TRAITEMENT SYMPTOMATIQUE
Les symptômes çjénéraux qui accompagnent l'installation de certaines polynévrites (fièvre, frissons, céphalée diarrhée, etc) seront traités comme il convient.
Les douleurs, si vives parfois, sont atténuées par le repos, l'envelùppement ouaté, l'usage du matelas à eau^ Parmi les analgésiantSy la morphine peut être employée temporairement, sauf contrindication surtout du côté du cœur. L'antipyrine, le salicylate de soude, le salophène le phénol en applications ou en injections sous-cutanées (Eulenbourg), le bleu de méthylène, pourront la suppléer. J'y ajoute, avec M. le Professeur Bernheim,la suggestion qui rendra souvent de grands services, non évidemment en remplaçant les agents thérapeutiques, mais en réduisant à leur juste valeur les symptômes que l'état nerveux du malade peut exagérer.
Les douleurs d'origine névriiique, comme je l'ai dit, sont augmentées par l'hystérie, elles peuvent même avoir disparu et les douleurs « psychiques » persister seules : à cet élément convient une médication de même ordre. On en voit la preuve dans les résultats obtenus dans mes observations XIX, XX, XXI, où la suggestion faisant la part de l'hystérie et de la polynévrite réduisit les symptômes à leur degré vrai, rassura les malades, et facilila le retour des fonctions. J'ajoute que les succès trop remar-
1. Bernheim. La Suggestion en Ihérap. 18S6. Hypn. Siigg. Psych
qiiablos de certains niéJicjniL'iils, éloniiaiit à la fois malade et médecin, relèvent souvent de la seule sucjgeslion.
S il y a de l'insomnie, Raymond conseille entre autres médicaments le Irional : il csl certain qu'on en obtient d'excellents résultats. Eviter naturellement les hypnotiques agissant sur le cœur. Les troubles vésico-rectaux, inconliiience et rétention, très rares et passagers, seront surtout justiciables de soins locaux.
Le mieux est d'ailleurs en général de donner le moins possible de médicaments, pour éviter d'augmenter la quantité de poisons existant dans les tissus. Celte considération ajoute à la valeur de la suggestion comme analgésiant ainsi que comme somnifère, ou même comme stimulant de l'état général. C'est la même raison qui a fait employer V hydrothérapie fro'de ou alternative contre les douleurs (Popischil 1896) ; Etrasser et Krauss (1900) qui, en décrivent le mode d'emploi et recommandent de l'utiliser plus hardiment, insistent cependant sur la prudence nécessitée par les irrégularités dans la « réaction » du fait de la tran-imission défectueuse des sensations par les nerfs malades. A ce moment, nous ne donnons que des bains chauds, surtout comme désinfectant la peau et exerçant une réelle action dépurative et anli-toxique.
Il est important d'agir vite et bien contre les symptômes, alarmants à juste titre, d'envahissement des nerfs cardiaques ou respiratoires. L'éther, la caféine, l'huile camphrée, l'oxygène, la strychnine, les excitants cutanés, la révulsio s font la base de la médication. On peut y ajouter la « faradisation du nerf vague » (Raymond 11° série p. 367). La strychnine est utile dans la paralysie
des divers nerfs craiiio-bulbaires, et l'on préfère généralement avec M. le prof. Raymond l'emploi de la sonde œsophagienne aux lavements alimentaires quand il y a une paralysie de la déglutition.
S'il y a lieu, maintenir les membres en bonne position; le calage des pieds par de petits sacs de sable fin paraît suffire quelquefois, par la légère résistance opposée, à prévenir les déformations; aubesoin utiliser l'extension continue qui nous a donné un excellent résultat (obs. YIIl).
Les moyens thérapeutiques décrits jusqu'ici suffisent à la phase aiguë des polynévrites, leur but est d'arrêter l'extension de la maladie en atteignant la cause, et de combattre les symptômes généraux, les manifestations douloureuses, les conséquences de l'envahissement de certains nerfs.
■ Vouloir favoriser alors la restauration des tissus, serait un non-sens (un processus jalhologique ne fait pas machine arrière brusquement) et aussi un danger : il serait imprudent d'employer à la phase d'inflammation le massage, la mobilisation, l'excitation des muscles par le courant faradique (1). Il n'en est plus de même quand la maladie arrive à sa période d'état, comme aussi dans certaines formes subaiguës ou chroniques : c'est alors que doit intervenir le traitement curatif.