RÉFLEXES. — ATAXIE
Pe la suppression de la voie ascendante ou de la voie descendante des réflexes^ résulte la diminution puis fréquemment l'abolition de ceux-ci ; elles sont ordinairement plus précoces et plus constantes pour les réflexes tendineux que pour les réflexes cutanés (2).
Chez un alcoolique, si au lieu de l'hyperexcitabilité ordinaire on trouve « un amoindrissement ou l'abolition des réflexes, on devra penser à l'existence d'altérations
L Grube (1895) l'a constaté à la phase ultime du diabète et dans le pseudo-tabes diabétique. Marandon de Msi'^Ti'É.i^ {Les troubles et des déformations pupillaires chez les vésaniques. Presse Médicale, 18 septembre 1931) ay.int examiné la pupille de 77 vésaniques a note dans 1/4 des cas le signe d'Argyl-Robertson.
2. L'exagération est rarement observée ; elle est due soit à une irritation concomitante du système nerveux central, à une irritabilité préexistante ou à une hyperexcitabililé purement musculaire sous l'influence de Finfectioa (V. de Buck, DecrolY; discuss. Soc belge neurol., 1901).
névritiques et prévoir l'apparition dd troubles paralytiques » (Déjerine, p. 999).
Au début parfois il y a une phase d'exagération due à l'irritation des nerfs ou à une répircussion sur le centre médullaire qui les commande. Eskridje (1901) a constaté que le réflexe plantaire existe au début de la polynévrite, mais ne tarde pas à disparaître et dit que s'il est modifié après la diphtérie c'est un indice que la polynévrite est proche.
L'incoordination motrice peut être également un symptôme de polynévrite, dans les formes à prédominance sensitive, elle devient parfois si importante qu'avec 1,-S symptômes sensitifs concommitants elle simule la « maladie de Duchenne » au point qu'un grand nombre de cas considérés jadis comme ataxie locomotrice progressive ne sont en réalité que des pseudotabes (l) dus uniquement à des lésions névritiques. Les troubles des sensibilités profondes ne sont pas rares dans ces cas non plus que les troubles de la station et notamment le signe dit de Piomberg qui paraît en relation avec l'anesthésie plantaire et la perte du sens musculaire.
TROUBLES TROPHIQUES, VASO-MOTEURS ET SÉGRÉTOIRES
A côté de l'atrophie musculaire à laquelle j'ai consacré, vu son importance, un paragraphe spécial, on
1. Déjerine. Elude sur le nervotahes périphérique 1883; Archives de Physiol. norm, et pal/t, 1884*
peut rencontrer dans les polynévrites des troubles trophiques divers.
Les déformations dues aux paralysies et à l'atrophie musculaire peuvent être fixées par des rétractions fibrotendineuses dues à un trouble de la nutrition ou à une véritable inflammation . Atteignant les tissus périarticulaires elles mettent des jointures en attitude vicieuse (1).
La rétraction de l'aponév.ose palmaire ou plantaire augmente la griffe ou l'équinisme (2) ; la rétraction fibromusculaire des muscles postérieurs de la jambe maintient l'extension forcée du pied. Zahu (1901) a cité un cas où les deux genoux étaient fléchis à angle aigu sur la cuisse. Cette déformation commençait à se produire chez la malade de mon observation VIII ; une extension continue appliquée à propos y a mis bon ordre.
Ces rétractions peuvent persister quelquefois, après guérison de tout trouble moteur et restauration des muscles, au point de nécessiter une intervention chirurgicale (3).
Dois-je parler des gonflements articulaires douloureux (4) qui peuvent exister avec une telle netteté que le diagnostic restera hésitant entre la « polynévrite arthralgique » (Grocco, 1893) et le rhumatisme articulaire subaigu. M. Déjerine les considère comme un pseudorhumatisme « conséquence de l'infection générale » (5).