RÉSECTION PARTIELLE DU MAXILLAIRE SUPÉRIEUR
M. Michaux est le premier qui ait pratiqué la résection d’une partie du maxillaire pour enlever un polype naso-pharyngien (4 novembre 1843, mém. cité). Avant lui ces sortes d’opérations avaient déjà été exécutées un certain nombre de fois, mais jamais dans ce but. Ce chirurgien (voyez pl. IV, fig. 5) fit une incision partant de la racine du nez, et venant tomber verticalement sur la lèvre qui Fut divisée. Les os du nez furent eidevés, et L apophyse montante coupée à sa base. Le polype n’ayant pu être enlevé par celte voie, f ’ ^'c^aux s était encore proposé de faire une nouvelle opération ,voyez pl. IV, fig. 6). Les parties molles étant incisées comme précédemment, à l’aide de la gouge et du maillet, il eût ouvert bernent le sinus maxillaire en sectionnant la base de l’apophyse
montante. Avec les mêmes instruments, il eût séparé le maxillaire de I os malaire, et enfin coupé la paroi antérieure du sinus au-dessus de l’arcade dentaire. Le malade s’y refusa.
Aucj. Bérarcl (Dict. en 30 vol., t. XXVIII, p. 307; 1844) a donné un procédé pour conserver l’arcade dentaire; il scie horizontalement
I os maxillaire au-dessus de la voûte palatine avec la scie à molettes.
Les autres sections comme à l’ordinaire. (Vovez pi. IV, fig. 7.)
.!/. Huguier (13 mars 1850, voyez pi. IV, fig. 8 et 9) fit une incision verticale, commençant vers l’angle interne de l’œil, longeant le côté du nez, contournant l’aile du nez et tombant ensuite sur la lèvre ; supérieure qui fut divisée. La base de l’apophyse montante fut coupée avec une petite scie à crête de coq. La partie antérieure du sinus i maxillaire fut mise à nu avec la gouge et le maillet.
M. Chctssaignac, en 1854 ( Monit . des hôpit ., 21 mars; voyez pi. IV, fig. 10 et 11), donna un nouveau procédé pour enlever un énorme polype envoyant des ramifications dans toutes les cavités de la face.
II se proposa en somme de faire à peu près la même opération que M. Michaux. Il fit une incision transversale d’une orbite à l’autre; de cette première incision sur le côté droit, il en fit partir une seconde verticale et un peu oblique, qui arrivée au niveau de l’orifice des narines, changeant brusquement de direction, devint transversale et comprit toute la largeur du nez, qui se trouvait ainsi inscrit dans un lambeau rectangulaire, ne tenant plus au reste de la face que par un seul côté. Les tissus cutanés et cartilagineux qui constituent l’enveloppe extérieure et une partie de la charpente nasale furent alors séparés par de larges et rapides incisions, de manière à rejeter ce lambeau nasal tout d’une pièce sur la joue. Le chirurgien voulait ensuite faire passer une scie à chaîne d’une orbite dans l’autre, et sectionner d’avant en arrière les attaches qui unissent au frontal la base des os du nez, ainsi que les apophyses montantes desmaxillaires, puis diviser de chaque côté, au moyen de la pince de Liston, ou de la scie à chaîne, l’espèce d’auvent que présente la voûte osseuse du nez, de manière à ouvrir une voie très-large dans la région ethmoïdienne; mais chez ce malade, le nez ne présentait plus qu’une vaste cavité; l’ethmoide, moins la lame criblée, le v orner.
|es cornets du nez et les parois internes des sinus maxillaires avaient disparu, de sorte que quand la première partie de l’opération fut faite, on put enlever le polype sans toucher aux parties osseuses.
.)/. Eug. Desprez (voyez pl.IV, fig- 12), au commencement de 1857 (thèse du 25 août 1857), alors interne dans le service de M. Michon, donna aussi un procédé. Voici comment l’auteur le
décrit lui-même :
Premier temps. Inciser avec un bistouri dirigé perpendiculairement a la peau, les sillons naso-labial et naso-géuien. L’incision doit comprendre l’épaisseur des parties molles : elle sera ensuite dirigée sur le bord antérieur du maxillaire supérieur, depuis le sillon indiqué jusqu'à 1 os propre du nez correspondant. Un aide relève la partie latérale du nez ainsi détachée.
