, et dis¬

pouce, long abducteur du pouce, hypothénar, les gaines vides sont encore assez nombreuses, les tubes sains de gros calibres sont rares.

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