‹ Des polynévritesChapitre 16 sur 76 · DÉJERINE, p · texte numérisé non relu

DÉJERINE, p

C'est peut-être cette i:Uerprélalioii qu'il faut admettre au début chez îa malade de mon observation XXIII où la persistance des épanchements articulaires put être mise easuite snr le compte de la polynévrite.

Quant aux arthrites chroniques déformantes, leur existence n'est pas encore démontrée, mais n'est pas impo:?sible, car on ne voit pas pourquoi une lésion des conducteurs nerveux périphériques ne pourrait pa-î produire les mêmes effets qu'une lésion centrale» (Déjerine, p. 1103),

Les œdèmes que l'on rencontre dans les polynévrites sont ordinairement persistants, assez durs et localisés au territoire des troncs nerveux malades ; le plus fréquemment observé est l'œdème des nombres inférieurs dans les polynévrites alcooliques.

Déjerine et Mirallié (Reuiie de Méd., 1897) ont observé de l'anasarque chez un homme de 50 ans atteint de polynévrite systématisée motrice des 4 membre dénatures infectieuse indéterminée ; le rein et le cœur étaient sains ; une crise polyurique a accompagné la guérison de cet œdème que les auteurs attribuent à la névrite des vasomoteurs. On observe plus fréquemment des œdèmes limités à la face ou aux extrémités des membres (Obs. V, XVII).

Les phénomènes vasomoteurs sont le plus souvent la cijaaose de la. peau, l'érythème des parties déclives, les plaques purpuriques et les ecchymoses, des éruptions huileuses (1) le zona qui serait extrêmement rare, l'abaisse-

1. LÉPiNE (Revue de Méd. 1898), dans un cas de polynévrite alcoolique avec psychose observa une éruption pemphigoïde hémorragique sur* les membres inférieurs. « Ces troubles trophiques, dit-il, sont beaucoup plus rares dans les névrites de cause interne que dans les névrites de cause externe ».

— usinent de le tension artérielle, ie doigt mort, la gangrèi e symétrique des extrémités (Lancereaux 1881, Wetzel 1899), qui surviendrait particulièrement dans la polynévrite oxycarbonée et peut simuler la maladie de Raynaud (Bury 1899). Les sueurs ont été notées dans de nombreux cas : en voici un où fut observée de l'hyperhydrose limitée à un pied.

Observation V

(loédite, Service de M. le professeur Spillmann).

Polynévrite puerx:)èrale.

Mme D..., âgée de 28 ans, débitante, entre à TH. C, le 18 mai 1900. Sa mère était très nerveuse; elle-même a toujours été nerveuse, impressionnable.

Réglée à 14 ans, régulièrement ; mariée à 20 ans.

Premier accouchement à 25 ans après une grossesse normale.

La maladie actuelle débuta il y a 9 mois dans les circonstances que voici : une deuxième grossesse fut compliquée de vomissements incoercibles ; la malade qui dut garder le lit était fatiguée et amaigrie au moment de l'accouchement en août 1899. Quelques jours après elle ressentit dans les membres inférieurs des douleurs vives, des fourmillements, des crampes et des secousses.

A ce moment les mains présentèrent quelques fourmillements et se contracturèrent en grille : ce phénomène (hystérique?) cessa après quelques jours d'immobilisation des mains en extension.

Les troubles des msmbres inférieurs continuèrent et s'accompagnèrent bientôt de parésie du pieJ puis de paraplégie incomplète. Au bout de 2 mois survint un léger œdème. Les règles ont reparu.

Etat actuel. — Femme bien constituée, un peu amaigrie. lûLelligence normale, mémoire conservée, appareils viscéraux normaux'. Rien au tronc, ni aux membres supérieurs.

Membres inférieurs. — Atrophie musculaire diffuse, assez accentuée, œdème léger des pleJs, pied équin paralytique avec flexion des orteils facile à redresser avec la main, mouvements possibles au lit, impossibilité de la marche et de la station debout. Réflexes tendineux et cutanés abolis.

Sensibilités cutanées intactes ; fourmillements et secousses. Légère douleur à la pression des trajets nerveux. Abolition de l'excitabilité faradique dans le long- péronier latéral elles extenseurs des orteils à droite, les adducteurs des cuisses des deux côtés; diminution à divers degrés dans les autres muscles des membres inférieurs. L'excitabilité galvanique est un peu diminuée.

25 mai. — Sous l'influence du massage les mouvements des pieds sont plus faciles, mais la malade accuse les mêmes sensations douloureuses.

13 juin. — L'état g-énéral s'améliore ; les muscles augmentent un peu de volume ; la malade bien soutenue fait quelques pas ; les pieds restent tombants et les orteils en flexion. On remarque une liyperliydrose en forme de soulier ; mêmes sensations douloureuses spontanées,

21 juin. — Les douleurs ont cessé.

28 juin. — La malade peut faire quelques pas seule en stoppant ; l'hyperhydrose a diminué. Elle disparaît vers le 5 juillet. Depuis ce moment les prog-rès s'accentuent, les muscles se réparent et le malade peut quitter l'hôpital le 22 août et reprendre ses occupations. Elle a été revue en janvier 1901, absolument g-uérie et marchant bien quoique traînant encore très légèrement la pointe du pied.

Allard et Meige 1898 ont observé chez un garçon de 20 ans neuroarihritique, atteint de polynévrite post-bien-

norrhagique des quatre membres prédominant aux membres inférieurs du dermographisme et une chute spontanée de plusieurs dents, progressive, symétrique et indolore attribuable à la névrite des rameux dentaires du nerf maxillaire supérieur.

Le mal perforant plantaire a été observé par Boinet (1900) dans le cours de la polynévrite alcoolique, surtout à forme sensitive; de tels faits paraissent rares et,d'après Déjerine, son existence dans la polynévrite n'est pas démontrée.

On ose à peine ranger parmi les troubles trophiques des polynévrites, les eschares qui sont rares et qui à l'inverse de ce qui a lieu dans la plupart des affections nerveuses centrales ou dans certaines maladies infectieuses aiguës, sont en général superficielles et tendent A^olontiers à la réparation. Elles paraissent avoir la même valeur que celles qui peuvent se produire (en dehors des maladies ci-dessus désignées) chez tout individu longtemps alité, en contact avec des linges rugueux, ou baignant dans son urine : c'est, en effet, quand cette dernière circonstance se réalise dans le cours de la polynévrite, qu'apparaissent des eschares; elles cèdent vite ordinairement à des soins de propreté.

Dans mon observation XXIII, la macération et les frottements locaux sont certainement la cause des eschares observées : celles-ci commençaient à s'améliorer, en partie au moins, quand survint une aggravation locale du fait de l'infection générale qui emporta la malade et qui avait peut-être précisément les brèches cutanées pour porte d'entrée.

La règle reste cependant que les eschares ne sont

dans la poljncvrllc qu'un accident passager, rare, de cause extérieure et guérissant volontiers par des soins locaux.

Les troubles des fonctio;is génitales ne font pas parlie du tableau clinique des polynévrites : s'ils existent, ils relèvent de l'état général ou d'une complication (1).

Les troubles de la sécrétion urinai re ne sont pas un symptôme de polynévrite (2). Cependant l'urobilinurie accompagnerait la psychose polynévritigue (Martin Brascb, 1891).

Les troubles dyspeptiques et les douleurs gastriques peuvent relever directement de la cause de la polynévrite (alcool). Les crises gastriques vraies, comme les crises vésicales, rénales, laryngées, sont exceptionnelles et leur relation avec les néyriles n'est pas rigoureusement établie.

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