Raymond. Cliniques, 2" térie, p
troubles paralytiques : Cette coexistence peut avoir son importance diagnostique.
La suppression des fonctions du nerf moteur a naturellement pour conséquence « l'abolition des mouvements volitionnels et des mouvements réflexes et par suite l'abolition de la tonicité musculaire qui est un mode d'activité de nature réflexe (1) » et comme d'autre part « l'exécution d'un mouvement demande généralement pour être parfaite, outre la contraction d'un groupe musculaire, qui joue dans cette action le rôle principal, le concours de plusieurs autres muscles ou groupes musculaires » il en découle que « l'abolition de la tonicité dans un groupe de muscles et la prédominance d'action des muscles antagonistes qui en résulte sont les causes des attitudes anormales que peuvent prendre les parties du corps qui sont la siège du mal » (id). Il y a en effet, soit que la paralysie ait envahi tous les muscles d'un membre, soit qu'elle reste limitée à quelques-uns, des attitudes vicieuses dont les plus connues sont (pour ne citer que les principales) le pied ballant dont la conséquence est le steppage quand le malade peut marcher (2), la main qui fait les cornes^ (dans le type ^ntibrachial de la paralysie saturnine) les mains tombantes, \es griffes "^oXviiQ.xves
1. Babinski. Article Névrites du Traité de médecine, Charcot Brissaud Bouchard 1894. T. VI, p. 712.
2. Pour ne pas heurter la pointe du pied contre le sol, le malade à chaque pas soulève exagérément le genou (flexion plus grande de la cuisse sur le bassin.) Malgré la classique distinction, « le paralytique steppe.rataxique talonne », on peut voir quelquefois la marche talonnière dans la polynévrite quand l'incoordination l'emporte sur la paralysie.
ou plantaires, etc ; on en trouvera la "description dans plusieurs de mes observations. La Clinique médicale iconographique de MM. Haushalter, Etienne, L. Spillmann et Thiry en contient de beaux exemples (pi. 8 et 9). J'ajoute qu'aux attitudes vicieuses dues à la paralysie se joignent des dél'ormations dues à l'atrophie musculaire dont je parlerai plus loin.
La paralysie peut, suivant les nerfs atteints, immobiliser les membres inférieurs, les supérieurs, ou même le tronc (et pouvant dans ce cas ne laisser au malade que la respiration diaphragmatique). Les muscles paralysés, s'ils sont peu nombreux, sont nettement ceux en relation avec la distribution anatomique du ou des nerfs lésés : la paralysie revêt donc nm topographie péri phérique [i).
Les nerfs viscéraux peuvent parliciper au processus (heureusement moins souvent que ceux des membres) : je n'ai pas besoin d'insister ici sur les graves conséquences de l'atteinte du pneumogastrique, du phrénique ou des nerfs laryngiens (2). Nous verrons que l'asphyxie, la paralysie cardiaque, les complications inflammatoires du poumon, sont parmi les principales causes de mort dans les polynévrites.
« Règle générale, les névrites ne s'accompagnent pas de troubles des sphincters: c'est même là un des meilleurs signes qui permettent de distinguer les polynévrites d'avec certaines affections de la mœlle, en particulier le tabès périphérique d'avec les tabès vrai. Pourtant il existe