DISTRIBUTION DES LÉSIONS DU PLEXUS BRACHIAL
ET DE SES BRANCHES TERMINALES Constatées à l’autopsie du malade de l’Observation IX, p. 108. (SCHÉMA DU PLEXUS BRACHIAL, DESSINÉ D’APRÈS FLOWER)
Les nerfs colorés en rouge représentent les nerfs dégénérés et atrophiés
Pituites, rêves professionnels, terrifiants, etc. Peintre en bâtiment depuis l’âge de 11 ans. Jamais de coliques ni de symptômes d’encéphalopathie saturnine.
Il y a deux ans, le malade fut atteint pour la première fois de ‘paralysie saturnine double , plus prononcée à droite; chute du poignet, paralysie des extense'urs des doigts. H entre à la Charité où il est soigné pendant deux mois par des bains sulfureux ; de là il est envoyé à Vincennes et six mois après le début de sa paralysie, la guérison est complète, le malade reprend son travail de peintre en bâtiment, qu’il exécute aussi facilement et avec autant
cherche à faire étendre les doigts, on ne modifie en rien la position fléchie de la première phalange (paralysie de l'extenseur commun), tandisque les deux dernières phalanges du deuxième ettroisième doigt s’étendent complètement, celles du qnatrième et du cinquième presque complètement (action des interosseux). La conservation des interosseux devient nettement apparente lorsqu’on maintient étendue la première phalange, rendant ainsi aux interosseux leur point d’appui physiologique ; dans "cette position, l’extension des deux dernières phalanges s’exécute facilement même
rès prononcée de
deuxième et troisième métacarpiens, saillie qui tient non pas à l’atrophie des espaces interosseux, laquelle n’est que peu intense pour le deuxième et troisième espace, ainsi que nous l’avons signalé plus haut, mais qui est due incontestablement à un véritable épaississement des têtes métacarpiennes, à une véritable arthopathie, en tout semblable à celle que l’on observe dans certaines lésions tro¬
phiques. Pas de tumeur dorsale. Pas d’altération de la peau, da système fibreux, etc. Exagération de la contraction idio-museulaire dans les muscles paralysés et parésiés.
Membre supérieur gauche. — Deltoïde, grand pectoral, biceps, triceps, long supinateur, fléchisseurs conservés.
Léger méplat à la région postérieure de l’avant-bras, les mouvements des radiaux ne s’exécutent que faiblement, quoique l’extension du poignet puisse être exécutée au-dessus d'une ligne horizontale.
Conservation des mouvements de flexion, de pronation, de supination, d’adduction du poignet.
L’extension de la première phalange est impossible. Les mouvements d’abduction du pouce ne se font qu’incomplètement. Les mouvements d’adduction du poignet s’exécutent facilement. Flexion
du pouce conservée. Atrophie de la partie inférieure de l’éminence
thénar (adducteur du pouce). Pas d’atrophie du court abducteur, ni
du court fléchisseur; les mouvements d’abduction avec opposition
sont possibles et faciles à exécuter, les ^mouvements d’adduction
simple sans opposition concomitante ne le sont que fort incomplètement. Atrophie du premier espace interosseux dorsal. Pas de méplat des autres espaces interosseux.
Mensurations
trouble appréciable dans ces différents modes (contact, piqûre, température).
Pas de troubles delà vue, ni des sens, pas d’hémianesthésie sen-
localisée aux membres intérieurs. Généralement, en effet, la paralysie des membres intérieurs complique, soit une paralysie saturnine généralisée, soit une paralysie à type antibrachial, ou encore une paralysie de tous les muscles des membres supérieurs.
Dans le premier cas, la paralysie est légère et passagère, surobserve comme dans la célèbre observation publiée par M. Lancereaux (1), une prédilection de la paralysie pour certains groupes musculaires, en particulier pour les muscles péroniers et extenseurs des orteils; le jambier antérieur étant
postérieur gauche et parésie du même muscle du côté droit. Intégrité des adducteurs. Le 6 juin attaque d'encéphalopathie saturnine. Mort le 11 juin.
Autopsie. — Œdème cérébral, hypertrophie cardiaque, pleurésie, péricardite, néphrite interstitielle, etc.
Larynx. — Hémorrhagies anciennes dans la muqueuse des aryténoïdes et des replis ary-épiglottiques. Œdème léger delà muqueuse des cordes vocales et des muscles thyro-aryténoïdiens. Le muscle crico-arylénoidien postérieur gauche est pâle et fortement atrophié, le droit est moins atrophié.
fert, a dû exister dans ce cas, longtemps avant mon premier examen de ce malade, car la paralysie était complète et l’atro¬
phie très prononcée. Ce fait explique les difficultés respiratoires de ce malade, dès qu’il faisait un effort, dès qu’il montait un
Cette observation est,à notre avis,beaucoup moins démonstrative que l'observation I ou III de Seifert, à cause de l’œdème dè la muqueuse des cartilages aryténoïdes; on pourrait invoquer ici la loi :de Stokès : la paralysie du muscle sous-jacent à une muqueuse enflammée Ou œdématiée. L'atrophie très prononcée du crico-aryténoïdien, semble bien indiquer qu’il s'agit d’une paralysie laryngée indépendante de l’œdème de la glotte, mais l’opinion contraire peut à la rigueur être défendue. îiest regreti table, que Seifert n’ait pas pratiqué l’examen microscopique des muscles du larynx et en particulier des nerfs récurrents. Cet examen aurait eu dans l'espèce une grande valeur-.
(Observation III résumée de Seifert.).
. Nicolas M... âgé de 30 ans, peintre sur laque, exerce sonmétier depuis 1867. En 1872, première aphonie durant trois semaines et disparaissant sans traitement. Depuis il a eu plusieurs fois de. (aphonie. En septembre 1883. Première attaque de coliques de plomb.
Etat actuel. — 15 novembre. Liseré gingival, teinte pâle. Hypertrophie du ventricule gauche. Pas d’albuminurie. Voix
Examen laryngoscopique. — Muqueuse laryngée normale en particulier au niveau des cordes vocales. Paralysie complète des
thyroïdien.
Les cas de Seifert sont particulièrement intéressants, car ces cas d’aphonie, se sont produits chez des saturnins ne présentant
contrairement à l’opinion dè Mackenzie, tous les muscles du larynx, soit isolément, soit par groupes, peuvent être paralysés sous l'influence d’agents toxiques » et que les paralysies des
paralysies laryngées toxiques.