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Kraft-Ebing. Soc. des méd. de Vienne, janvier

chial) la paralysie et l'alrophic peuvint rester quelf[iic temps uiiilalcrales ; les autres exceptions ont été signalées ci-dessus à propos de troubles paralytiques.

L'atrophie musculaire contribuera à maintenir ou à augmenter des déformalions telles que les griffes, la main ou le pied tombants, et réaliser la main du type Aran Durhenne, le pied équin varus creux, etc. (1).

Sauf complications, l'atrophie musculaire des polynévrites guérit d'une manière complète et définitive.

RÉACTIONS ELECTRIQUES

Les nerfs moteurs pouvant êtie atteints à tous les (degrés jusqu'à la destruction complète du cylindre axe on conçoit que Ton puisse observer dans le cours de la polynévrite, les modifications les plus diverses des réactions électriques (2).

Pour les comprendre supposons d'abord le cas expérimental de section complète d'un nerf: Immédiatement après, son irritabilité étant augmentée, l'excilabilité faradique et l'excitabilité galvanique le seront également (en d'autres termes pour faire contracter le muscle il faudra un courant moindre qu'à l'état normal).

1. P. Marie. Existe -t-il une atrophie musculaire Aran Duchenne ? R. N. 1897 ; Mme Déjerine-Klumpke. Thèse 2° partie; DÈ.mKmE,Sé miologie p. 8)1, 820, etc.

2. D'après Popoff elles se manifesteraient avant toute autre signe clinique et seraient le symptôme le plus précoce dos polynévrites, (Soc. neurol. de Moscou, 190O).

Comme on peul le voir par l'examen de celle courbe qui représente schémaliquement les variations des diver-

, Excitabilité au conranl galvmique . Excitabilité au courant famdique

Excitabilité normale

Âbdiiwr. de ïExliabiliU

Scliéma N» \. — Courbe de l'excitabililémiifculaire après une section nerveuse.

ses excitabilités électriques, l'iiyperexcitabilité faradique persiste très peu de temps et est remplacée bientôt par de la diminution. L'excitabilité galvanique par contre se trouve plus longtemps exagérée avant de descendre audessous de la normale. Si donc à un moment encore rapproché du début on interroge la contractilité électrique on obtient les variations « qualitatives » suivantes de l'excitabilité électrique ; diminution au courant faradique, augmentation au courant galvanique. C'est ce que Erb a appelé réaction de dégénérescence dite complète lorsqu'un peu plus tard l'excitabilité faradique est abolie tandis que l'excitabilité galvanique est encore augmentée. Lorsque toutes deux sont diminuées, se trouve réalisé un des types de réaction de dégénérescence dite partielle qui malgré ce terme peut indiquer un degré plus avancé de la lésion.

Dans le cas où le nerf aurait seulement été contusionné, c'est-à-dire partiellement détruit, la réparation est possible : alors on pourra avoir encore l'abolilion de l'excitabilité faradique, mais l'excitabilité galvanique ne dépassera pas un certain degré de diminution auquel succédera un relèvement progressif ; le rétablissement de l'excitatabilité faradique sera plus tarJif. Si nous représentons ces variations d'excitabilité par un graphique (1) nous avons le schéma N° 2. ;

Si à un moment donné, par exf'mple en a ou en b de la courbe on trouve une diminution d'excitabilité aux courants faradique et galvanique, il est évident qu'on ne peut dire si le nerf est en voie de dégéuération ou d'amélioralion ; il faut renouveler cet examen plusieurs jours après (en a' ou en 6') pour pouvoir en comparant ses données à celle , du premier déterminer dans quel sens varie l'excitabilité.

i. Vu l'inégale répartition des lésions dans les fllets d'un même nerf et les différences dans l'évolution du processus, les courbes peuvent présenter les aspects les plus divers, variant pour chaque cas observé. II ne faut donc attribuer à ces tracés que la valeur de schémas exphcatifs.

