DÉJERINE, p
soit pour distinguer les deux affections soit pour reconnaître leur combinaison.
Si la syphilis est la principale étiologie du labes on trouve plutôt une infeclion, une intoxication, une dyscrasie à l'origine du nervo-tabes. N'oublions pas que dans la polynévrite « sensitive » les troubles moteurs ne font jamais défaut au début ; tandis que dans le labes l'incoordination l'emporte sur l'état paralytique, les paralysies vraies sont rares et l'atrophie musculaire (qui est d'origine névritique) (Déjerine 1888) est une complication tardive. On sait aussi le début relativement rapide de toute polynévrite eu égard à la longue durée delà phasepréataxique du tabès dorsalis. Si la première revêt parfois une forme chronique, elle n'a pas comme la seconde une évolution lentement progressive et fatale malgré les accalmies possibles.
En somme, l'étude analytique d'un cas donné montrera l'intensité de certains symptômes, leur groupement en faisceaux, c'est-à-dire un aspect clinique qui sera celui de la maladie de Duchenne ou celui du pseudo-tabes névritique. Quoique la combinaison des deux affections puisse compliquer la difficulté, l'ensemble des symptômes et l'évolution de la maladie constitueront le signe de certitude qui permettra un diagnostic dont je n'ai pas besoin de rappeler l'importance pronostique et thérapeutique.
La pohjmyosite aiguë qui résulte d'une « inflammation simultan-ée de beaucoup de muscles et de quelques nerfs, inflammation symétrique dans sa distribution » (Gowers 1899) est très rare et reconnaît le froid pour cause prin-
cipale. D'évolution clinique (1) analogue à celle de la polynévrite aiguë généralisée à laquelle elle peut être associée (neuromyosite de Senator 1893) elle présente comme caractères spéciaux (a tuméfaction, par œdème inflammatoire, des muscles qui sont le siège des douleurs, la fréquence des troubles vasomoteurs périphériques, l'absence habituelle de douleur à la pression des troncs nerveux et de l'anesthésie cutanée ; l'amyotrophie est rare et tardive.
La trichinose se distingue de la polynévrite par des signes analogues, et par la constatation microscopique du parasite.
La béribéri dens sa forme sèche (paralytique) évolue à peu près comme une polynévrite mixte précédée de symptômes infeclieux, mais dans le béribéri hydropique les œdèmes périphériques ou viscéraux dominent ou masquent les autres phénomènes nerveux. C'est sur l'existence de cet œdème mobile, des vomissements, des troubles respiratoires, la fréquence des troubles du système nerveux sympathique (2) ainsi que sur la moindre intensité des phénomènes paralytiques que Ton base sa distinction d'avec les polynévrites.
Uhystérie, la grande simulatrice, peut donner des troubles paralytiques (3), sensitifs et psychiques, simulant la polynévrite ; elle peut aussi ajouter des symptômes à ceux de la maladie organique. L'étude attentive du malade