III. Des palées en bois
Les palées en bois n’étant destinées qu’à servir de simples supports , doivent diviser l’angle que font les câbles ou les chaînes en deux parties égales. Ou obtient facilement cette condition en adoptant un assemblage CDE {Fig. T Y), en forme de chevalet assez ouvert pour que la ligne DF, qui divise l’angle ADB en deux parties égales, passe entre les deux bras du chevalet.
Ceci suppose cependant que les cordes ne sont pas arrêtées au haut de la palée , mais qu’elles appuient simplement sur un coussinet ou sur une poulie; s’il en était autrement, et que Ion fixât les câbles et les amarres à la pièce de bois , il faudrait que ces dernières fussent renforcées en
raison de la distance à laquelle elles sont fixées de la base de la palée (note 1 1). La quantité dont il faudra les augmenter est proportionnelle au rapport de la perpendiculaire abaissée de cette base sur les chaînes d’amarres considérées comme le petit levier, et comparée à la hauteur de Sa pile considérée comme le grand. Ainsi , nous avons trouvé qu’il fallait 200 lig nes carrées de fer que nous multiplierons par 10, hauteur de la pile, ce qui produira 2,000,; et ayant tiré du point G, la ligne CG égale a 7 pieds, on divisera 2,000 par ce nombre, ce qui donnera 285, nombre de lignes carrées que devront avoir les quatre amarres des palées.
Cette disposition permet de donner aux palées, relativement au câbles en fer, telle inclinaison qu’on juge à propos, et évite, par conséquent, de doubler les pièces de bois. Ou formera donc avec des solives de 10 à 12 pouces carrés, un cadre ABCD ( Fig. IF) de bois de chêne , un peu plus large que le pont, auquel on donnera le plus de grâce possible. On l’établira sur une sole BC, assez longue pour qu’on puisse y mettre de chaque coté des arcs-boulans EF ; la sole elle-même devra porter sur de la maçonnerie, ou sur le terrain, s’il est assez solide et assez sec pour qu’on ne craigne ni sa déflexion, ni la pourriture des pièces.
Le bois de chêne, soutenant ainsi un poids par le bout (note 12), a une force en général bien audessus du besoin, pour qu’il me paraisse superflu
d’entrer dans aucun calcul ; l’on a plutôt à craindre la pourriture, et c’est pour cela qu’il sera bien d’entretenir les pièces toujours vernies à l’huile, et même de les garantir par un petit toit.
J’ai donné quelques exemples sur la manière d’établir les culées ; mais on conçoit que, dans une infinité de cas , on peut se servir de ce qui se rencontre a sa portée ; ainsi une terrasse , une maison, un vieux mur , un arbre , peuvent , suivant les besoins et les localités , en tenir lieu ; le point important est de bien se rendre compte de la résistance que peut offrir l’objet qu’on a en vue, et de la calculer exactement, sans se fixer à une première impression irréfléchie qui pourrait induire en erreur.