Avec les courants galvaniques, normalement c'est au pôle négatif (Kathode) et à la fermeture du courant que la secousse est la plus forte. Or dans le cas de dégénérescence on constate souvent la secousse la plus forte à la fermeture du pôle positif (Anode), c'est ce qu'on appelle l'inversion de la formule (1). Elle indique un degré plus grave de la dégénérescence que lorsque l'inversion n^a pas lieu. Dans les cas graves, la forme de la secousse est également modifiée : au lieu d'être brève et énergique, elle est plus lente.

Il résulte de tout ceci que les lésions du nerf dans la polynévrite étant très variables comme intensité et comme répartition, on pourra observer dans le cours de cette affection, les réactions électriques les plus diverses, suivant les nerfs considérés et suivant le moment de l'examen, suivant aussi que les divers filets d'un même nerf seront pris simultanément ou consécutivement. Toutes les variations que je viens de décrire pourront donc se rencontrer dans la polynévrite. Elles peuvent d'ailleurs aussi bien exister si le nerf au lieu d'être atteint primitivement ne l'était que secondairement à la lésion de sa cellule. Mais dans la polynévrite l'atteinte portée à l'excitabilité électrique n'est pas proportionnelle au degré de paralysie.

L'examen électrique renouvelé à divers moments de l'affection en même temps qu'il confirme le diagnostic de la lésion du nerf périphérique (2) permet de préciser le

1. La formule normale est KFS > AFS (Kathode ou Anode, fermeture, secousse) elle devient KFS < AFS.

2. Dans tous les cas d'atrophie musculaire où le nerf moteur est intact, on n'observe pas ces réactions qui caractérisent sa dégéné-

pronostic. Il peut en effet montrer le degré de sa dégénérescence et indiquer s'il est encore en voie de destruction ou déjà de réparation. L'abolition complète des contractilités électriques, indiquerait, on le conçoit, une lésion irréparable.

TROUBLES SElNSITlFS

A plusieurs reprises, j'ai indiqué comme un caractère important des troubles précédemment décrits, leur coexistence avec des phénomènes anormaux d'ordre sensitiL Au début de l'affection, en effet, en même temps que les phénomènes généraux qui peuvent se produire, précédant même parfois la faiblesse des extrémités qui annonce la paralysie, le malade ressent soit des fourmillements, des picotements, engourdissements, sensation de iroid, soit même de véritables douleurs parfois vives, paroxystiques, lancinantes. En même temps, la sensibilité cutanée se mo ifie, il y a de Fhypoesthésie (ordinairement) ou de l'hyperesthésie (1), dans bien des cas, le phénomène appelé Vanesthèsie douloureuse^ comme dans plusieurs de nos observations.

Observation IV Polynévrite alcoolique.

J'ai examiné en ville, il Y a quelques semaines, une femme

rescence, mais les contractions provoquées par l'électricité sontsimplemeat diminuées quantitativement au prorata de l'atrophie du muscle.

1. A elle se rattachent les douleurs paiHbis excessives que peut provoquer l'exploration électrique.

de 35 ans, débitante, grande buveuse, niant ses excès ; en même temps que des pituites, des cauchemars, etc., elle présente depuis quelques mais de la faiblesse progressive des membres inférieurs qui sont le sièg-e d'élancements douloureux, particulièrement dans les masses musculaires du mollet. La peau des jambes présente quelques varices (3 g"rossesses antérieures). Les masses musculaires sont un peu flasques, la marche est possible mais fatigante, le pied tombe très légèrement. Les réflexes sont nettement diminués, la pression des mollets est douloureuse, ainsi, dit la malade « que le poids des draps et le contact de son mari dans le lit commun ». Et cependant la piqûre d'une éping'le n'est pas perçue surtout à g'auche à la face externe des jambes, au talon et à la pointe des pieds (cutané péronier, saphène externe, rameaux calcanéen et plantaire du tibial postérieur, nerfs plantaires externe et interne).

