RiG[iox, Parai, dipht., Thèse, Nancy 1899, p
— 152 -^ (elle peut d'ailleurs y rester localisée) « chez les sujets qui en raison de la nature de leurs occupations professionnelles sont exposés à tremper fréquemment leurs doigts dans le liquide toxique » (Raymond, II® Série, p. 87).
Raymond (II" S., p. 310) rappelle également que chez les enfants la paralysie saturnine frappe les membres inférieurs aussi bien que les supérieurs non seulement sans doute par suite de l'absence du froissement professionnel de ceux-ci, mais encore parce que le contact des mains et des avant-bras avec le plomb, est pour quelque chose dans la localisation des névrites chez certains adultes. On réalise expérimentalement cette condition en injectant un poison minéral, une toxine microbienne, du sérum d'urémiqne, etc., au voisinage du nerf sciatique d'un cobaye pour obtenir la lésion de ce nerf.
Un poison exogène ou endogène peut donc agir directement sur un nerf périphérique soit à la faveur d'une prédisposition de celui-ci (voir Etiologie), soit en vertu d'af/inités spéciales du poison. Comme le disait déjà Leyden, « la substance toxique se combine avec la substance des nerfs périphériques ». Il en résulte naturellement des modifications chimiques dans le protoplasma et par suite des modifications dynamiques et morphologiques.
Les expériences que je citais plus haut de Dopfer et Lafforgue les ont amenés à conclure que les toxines bactériennes transportées par les vaisseaux pénétraient dans le tube nerveux par dialyse au point le plus vulnérable, V étranglement annulaire. Leur action s'exerce d'abord sur la gaine de myéline et seulement plus tard sur le cylindre axe.
Il pourrait y avoir des cas où la lésion du nerf serait
consécutive à une lésion des vaisseaux dont le poison aurait d'abord altéré la paroi : c'est le mécanisme auquel on a songé surtout pour la syphilis dont on sait la prédilection pour le système vasculaire.
Mais n'est-ce pas en réalité le nerf qui commence d'habitude et le vaisseau n'est-il pas malade parce que sa nutrition souffre du fait de l'atteinte des iierua vasoram, ce qui n'empêche pas les troubles de circulation de se répercuter ensuite à leur tour sur les tubes nerveux. On conçoit également que le poison puisse agir simultanément sur les vaisseaux et sur les nerfs.
Indépendamment de quelques points obscurs que je discuterai plus loin, il paraît cependant bien établi que les névrites multiples peuvent résulter de /'action directe sur les tubes nerveux d'un poison répandu dans l'organisme, et, par suite, que les lésions des nerfs peuvent, au moins au début, exister seules sans lésions cellulaires.