‹ Des ponts en fil de fer (volume 2)Chapitre 11 sur 29 · DE LA SUSPENSION DU PONT · texte numérisé non relu

DE LA SUSPENSION DU PONT

La longueur, la largeur et la flèche du pont étant déterminées, la première donnée dont on ait besoin est celle du maximum de la charge qu’il doit être dans le cas de supporter ; on évalue ordinairement cette charge , en supposant le pont couvert d’autant d’hommes qu’il en peut contenir, et employant chacun un espace de deux pieds carrés ; cependant , lorsque l’on opère pour les besoins d’une famille, d’un village, dans un endroit où le passage est peu fréquenté, on conçoit que l’on peut très bien se tenir au-dessous de cette supposition , parce que la probabilité d’une charge pareille est si petite qu’elle peut être considérée comme nulle.

L’on peut calculer le poids d’une personne à 70 kilog. environ, ce qui donnera le moyen d’évaluer la charge probable, à laquelle on ajoutera le poids des plateaux destinés au passage, et celui des fils de fer, dont 011 estimera approximativement le nombre, jusqu’à ce que le calcul du poids total donne le moyen de le déterminer d’une manière plus exacte.

Ce poids ainsi connu, on s’assurera, suivant la

courbure qu’on veut donner au pont, de l’effort de traction qu’il exercera sur les culées en employant la règle que nous avons donnée, de multiplier la flèche par 8, et d’augmenter la charge totale proportionnellement au rapport de cette quantité à la longueur du pont ; elle représentera, comme nous l’avons vu , l’effort que doivent soutenir les culées, ainsi que le poids qui chargera les fils de fer que l’on aura soin d’augmenter suivant ce que la prudence indiquera, pour se trouver bien au-delà de la probabilité de tout accident.

Les Anglais, dans leurs grandes constructions, se sont contentés de mettre trois fois plus de force que ce qu’indiquait le calcul. Cette quantité doit être suffisante pour de grandes constructions , où les conditions de charge sont exprimées avec une telle exactitude , qu’il est bien difficile de les dépasser; mais , lorsqu’il est question de petites constructions particulières , le fil de fer étant l’objet d’une très légère dépense , je crois qu’il est prudent de porter cet excès à 5 ou 6, surtout si l’on a supposé une charge possible peu considérable.

Je diviserai ce chapitre, comme j’ai fait le précédent, en trois parties, et je vais entrer successivement dans l’examen de chacune d’elles en particulier.

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