Les troubles d6 sensibilité cutanés en relation avec les névrites périphériques ont une « topographie pérlphériqve », (Déjerine, p. 931 et suiv.), la pareslhésie ayant pour limites celles de territoires de distribution des diverses branches nerveuses périphériques ; dans la névrite lépreuse cependant, on aurait constaté exceptionnellement la topographie segmentaire de i'anesthésie, sans doute, dit M. Déjerine, (p. 974, fig. 278 et 279), parce que celle-ci dans ces cas « doit tenir vraisemblablement à l'altération de la peau par les lésions lépreuses, lésions qui ne suivraient pas exactement le trajet des troncs nerveux, mais envahiraient de proche en proche le tégument cutané des extrémités des membres à leur racine »... J'ajoute que sauf ce cas particulier, où la limite de I'anesthésie est nette, l'hypo ou l'hyperesthésie des névrites périphériques ne cesse pas brusquement,

— Bornais s'estompe pour ainsi dire à son pourtour, chose facile à concevoir, si l'on se rappelle que les territoires sensitifs des nerfs voisins ne sont pas simplement juxtaposés, mais ont toujours une zone intermédiaire commune. Ces troubles de sensibilité cutanés sont d'ailleurs en général d'autant plus marqués, que l'on examine une région plus éloignée de la racine du membre, et davantage aux membres inférieurs ordinairement : c'est la même loi que nous avons constatée plus haut pour les troubles moteurs.

En ce qui concerne les troncs nerveux affectés par la polynévrite, leur pression est douloureuse comme cela se conçoit, et ce signe est d'une telle constance qu'il acquiert dans certains cas une véritable valeur pathognomonique, surtout lorsque la première phase étant passée les troubles moteurs dominent le tableau symptomatique. Le « signe de Lasègue » indice de la névrite du sciatique, la mettant en évidence par l'élongation du nerf, est un phénomène du même ordre.

Les sensibilités profondes (Déjerine, 884 et suiv.) sont naturellement aussi atteintes assez fréquemment : je ne fais qu'énumérer ici la perte du sens musculaire et du sens des attitudes, l'anesthésie osseuse, les troubles du sens stéréognoslique (faculté de reconnaître les objets par la palpation, perception tactile de l'espace), la dissociation de la sensibilité (1) signalée dans un des cas de

1. Gr/sset {Diagnoslic des maladies delà moelle, 1899, p. 45), estime quequand la dissociation dite syringomyélique paraît répondre àuae lésion des nerfs périphériques, c'est que la névrite a retenti sur les centres médullaires, car pour lui cette dissociation est le syndrome des cornes postérieures de la moelle.

Schalatoff (névrite alcoolique, anesthésie tactile et analgésie, conservation de la sensibilité thermique, 1894) (Voir aussi obs.XIII) ; et même des douleurs fulgurantes (Déjerine, p. 913.) Stcherback et IvanoJGf (1895) chez un malade « présentant un tableau clinique très complexe, mélange de phénomènes de polynévrite et d'hystérie » ont constaté après des douleurs et des fourmillements, de la macroesthésie (perception d'un corps plus gros qu'il n'est) et de la polyesthésie (sensation de tenir plusieurs objets au lieu d'un) dans le domaine du médian avec diminution de la sensibilité tactile et du sens musculaire. Je reviens sur la coexistence que j'ai dit être constante des troubles moteurs et sensitifs. « Les troubles de la sensibilité, dit Mme Déjerine- Klumpke (1), sont dits nuls ou inconstants dans la paralysie saturnine. Lorsqu'on veut bien les chercher, on trouve, en général au niveau de la face dorsale de la main et du pouce, beaucoup plus rarement à la face postérieure de l'avant-bras, une zone d'anesthésie plus ou moins marquée, en général mal délimitée. Ces troubles sensitifs, pour peu prononcés qu'ils soient, sont en tous cas ici,aussi fréquents que les troubles sensitifs observés dans la paralysie radiale par compression... » S'il n'y avait que ces troubles cutanés, je ne serais pas très* convaincu, car on sait que l'anesthésie fonctionnelle dite hystérique peut exister en même temps que les conséquences organiques d'une intoxication ; et d'autre part la suggestion que fait inconsciemment l'interrogatoire du malade crée souvent des zones d'anesthésie chez des individus qui n'ont aucune affection né-

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