Deuxième temps. Inciser la sous-cloison à son union avec la lèvre supérieure, continuer l’incision de manière à détacher, doublé de la muqueuse, le cartilage triangulaire tle l’épine nasale antérieure et de la crete qui lui lait suite daus l’étendue de 1 centimètre.
Troisième temps. A la terminaison de cette incision, relever le bistouri perpendiculairement et diviser le cartilage jusqu’à la hauteur des os du nez. L’aide relève ce second lambeau taillé sur la cloison.
Quatrième temps. Introduire parallèlement au plancher des fosses nasales, de chaque côté de la cloison, la branche très-étroite d’une pince de Liston; détacher le vomer aussi près que possible de la voûte palatine et dans toute son étendue; reporter l’instrument dans la même direction et au rnveau du bord inférieur des os propres du nez, et diviser jusqu’à l’apophyse basilaire. Le vomer est enlevé, c’est alors que l’opérateur doit juger si la voix qu’il s’est créée est assez large, non-seulement pour faire agir les instruments, mais encore pour extraire le polype, soit par fragments, soiL en totalité.
Si la maladie a détruit déjà le bord antérieur du maxillaire, il n’y a rien à ajouter à l’opération, sinon avec la gouge et le maillet, ou avec une petite scie ; on peut disséquer l’os dans une étendue de 1 centimètre, ou de 1 demi-centimètre; mais il faut préalablement détacher avec le périoste la lèvre externe de la plaie latérale, comme on le fait, par exemple, dans l’ablation du premier métacarpien, en conservant le pouce. Ce supplément à l’opération peut devenir trèsutile,
Cne lois le pédicule bien reconnu, l’exciser aussi près que possible de la
racine, ruginer la surface d’implantation et appliquer immédiatement soit le fer conge, soit le caustique carbo-sulfurique, soit de la pâte deCanquoin.
11 serai t sage, avant de refermer la plaie, de reconstituer l’édifice un
instant compromis, de prendre avec un tube, destiné à la cautérisation ultérieure si elle est nécessaire, la profondeur du point à retoucher, la position mathématique qu’occupe l’instrument lorsqu’il présente son ouverture exactement adaptée à la surface malade (1). Alors les cautérisations deviendraient extrêmement faciles, en dilatant préalablement avec une pince la narine et le cartilage triangulaire devenu plus flexible. » Ou réunit ensuite les deux plaies.
On voit que M. Eug. Desprez conseille de conserver le périoste quand on enlève une partie de l’os.
i)J. Démarquai) (Soc. de chir., 9juill. 1857; voyez pi. IV, fig. 13) fit une incision partant de la racine du nez, venant se terminer sur le milieu de la lèvre supérieure; une autre incision qui partant de la commissure gauche vint aboutir au masséter; il disséqua ce vaste lambeau en conservant tout ce qu’il put du périoste. L’apophyse montante et la paroi intérieure du sinus furent enlevées, il laissa les lambeaux quelques jours sans les réunir.
M. Vallet , d’Orléans, pratiqua deux fois des résections partielles du maxillaire supérieur pour des polypes naso-pharyngiens [Gaz. des hop., 31 mars 1859). La première fois, 4 novembre 1857, voici ij comment il opéra :
Incision verticale commençant un peu en dessous et en dedans de l angle interne de l’œil, longeant le côté gauche du nez, et arrivant à la lèvre supérieure qu elle divise, on dissèquedeux lambeaux, l’uninterne 1 autre externe. Labrauche montante du maxillaire est divisée à sa base à l’aide de la cisaille de Liston, une seconde section est faite à 1 centimètre au-dessous avec la gouge et le maillet, ces deux sections sont prolongées sur la lame osseuse et antérieure du sinus maxillaire, et réunies par une section verticale, en ayant soin d’éviter les vaisseaux et les nerfs sous-orbitaires. Cette portion osseuse est enlevée ainsi que l’apophyse montante, de la base au sommet. (Voyez pl. IV, fig. 14 et 15.)
