LÀ CHAIRE AU XVI* SIÈCLE
un riche fonds de vérités éternelles et des leçons excellentes d'art et de goût, on s «n était emparé pour les copier, pour y dérober les formes mêmes de la pensée, souvent même les plus particulières et les plus fortement empreintes du génie indigène et des mœurs locales, pour mettre enfin au pillage la langue ellemême, et charger sans façon de mots grecs et latins les idiomes modernes, au risque de les défigurer par ces importations violentes. Ainsi la renaissance, tout en détruisant les vieilles superstitions de l'école, avait ellemême créé une superstition d'un autre genre: tout en sollicitant fortement l'activité des esprits, elle teur avait elle-même apporté de nouvelles entraves.
La littérature religieuse, expression de sentiments et de principes en grande partie étrangers ou même hostiles à l'antiquité païenne, aurait dû être préservée par son esprit même, et par sa tradition particulière, de ces erreurs du goût 'classique renaissant et de ce pédantisme d'érudition profane. Elle-même y avait payé tribut, cependant. Ébloui comme tout le monde par l'éclat de ces chefs-d'œuvre qui attiraient tous les regards, intimement associé d'ailleurs, en raison de sa primauté intellectuelle, aux travaux et aux conquêtes littéraires du temps, et mêlé ainsi à toutes les émotions de la renaissance, le clergé avait suivi les entraîne-