DEUXIÈME PROCÉDÉ DE M. LANGENBECK
Presque au même moment où M. Huguier publiait son observa- ;! tion, M. Langenbeck inventait aussi un procédé de résection tempo- 1 raire (L). Klinik, 1861, n. 29). Voici la description que je trouve dans les additions à la traduction d’Heyfelder par Bœckel, p. 296. 11 s agit; d’un garçon de 15 ans. L’opération fut faite le premier juillet 1861. Le malade était chloroformé.
Une première incision part de la base de l’aile du nez et se dirige horizontalement en dehors jusqu’au milieu de l’arcade zygomatique. Là elle est rejointe à angle obtus par une seconde incision qui part du sac lacrymal et longe le rebord orbitaire inférieur (voyez pl. V, fig. 1 0.) Ce lambeau cutané n’est pas disséqué de l’os; mais 1 opéraleui sépare le masséter de l’apophyse zygomatique , passe entre la tumeur et la tubérosité maxillaire dans la fosse ptérygo-palatine, tia-> verse le trou nasal avec un corps mousse et pénètre dans le pharynx. La tumeur en dilatant les os a frayé la voie. Une petite scie à guichet est introduite par là, et coupe horizontalement le maxillaire supérieur d’arrière en avant dans la direction de l incision (i lanée inférieure. L’index de la main gauche, introduit dans h pl
rynx, surveille la pointe de la scie. Puis on coupe successivement l’arcade zygomatique, l’apophyse frontale de I os inalaire et leplancher de l’orbite.
Les seules parties qui ne sont pas divisées, sont l’apophyse montante et l’os unguis, ainsi que la peau qui les recouvre et qui alimente la portion de maxillaire. La voûte palatine et l’arcade dentaire restent intactes. La portion réséquée est soulevée avec une spatule et se meut comme un couvercle de tabatière, dans la charnière formée par l’apophyse montante. La fosse ptérygo-maxillaire et le pharynx sont très-accessibles et l’on extirpe le polype. Le maxillaire est alors replacé, mais il a de la tendence à se relever vers le nez ; il faut le maintenir par un bandage compressif. Des points de suture unissent les parties molles et en quinze jours la guérison est à peu près complète.
Comme le fait remarquer M. Bœckel, pour que ce procédé soit applicable il faut que le trou sphéno-palatin soit dilaté par la tumeur, sinon on ne peut y introduire les instruments qu’en brisant les os. De plus la scie agit au hasard dans le fond de l’orbite. Enfin il reste des cicatrices très-apparentes. Sans compter les reproches communs à toutes les opérations ostéoplastiques, ce procédé a encore le désavantage des résections partielles du maxillaire; la voie qu’il ouvre est étroite et très-souvent sera insuffisante pour extraire le polype.