‹ Des polynévritesChapitre 25 sur 76 · Cas de Groggo 1885, Minkowski 1888, Mme Déjerine · texte numérisé non relu

Cas de Groggo 1885, Minkowski 1888, Mme Déjerine

2. EiGiiHORST. Récidive bei polyneuritis. Gorrbl. f. Schweizer Aerzte Sept. 1890.

3. Mary Sherwood Thèse Zurich, 1891 ; Wirchows Arch. Bd. 123 p. 160.

avec près de deux années d'intervalle,2 atteintes de polynévrite dues évidemment à sa profession agissant soit par l'humidité soit par une légère infection d'origine tellurique.

Observation XVII

(Inédite. Clinique de M. le professeur Spillmann).

Récidive deux ans après la première atteinte d'une polynévrite due à l'humidité et à une infection tellurique.

Ch... êgoutier à Nancy, est âg-é de 40 ans. Ne signale rien d'anormal du côté de ses antécédents héréditaires. A 2 enfants vivants bien portants; deux sont morts l'un à 5 ans d'une méningite avec un écoulement d'oreilles, l'autre « d'une fièvre ».

A eu dans sa jeunesse une maladie éruptive ; à 12 ans, une fièvre, ayant duré plusieurs mois, a été suivie d'une incontinence nocturne d'urines qui dura jusqu'à l'âge de 19 ans.

A 22 ans, névralgie frontale extrêmement vive, se renouvelant plusieurs fois par an, pendant six ans.

Gh.., ne paraît pas faire d'excès alcooliques ; était habituellement bien (lortant, quand, i\ y a2 an?, au mois de mai 1893, après avoir travaillé longtemps dans un égout il a ressenti de la faiblesse dans les membres accompagnée d'une sorte de « frisson » ayant commencé par les membres inférieurs. En même temps se montre une sensation de tiraillement et de douleur très vive à la moindre pression comme au moindre mouvement. Pendant les 3 premiers jours, diarrhée fétide qui cessa au moment d'une V^ entrée à l'hôpital. Il en sortit au bout de 22 jours, très amélioré, mais conserve pendant plusieurs semaines une légère enflure des malléoles, un peu de gêne dans les mouvements, et de temps en temps

quelques sensations de picotements. Il peut reprendre son ancien métier d'égoutier, qui l'oblige à avoir presque continuellement les pieds dans l'eau.

La maladie actuelle a débuté il y a 15 jours par du malaise et des fourmillements se produisant d'une façon intermittente dans les membres infêîHeurs. Ils se sont ensuite montrés aux membres supérieurs, sur les côtés de la poitrine et dans la région frontale, puis se sont accentués jusqu'à devenir de véritables picotements.

En même temps surviennent des douleurs à la pression, de l'hypéreslliésie dans tous les membres, et une impression de grande faiblesse. Ces symptômes, très vifs il y a quelques jours, paraissent s'être un peu amendés.

Etat actuel {^ mai 1895). Malade bien constitué, ne semble pas amaigri. La peau est couverte de sueurs.

Motilité : tous les mouvements sont conservés, mais la force musculaire est diminuée. Peut se tenir debout les yeux fermés, mais vacille un peu ; aucune ataxie des mouvements. Réflexes tendineux abolis. Contractions fibrillaires spontanées dans la cuisse droite ; n'existent ni provoquées, ni spontanées dans les autres membres. Crampes fréquentes dans les mollets. Excitabilités électriques diminuées.

Sensibilité des téguments intacte. Douleurs spontanées lancinantes apparaissant de temps en temps surtout la nuit. Douleurs provoquées par la pression profonde aux mollets, aux cuisses et aux avant-bras.

Pupilles égales, réagissent normalement à l'accommodation, mais moins bien à la lumière. Léger nystagmus transversal. Sommeil parfois entrecoupé de cauchemars. Intelligence nette. Pas de troubles viscéraux.

12 mai. — Enveloppement ouaté et antipyrine. L'état du malade s'améliore considérablement depuis son entrée. Les douleurs spontanées des membres sont diminuées au point qu'il peut marcher ; les douleurs à la pression sont moins nettes.

Le 16 m,ai les douleurs ayant presque complètement dis-

paru, la malade dcrhaidc sa sdtLîc ; il y a enc;irc un peu de parésie.

En somme il a présenté une atteinte lé2;-èrc de polynévrite scnsitivo-motriccg'énéralisée semblable, quoique moins grave, à celle qu'il avait eue auparavant.

D'autres fois, c'est une autre cause qui provoque la nouvelle polynévrite.

