Etudiées par Richon. Thèse Nancy
intoxications légères, etc., dans la diminution- de résistance des nerfs. Car si l'enfant a les nerfs moins vulnérables, il fait par contre très volontiers les lésions cellulaires de la paralysie infantile. Je suis donc tenté de croire que, pour un même individu, toutes choses égales d'ailleurs, la vulnérabilité des nerfs périphériques va en augmentant avec l'âge, en raison précisément de l'action des conditions physiques étudiées ci-dessus et de certaines intoxications dont la fréquence croît avec les années.
On sait d'autre part, et ceci appuie l'hypothèse, que les lésions névritiques sont relativement fréquentes chez les vieillards, quoique à symptomatologie frusie, sans doute à cause de l'évolution plus lente et du manque de réactions habituel à cet âge.
"Les affections organiques du système nerveux existant antérieurement sont aussi une cause de polynévrites. Un tabès dorsalis para<=;yphilitique, une aliénation mentale par auto-intoxication gastro-intestinale peuvent, même s'ils ne paraissent pas la conséquence déjà d'une préi'isposition héréditaire, entraîner la vulnérabilité des nerfs périphériques, ce qui expHque la fréquence des névrites multiples dans ces affections. La lésion d'une portion du système nerveux perturbe le fonctionnement de l'ensemble, et ces affections peuvent apporter aussi la cause occasionnelle sous forme d'une auto-intoxication, à défaut d'une influence extérieure ou de la persistance d'action de la cause qui les a produites elles-mêmes.
Cependant les acquisitions morbides de l'individu, si importantes soient-elles, ou ses prédispositions accidentelles, sont loin d'avoir une aussi grande influence
que la prédisposition hcrctlilaire dans la réalisation du terrain sur lequel une cause infectieuse ou toxique produira la polynévrite.
ni. — CAS SANS PRÉDISPOSITION APPARENTE
Il est des cas cependant (Obs. VIII, IX, XXXI) où la polynévrite d'origine infectieuse paraît survenir en dehors de toute prédisposition acquise ou héréditaire. On sait que la plupart des poisons ont une affinité spéciale pour certains tissus : parmi ceux qui agissent spécialement sur le système nerveux on peut citer entre autres la morphine, la strychnine, le curare, celui-ci ayant sa localisation exclusive sur les terminaisons nerveuses motrices. Ce qui est vrai pour ces poisons l'est aussi pour certaines toxines microbiennes, comme la toxine tétanique, et souvent celles des bacilles d'Eberth et de Loeffler ; on a cité des cas de P. G. ou de tabcs dus tous à une syphilis de même provenance, etc. Ce qu'on sait des poisons électifs peut donc être généralisé àun grand nombre d'agents infectieux. Certains germes auraient, sans qu'on sache d'ailleurs pourquoi, la propriété d'agir avec prédilection, sinon exclusivement, sur certaines portions du système nerveux : ce ne serait là qu'un des multiples aspects du « génie épidémique ». Cette affinité des agents infectieux (ou plutôt de leurs toxines) pour les nerfs périphériques, est manifeste dans diverses épidémies de polynévrite, dans le béribéri ; pourquoi ne pas l'admettre aussi dans certains cas isolés, où la relation avec d'autres nous échappe, mais où rien, en dehors de l'action élective du
poison ne peut être invoqué pour expliquer la production de la polynévrite ?
Rien ne s'oppose à ce qu'on admette dans ces cas, par exclusion et sous certaines réserves, cette influence de la qualité du germe.