Chez son second malade, après avoir détaché les insertions du polype, il ue put parvenir à l'extraire, il fallut élargir la voie que l’on s’était frayée ; voici comment l’opération fut complétée. La muqueuse de la voûte palatine lut divisée
(1) Il sera toujours impossible d appliquer exactement ces lubts quant pourra plus voir où l’on pose leur extrémité.
par une incision en T, en laissent intact le voile dn palais (chez ce malade, comme la voûte osseuse était détruite en partie, les lambeaux de la muqueuse furent facilement écartés, et mirent à nu la branche palatine du polype). A l’aide de la scie à chaîne, on enleva la portion de l’arcade dentaire où sont implantées les trois dents incisive latérale, canine etpremière petite mollaire (v. pi. tv, fi g. 16).
Je liens de M. Taberlet, ancien interne de M. Debrou, d’Orléans, que ce dernier malade eut une récidive l’année dernière ; M. Debrou fut obligé de lui enlever le maxillaire supérieur.
Il m a été impossible de savoir ce qu’il est devenu depuis.
M. AI pli. Guérin (Élém. c/iir. opér., 1858) (voyez pl. tv, fig. 17 A Ci fig. 18 ), pour enlever seulement la partie inférieure du maxillaire, conseille de faire une incision légèrement convexe en arrière, commençant en dehors de l’aile du nez, et venant tomber sur la commissure correspondante de la bouche en suivant le sillon nasolabial. Puis il divise les attaches palatines du voile. Une pince de Liston, introduite dans la narine et dans la bouche, sépare les deux maxillaires; la pince est ensuite portée dans la narine et sur la face externe de I os pour isoler par une section transversale la voûte
palatine du plancher de l’orbite. L’apophyse malaire est coupée avec une petite scie.
Arrachart, de Lille (Gaz. des hop., 25 août 1859) (voyez pl. iv, fig. 19 et fig. 20), opéra de la manière suivante : 1° Incision verticale commençant au-dessous de l’angle interne de l’œil, descendant le long des côtés du nez, contournant l’aile du nez pour diviser la lèvre sur la ligne médiane ; 2° incision transversale partant de la tubér0S,te 7la,re’ Sl,lvant le rebord orbitaire inférieur pour tomber perpendiculairement sur la première. L’os malaire est scié avec la
sce a chaîne, I apophyse montante du maxillaire supérieur est coupée vec la pince de Liston. La parQi an[érieure du s.nus maxi|laire'est
™ aV6C 'a Scie à à sa jonction avec l'arcade den-
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b ; onne comme étant de son invention le procédé de
M. A I p h . Guérin, en modifiant seulement la section des parties molles. Il fait à la lèvre supérieure une incision oblique de 3 cent, environ de hauteur au niveau de la dent canine.
M. Labal (Mon. des sc. méd. et plinrm ., 1800, p. 1028) (voyez pl. IV, fig. 17 C et fig. 18) emploie aussi à peu près le même pro cédé que M. Guérin, auquel il ne fait que la modification suivante: Son incision part de l’aile du nez, et tombe perpendiculairement sur la lèvre qui est divisée.
M. Demarquay (Ac. des sciences , 18 août 1802; Gaz. hebdom ., p. 554) pratiqua une opération qu’il décrit ainsi (voyez pi. v, fig. Il et 2): «Je fis partir ma première incision du grand angle de l’œil et suivant le sillon naso-génien, je la terminai à la partie inférieure de la narine; de la partie inférieure de cette première incision, j’en fis partir une seconde allant jusqu’au masséter ; cela fait, je disséquai les deux lambeaux formés par mes incisions, à savoir : un lambeau nasal et un lambeau génien ; mettant le plus grand soin à me nager le périoste; cela fait, avec une pince de Liston, j’enlevai l’apophyse montante du maxillaire, en laissant assez de cet os pour ne pas déformer le nez et toute la paroi antérieure du sinus maxil-l laire, en conservant le bord orbitaire. »
La tumeur fut ensuite enlevée par arrachement. On voit que dans cette opération M. Demarquay conserve intact le bord de h lèvre.
il/. Maisonneuve (Clin, chir., tome II, p. 400; 1864) recommandé maintenant de ne faire aucune incision à la joue ou aux lèvres si i< malade a la bouche assez grande ; sinon de fendre la lèvre d’un seu. trait (voyez pl. IV, fig. 1 7 D), depuis la narine jusqu’à son bon libre. Dans les deux cas, il porte son bistouri au fond du si I loi maxillo-buccal pour séparer l’os des parties molles.