CHAPITRE II
ÉTIOLOGIE.
Comme pour la plupart des autres tumeurs, la cause ou la raison d’être des polypes papillomateux nous est inconnue. Sans doute on peut saisir les circonstances dans lesquelles ils se développent généralement, mais nous ne connaissons point les causes déterminantes de leur production.
C’est une affection de l’âge adulte, car tous les malades dont nous rapportons les observations étaient âgés
de 20 à 40 ans, sauf un qui avait 50 ans.
On ne rencontre point ces tumeurs chez les enfants.
Il semble que le sexe masculin soit plus exposé, car sur dix observations fournies par le hasard de la clinique on ne rencontre que deux femmes.
Maladies antérieures. — C’est dans l’étude des antécédents personnels que nous trouverons les causes prédisposantes les plus influentes.
Chez la plupart de nos malades, — 7 sur 10, — nous constatons des signes indubitables d’inflammation chronique de l’arrière-gorge , vascularisation anormale , saillie des glandules de la muqueuse pharyngée, hypersécrétion, rougeur, etc.
Cette inflammation chronique provoque une suractivité nutritive du côté de la muqueuse du voile du palais dont les papilles sont déjà volumineuses et devient ainsi une cause d’hypertrophie : aussi, ces polypes sont plus fréquents chez l’adulte où l’angine est fréquente et chez
les hommes qui, par l’usage du tabac et de l’alcool, entretiennent l’état pathologique de leur muqueuse pharyngée.
Il faut ajouter que les diathèses jouent aussi un rôle dans la pathogénie, ne fût-ce que pour développer la pharyngite chronique, qui est plus fréquente chez les herpétiques.
On objectera peut-êtreque si ces circonstances avaient une grande importance pour expliquer la production des polypes papillomateux on devrait les rencontrer bien plus fréquemment. Sans doute, mais l’existence d’une inflammation chronique de la muqueuse de l’arrièregorge ne suffit pas à elle seule pour donner naissance à un papillome, pa#s plus qu’un écoulement vaginal ne s’accompagne fatalément de végétations vulvaires, bien que ce soit le plus souvent une des principales causes.
Il faut faire une large part à l’inconnu qui, malheureusement, en étiologie, tient une large place.
Nous signalerons chez deux malades la coexistence des polypes sur d’autres parties que le voile du palais.
Chez l’un, il existait, en même temps qu’un polype de chaque côté de la luette, un polype du larynx de nature sarcomateuse.
Chez une femme il existait sur la partie profonde de la langue un petit papillome pédiculé.
S’agit-il là d’une disposition spéciale de l’économie à créer des produits pathologiques, ce que M. Yerneuil a appelé la diathèse néoplasique ? Il est possible, en tout cas la coexistence était intéressante à signaler.!
Gourtade.