‹ Des polypes naso-pharyngiens au point de vue de leur traitementChapitre 13 sur 26 · MÉTHODE DE M. NÉLATON · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE M. NÉLATON

Le 27 décembre 1848, M. le professeur Nélaton pratiqua pour la première fois une opération qu il avait inventée pour éviter les délabrements et les difformités que laisse après elle l’ablation du maxillaire supérieur, et se créer cependant une voie assez large et directe pour arriver au polype. Voici quelle est cette opération : 1° section, à l’aide des ciseaux et du bistouri, du voile du palais dans toute son épaisseur et dans toute sa hauteur, au niveau de la luette qui est coupée en deux (voyez pi. VI, lig. 1); 2° prolongement de cette section par une incision sur la voûte palatine, s’étendant dans la moitié postérieure de cette voûte. Celte incision doit être faite avec un fort bistouri et aller jusqu’à l’os; 3° de l’extrémité antérieure de cette incision on en fait partir deux autres un peu obliques (voyez pi. vi , lig. 1 ), et se dirigeant de dedans en dehors; elles doivent aller également jusqu’à l’os, de manière à bien couper le périoste; 4° décollement de ce périoste qui est intimement uni à la muqueuse palatine. Il est facile dans la partie antérieure (voyez pl. VI, lig. 2), mais à la partie postérieure la muqueuse se trouve retenue, parce que le voile du palais est formé de deux feuillets qui sont le prolongement, l’un de la muqueuse palatine, l’autre de la muqueuse des fosses nasales. Il faut alors avec le bistouri sectionner le feuillet postérieur du voile du palais (voyez pl. VI, fig. 3 ), le décollement se continue ensuite facilement. On a alors deux lambeaux à peu près rectangulaires que l’on tient relevés (voyez pl. vi, fig. 4). Avec un perforateur, on fait deux trous à 1 cent, de chaque côté de la ligne médiane dans la portion antérieure de la voûte osseuse que l’on a mise à découvert (voyez pl. VI, lig. 4); ces deux trous faits, l’on introduit dans chacun d’eux l’un des mors d’une pince de Liston, et on fait éclater la partie osseuse qui se trouve comprise entre eux. Il s’échappe alors une portion d’os qui comprend ordinairement toute la partie postérieure de la voûte palatine ; si la section n’est pas complète, on l’achève avec la

pince de Liston (1). Cette portion de la voûte osseuse enlevée, il reste la muqueuse des fosses nasales, et le périoste qui lui est adhérent et qui recouvrait l’os, mais qui Ta abandonné quand on l’a fracturé. On incise également celle muqueuse sur la ligne médiane et on relève les deux lambeaux. On resèque ensuite, s’il y a lieu, une portion plus ou moins grande du vorner.

Il est une circonstance qui facilite souvent la dernière partie de l’opération, c’est lorsque la voûte palatine osseuse, comprimée par la tumeur, est réduite en quelque sorte à un feuillet parcheminé, qu’il est facile de couper d’un même coup avec la muqueuse palatine. Chez plusieurs opérés de M. Nélaton on pénètre ainsi du premier coup jusque dans les fosses nasales. Chez un malade, M. Jarjavay laissa de côté la pince de Liston, et une spatule lui suffit pour enlever par fragments les parties osseuses.

On obtient ainsi une assez grande perforation au fond de laquelle apparaît le polype.

On peut quand le maiade est guéri employer la staphyloraphie, ou ce qui est plus simple mettre un obturateur pour combler le vide fait par l’opération.

Une particularité remarquable dans l’emploi de celle méthode, c’est qu’une fois l’opération faite, quand on laisse le malade se reposer pendant plusieurs jours, ainsi que le fait maintenant M. Nélaton, on voit le polype venir faire saillie dans la bouche, entre les bords de la division du voile et du palais, et s’offrir de lui-même aux

(t) IM. Legouest (Soc. chir., 30 mars 1 859, 11 janvier 1860) a parlé d’une forme particulière de la voûte palatine qui peut rendre difficile l’emploi de la méthode de M. Nélaton : a II existe, dit-il, des sujets, et le nôtre en est un exemple, chez lesquels la voûte est ogivale au lieu d’être surbaissée ; elle est alors très-élevée, étroite, peu accessible aux instruments, et ne peut être que très-imparfaitement réséquée. Il en résulte que le complément de l’opération, c’est-à-dire la cautérisation, qui pour certains chirurgiens en est la partie fondamentale, ne peut être menée à bien.»

Cette observation est exacte; dans ces cas l’opération est un peu moins facile, mais ce n’est pas un obstacle insurmontable.

cautérisations. Cela se comprend du reste facilement, car c est le seul côté où la tumeur ne trouve plus de résistance.

MM. Bolrel et Richard ont proposé quelques modifications. Le premier conseille de respecter la luette, ce qui a réellement peu d importance et ne sert qu’à gêner l’opérateur. Le second évite la division du voile du palais, parce que l’hémorrhagie est ce qu’il redoute le plus. Il se contente de pratiquer la perforation de la voûte palatine; mais il en resèque une portion bien plus grande que ne le fait M. Nélaton. On arrive bien par ce moyen sur le point d’implantation, mais alors il ne faut pas songer à attaquer la tumeur par aucun autre moyen que les caustiques, car il serait très-difficile par celle ouverture de pratiquer l’extraction. Du reste, M. Richard n’en veut point; il pratique immédiatement des cautérisations en introduisant des trochiques au chlorure de zinc dans la tumeur. Par ce moyen on évite, dit-il, les dangers de l’excision et de l’arrachement.

Depuis que M. Nélaton a fait connaître cette opération, un assez grand nombre dechirurgiens l’ont appliquée. J’ai pu recueillir vingtsept observations; je vais les faire connaître dans le tableau suivant.

Procédé de 19. Iclatoi».

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