Eglise et Mouraieff (1900) ont observé une fillette de 4 ans qui, 18 mois après avoir eu une paralysie diphtérique, fut atteinte de scarlatine, laquelle fut suivie de polynévrite à forme alaxique (compliquée de symptômes hystériques). C'est donc une nouvelle conlagion différente de la 1'^ qui causa la récidive.

Monro (1894) vit chez une domestique de 31 ans, une névrite multiple des bras, consécutive à la rougeole, et 2 ans après, une polynévrite des 4 membres suivre une afieinle d'influenza.

Il est enfin des cas où la cause de la récidive reste douteuse: la polynévrite spontanée a été invoquée pour expliquer les 3 récidives du cas de Targowla (1894); et dans celui de Pwssolimo (1899) un malade atteint de polynévrite interstitielle hyperlrophique présenta 3 exacerbatio.is que l'auteur considère comme Iqa résultais d'une polynévrite parenchymateuse subaiguë dans le cours de la névrite interstitielle hypertrophique. Thomas (1898) observa 5 atteintes espacées d'un an (sauf une fois ou l'intervalle fut de 2 ans) sans pouvoir en déceler la cause. Sch/ier (1899) a vu chez une femme de 28 ans, d'abord une névrite optique isolée, puis 6 attaques de polynévrite successives : l'étiologie resta obscure et on dut

incrimiaer peut-être le surmenage. II est également difficile de préciser la cause des polynévrites généralisées à prédominance motrice survenues à 2 ans 1/2 d'intervalle chez le jardinier de l'obs.I de Mme Déjerine Klumpke (Thèse p. 33).

Comme on le voit, les récidives de polynévrites peuvent être quelquefois moins graves que la première atteinte, mais cela est rare. On conçoit à priori, et les faits le montrent, qu'elles sont en général aussi graves et parfois même plus étendues. Leur évolution est soumise aux mêmes règles que celle d'une aileinle unique, mais il est impossible de dire si une polynévrite récidivera, quoiqu'on puisse le craindre si le malade, dont les nerfs sont rendus encore plus vulnérables par la première atteinte, est de nouveau exposé à un des agents qui sur un terrain prédisposé créent une polynévrite.

A côté des récidives, il faut faire une place aux rechutes qui sont, ou bien l'exagération des oscillations que l'on observe dans la marche envahissante des troubles névritiques, ou bien une poussée nouvelle sur les nerfs périphériques en voie de guérison, comparable à ce que sont par exemple les rechutes delà fièvre typhoïde. Comme les récidiveslesrechules présententlouslesaspects cliniques. Dans le cas que voici, la rechute fut plus grave que la première atteinte mais la guérison survint cependant.

Observation XVIII

(Résumé de l'obs. II de MM. Spillmann etElienne). Congrès de Bordeaux et Rev. de Méd. , 1895.

Polynévrite mercurielle sensitivo-motrice à rechute.

Un voyageur de commerce, âgé de 25 ans, présente un chancre induré en janvier 1894 et suit un traitement mercuriel ridiculement intense. A la fin de février sueurs profuses, douleurs dans les jambes, au creux épig-astrique, p.iis dans les membres supérieurs, suivies bientôt de paralysie des extrémités ; aggravation jusqu'au début de mai. Alors il est très amaigri, présente des douleurs lancinantes, de l'abolition des réflexes, le nerf opLique droit est un peu intéressé, les masses musculaires sont très atrophiées, le malade fait quelques pas avec appui en talonnant; troubles delà station ; troubles urinaires passagers ; stomatite mercurielle intense.

Disparition des douleurs puis amélioration progressive des troubles paralytiques au milieu de mai. A la fin du mois il marche assez bien et peut se tenir debout les yeux fermés.

Le 2S mai les douleurs reparaissent dans les genoux ; le 5 juin il ne peut se lever, les bras sont faibles et sont le siège de douleurs intenses et continuelles; aggravation les jours suivants; le malade est complètement immobilisé au milieu de juin, ne pouvant ni élever les membres, ni tourner la tête, ni rester assis. Le 26 juin, légère rémission ; mais les jours suivants difficulté de parler, d'avaler, de siffler.

A partir du 6 juilleL les troubles sensitifs, la paralys'e, l'atrophie musculaire s'améliorent, mais le caractère change et le malade s'imaginant qu'on conspire contre lui quitte l'hôpital. Revu à la fin de l'année 1894, il marchait avec encore un peu de gène; réac'ion pupillaire accommodative

lente, diminution des réflexes rotuliens ; syphilides granuleuses et adcnopatbie cervicale. En juillet 1895 il avait repris sa profession.

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