OBSERVATION VI
(Recueillie par M. Péari, communiquée par M. Nélaton.)
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Ce malade sentait depuis quelques années qu’il y avait quelque cl.ose d’ano,
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luelques-tines lurent très-abondanles. Une fois surtout il eut à I, ■ -,
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J ■ polype est enorme, il remplit le pharynx; le voile du
palais est repoussé en avant; des prolongements pénètrent dansles fosses nasales |i et dans l’orbite.
Le 13 avril l’ablation du polype est pratiquée par M. le professeur Nélatou, suivant son procédé.
La tumeur est fibreuse, blanche ou blanche rosée par places. Après 48 heures il s’en écoule un liquide sanieux à la coupe, les vaisseaux qui se rencontrent souvent dans ces sortes de tumeurs sont ici peu apparents.
Immédiatement après l’ablation de la tumeur, le malade se sentit soulagé, la respiration s’exécutait facilement. Au bout de quelques jours l’état de somnolence dans lequel le malade était plongé avait complètement cessé.
27 avril. Ou enlève encore aujourd’hui une certaine portion de la tumeur à l’aide de l’écrasement linéaire et de l’arrachement avec la pince à polype.
Des portions de tumeur furent ainsi enlevées à plusieurs reprises par les mêmes moyens.
Il y a là une voie largement ouverte par laquelle ou peut porter facilement suri le polype les caustiques destinés à le détruire.
A partir du 26 mai, on introduisit à différentes reprises de petits trochisques de! pâte solide au chlorure de zinc. Ces petits trochisques entrèrent facilement, comme cela a du reste lieu ordinairement, parce que la tumeur, tourmentée pai.j les instruments, s’est un peu enflammée et ramollie.
Le lendemain, les fragments de pâte furent retirés et remplacés par d’autres plus considérables. Ces applications furent répétées un certain nombre de fois Ku quelques semaines, la guérison était complète. Exeat le 6 septembre.
Ce malade fut revu depuis par M. le Dr Henri qui l’avait envoyé à M. Nélalon Le succès ne s’est pas démenti.
OBSERVATION VIL (Recueillie par M. Peau, communiquée par M. Nélaton.)
Saline (Laurent), 21 ans, serrurier, né à Auvillers (Haute- Garonne), entré; l’hôpital des Cliniques le 18 avril 1861, couché au n° 26.
Vers l’âge de 10 à 12 ans, ce malade a commencé à s’apercevoir qu’il aval
quelque chose dans le nez.
11 lui arrivait des hémorrhagies souvent assez considérables poui le faii‘ i tomber sans connaissance; plus tard, le sang ue vint plus par les narines, mai par la gorge, parce que la tumeur obstruait les fosses nasales. Il y a quatie oi cinq ans, il a consulté des médecins qui lui ont conseillé une opération; il reslf ! dans le même état. Depuis il s’adressa à M. Dupuis, de Boideaux, qui ligature sans résultat. On fit ensuite une excision irès-incomplete. Que q% temps après, M. Soulé, de Bordeaux, divisa le voile du palais, et piatiqua uu J
nouvelle excision, qui fut encore incomplète. C’est alors qu’il entra dans le service de M. Nélaton, le 18 avril 1861.
A son entrée à l’hôpital, ce malade présente une déformation considérable de la face à droite ; l’œil est un peu procident , et, en relevant la commissure buccale, on voit une tumeur qui soulève la muqueuse; la voûte palatine est également déformée, elle a perdu de sa largeur normale. Le palper fait reconnaître daus la joue une tumeur de la grosseur et de la forme d un très-gros œuf de poule; le doigt, recourbé derrière le voile du palais, constate des adhérences a ce voile. Cette tumeur est dure, résistante, elle présente tous les caractères d’un polype naso-pharyugien. Les deux portions de la tumeur génienue et pharyngienne sont réunies par uu pédicule qui semble passer par le trou sphénopalatiu , ainsi que cela a lieu ordinairement en pareil cas. La tumeur de la joue ne pouvant repasser par ce trou , il faudra ici aller directement à sa recherche en faisant une incision à la joue, en ayant soin toutefois de ménager, autant que possible, le uerf facial , et de passer, si l’on peut, par-dessus le canal de Slénon, pour ue pas avoir de fistule salivaire.
Le malade fut opéré, dans les derniers jours d’avril 1881, par M. Nélaton, qui employa son procédé. La section du pédicule fut faite avec l’écraseur; malgré la lenlenr de l’opération, il y eut une hémorrhagie qui fut arrêtée par un petit tampon de perchlorure de fer. L’incision de la joue fut remise à un autre jour.
Le 29 avril, les bourdonnets de charpie tamponnant le fond de la plaie furent enlevés en partie, et M. Nélaton se proposait d’enlever le reste de la tumeur quelques jours après, quand le malade mourut le 2 mai.
Je regrette vivement de n'avoir pu retrouver l’autopsie de ce malade.