‹ Des polypes papillomateux du voile du palaisChapitre 6 sur 13 · ANATOMIE MACROSCOPIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE MACROSCOPIQUE

Cette espèce de polype se présente sous la forme de tumeur arrondie de grosseur variable, fixée par un pédicule ordinairement assez grêle.

Le pédicule est de forme cylindrique ; sa longueur varie de 1 à 12 millimètres.

Quant à la tumeur proprement dite, sa forme est variable ; elle est tantôt arrondie ou ovalaire, tantôt aplatie comme une lentille avec des saillies secondaires.

La longueur peut être de quelques millimètres seulement et atteindre 10 millimètres et même plus.

Un des polypes que nous a remis M. Poyet présentait les dimensions suivantes : longueur 12 millimètres, largeur 9 millimètres et épaisseur 5 millimètres.

La coloration est blanc rosé lorsqu’on les examine sur place.

L’aspect extérieur ne peut être mieux comparé, croyonsnous, qu’à l’aspect de la muqueuse linguale lorsque les papilles sont un peu hypertrophiées. On constate en effet que la tumeur est formée de papilles assez volumineuses qui résultent de la réunion de plusieurs autres papilles d’un petit volume, hémisphériques ou cylindroconiques. Il est à remarquer que le pédicule n’a point cet aspect granulé, papillaire de la tumeur; au contraire, sa surface est unie et ne présente aucune rugosité.

Le point d’insertion des polypes papillomateux se fait le plus souvent sur le bord libre du voile du palais, très souvent dans l’angle rentrant formé par la luette et le pilier antérieur ; quelquefois au sommet même de la luette, comme dans la figure représentée dans le Traité de V angine glandulaire chronique de Gueneau de Mussy; rarement le pédicule est fixé sur la face antérieure du voile du palais comme dans une de nos observations, ou sur la face postérieure de celui-ci com me chez une malade opérée parM. Poyet.

Luschka et Sommerbrodt ont vu de ces papillonnes sur la face postérieure du pharynx, mais, en tous cas ils sont très rares.

Telle est la forme de beaucoup la plus fréquente des polypes papillomateux du voile du palais.

Nous devons signaler cependant les variétés d’aspect que l’on peut rencontrer. Le pédicule est quelquefois si court qu’il semble ne pas exister ; la tumeur papillomateuse perd alors son caractère polypoïde et se présente sous la forme de tumeur verruqueuse plus ou moins étendue, comme on l’observe aux organes génitaux externes. L’observation de M. Nepveu semble se rapporter à cette première variété.

Dans d’autres cas, au contraire, le pédicule prend à lui seul de telles proportions qu’on peut dire qu’il constitue presque toute la tumeur : c’est la deuxième variété que l’on peut rencontrer.

Chez un des malades qu’ a bien voulu nous montrer M. Poyet, nous avons constaté de chaque côté de la luette deux longs filaments de 10 à 15 millimètres de long que

l’on pourrait comparer à des sangsues minuscules fixées à cet appendice. L’excision fut faite sans difficulté.

On nous objectera peut-être que ce ne sont point là des papillomes constitués, des tumeurs adultes. Sans doute, mais l’examen microscopique nous a révélé la même structure que celle du pédicule des papillomes que nous avons étudiés jusqu’à présent, et, bien plus, nous avons vu à l’extrémité libre de ces petites tumeurs des papilles qui n’étaient point hypertrophiées.

Que celles-ci subissent une poussée dans leur développement, une exagération dans leur dimension, et nous retrouvons le papillome pédiculé ordinaire.

On peut donc, sans présomption, affirmer que c’est là le premier stade des papillomes polypoïdes ; nous en avons la preuve dans l’examen microscopique.

Quant aux tumeurs qui semblent sessiles, elles ne le sont que par comparaison avec d’autres dont le pédicule est très allongé. Ne voyons-nous pas dans les végétations quelquefois si exubérantes des organes génitaux de la femme toutes les variétés, et cependant presque toutes ces végétations, pour ne pas dire toutes, sont pourvues d’un collet, d’un point d’attache rétréci qui n’est autre qu’un pédicule.

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