ART ER
21 septembre. Depuis plusieurs jours, crises presque quotidiennes. La région sacrée commence à rougir.
29 septembre. A eu une crise dans la nuit. Le membre supérieur gauche est dans l'attitude de la contraction secondaire de l’hémiplégie. Réflexes rotuliens très vifs. Babinski en extension à gauche. Eschares fessières de la surface d'une pièce de 50 centimes.
Décès le 6 octobre 1910. ;
OgservaTIoN XV
Résumé. — Femme. soixante-trois ans. Début il y a six mois. Ictus apoplectiforme il y a un mois et demi. Affaiblissement des facultés intellectuelles.
Dépression. Crises épileptiformes. Hémiparésie gauche à caractère organique. Dysarthrie. Atrophie double du nerf optique. Troubles de la marche.
Antoinette L..., soixante-trois ans, tailleuse, est entrée à l’Asile le 8 mai 14906 et est décédée le 13 juillet 1908.
Antécédents héréditaires : Père mort à soixante-douze ans, de congestion pulmonaire. Mère morte à soixante-quatre ans, d’albuminurie. Une sœur, soixante ans, bien portante,; un frère, cinquante-sept ans, à une maladie de cœur; une sœur, trente-huit ans, bien portante, mais a des préoccupations hypocondriaques, insomnie, céphalée, idées obsédantes de suicide, impulsions ambulatoires.
Antécédents personnels : Sait lire et écrire, intelligente. Réglée à douze ans, menstruation régulière; ménopause vers cinquante ans, sans incidents. N'a jamais été malade, sauf il y a deux ans, à eu une pleurésie.
Histoire de la maladie. — En novembre 1905, sa sœur remarque qu’elle dormait facilement, paresse intellectuelle, perte de mémoire.
25 mars 1906. Crise caractérisée par: perte de connaissance, chute en arrière sur un fauteuil; pas de mouvements convulsifs; miction involontaire; globes oculaires et surtout bouche déviés. La crise à duré un quart d'heure. A la suite, l’affaiblissement mental s'est accentué. Rêves terriliants. Tentative de suicide avec son mouchoir.
10 mai. «Il y a quelque temps que je suis ici; combien, je ne sais
Le ND
pas... J'ai beaucoup souffert de faim et de tout. Je radote, ah EMEA un moment. Les affaires de la famille, c’est ce qui m'a rendu folle » (pleure).
Examen somatique : Rien aux poumons. Bruits du cœur fortement frappés ; claquement valvulaire, rythme régulier. Radiales dures ; pouls hypertendu. Rien à l’abdomen. Urines normales.
Vision : Blépharospasme léger. Pas de troubles de la motilité. Pupilles égales, réagissent à la lumière et à l’accommodation. Sens stéréognostique conservé. Tremblement des doigts. Pas de paralysie. Marche hésitante, lente. Sensibilité tactile douloureuse conservée. Réflexes patellaires égaux, très vifs. Babinski en flexion des deux côtés. Trépidation épileptoïde rotulienne semble plus marquée à gauche. Pas de plantaire.
9 novembre. Troubles de la marche. La malade traine la pointe du pied gauche, élargit la base de sustentation, marche à petits pas. Légère parésie du côté gauche. Rien à la face. Réflexes rotuliens très vifs. Babinski en extension à gauche, en flexion à droite.
12 décembre. Crise épileptiforme, pas de prédominance ; les mouvements convulsifs sont généralisés. Stertor. Bredouillement. Deux heures après, pas de résidu parétique, même état moteur que le 9 noyYembre. Pas de troubles d’articulation phonétique.
10 mars 1907. Crise épiieptiforme à prédominance gauche ; miction et défécation involontaires. Quelques heures après, hémiparésie gauche avec hypertonie. Réflexes rotuliens très vifs, plus vif à gauche. Trépidation épileptoïde plantaire très nette à gauche. Babinski net en extension à gauche. Pupilles égales ; réflexe lumineux conservé. Pas de troubles de la sensibilité.
3 mai. Crise épileptiforme à prédominance à gauche.
15 juin. Crise épileptiforme à prédominance à gauche. Réflexes rotuliens très vifs. Trépidation épileptoïde très nette à gauche; ébauche à droite. Babinski en extension à gauche. Pupilles égales; réflexe lumineux conservé. Parole embarrassée, pâteuse.
14 août. Embarras de la parole très marqué.
17 août. La marche est impossible sans aide. La malade marche le corps penché en avant, à petits pas; rétropulsion. Elle tendrait à tomber à gauche quand elle tourne.
PACS
26 août. Crises épileptiformes subintrantes. Mème état moteur. A la suite, agitée. Troubles d’articulation surtout marqués pour les labiales et les linguales.
24 octobre. Crises épileptiformes; convulsions ayant débuté à gauche, se sont généralisées.
19 février 1908. Examen oculaire. Très faible réflexe à la lumière. Commencement d’opacilication du cristallin. Nerf optique : artères assez grêles.
10 mars. Crises épileptiformes à prédominance gauche.
26 mars. Crises épileptiformes. La force paraît également diminuée des deux côtés aux membres supérieurs. Mêmes troubles de la marche, même état des réflexes. Dysarthrie très marquée.
20 mai. Crises épileptiformes. Même état moteur à la face qui n'est pas touchée et aux membres.
12 juillet. Crise épileptiforme côté droit, semi-coma. Tête légèrement déviée à droite; paupières fermées. Pupilles égales en myosis, réagissent à la lumière. La bouche, entr'ouverte, n’est pas déviée. Le bras droit soulevé ne retombe pas sur le plan du lit. Réflexes radiaux et fléchisseurs du bras droit vifs. Hypertonicité. Le bras gauche, soulevé, retombe inerte; on éprouve cependant une résistance nette quand on le remue. Réflectivilé vive, comme à droite. Membre inférieur droit : quelques mouvements volontaires. Légère résistance aux mouvements de flexion et d'extension. Réflexe patellaire vif. Pas de trépidation rotulienne ni plantaire. Babinski: le gros orteil reste immobile ; mouvements de flexion des autres orteils. Membre inférieur gauche : pas de mouvements spontanés, pas de résistance aux mouvements provoqués. Réflexe patellaire plus vif qu'à droite. Pas de trépidalion rotulienne ni plantaire. Babinski nettement en érection. Sensibilité obtuse, mais pas abolie. Pouls plein, régulier, tension paraît forte. Cœur: bruils sourds. Ronchus dans toute la poitrine.
A la fin de l'examen, il semble que l’hémiface gauche est moins plissée que la droite, que l’hémi-ouverture buccale gauche est plus ouverte que la droite.
41 juillet. Examen oculaire: Névrite optique double avec atrophie, les bords du disque papillaire sont nettement flous, la papille légèrement œdématiée et les artères notablement diminués de volume.
Réflexe photomoteur aboli des deux côtés.