LETTRES
28 juin. « On m'a donné apicailla... Je veux vous paticailler un HVORE
20 juillet. Parle tout le temps, continue son monologue malgré les questions posées ; mimique animée. « Qu'est-ce ? » (une montre). Continue à parler et regarde la montre. « Nom ? » «G... (exact). Langage paraphasique. Surdité physique et psychique ??
17 août. Marche penchée en avant; station debout, les yeux fermés possible. Quand la malade tourne, oscillations latérales nettes. Elève très peu le pied au-dessus du sol. Réflexe rotulien exagéré à gauche. Pas de trépidation épileptoïde.
27 décembre. A été agitée; a essayé la nuit de frapper la veilleuse. « Amabilla, papa, apapapépapa... Mesdames. Baillante, apa baïllen. »
12 mars 1908. Agitation nocturne. Jargonne.
28 mars. Maigrit; s’affaiblit.
16 avril. Congestion pulmonaire double. N’exécute pas les actes commandés. Jargonne.
8 juin. Au milieu d'un jargon absolument incompréhensible et continu : « Ba, ba, pa rita... ». La malade prononce et articule bien: QI y a pas à dire, ici c'est plein de mensonges; puis elle reprend son: ba... ba... pa ». La mimique n’esl pas complètement éteinte; le ton est tantôt exclamatif, tantôt interrogatif. N’exécute ni les actes commandés ni ceux qu’on lui ordonne par gestes.
48 juin. Spontanément au médecin : « Dis-moi d’où viens-tu ?... ba bi... pata... et comment va ta femme ». Redevient jargonaphasique.
20 juin. Au dire de l'infirmière, aurait, il y a trois jours, récité le Notre-Père sans se tromper. ;
15 juillet. « Ecoute, tu n’as pas vu papa... habailla. »
10 octobre. (En tendant la main, en patois) : «Adieu, pauvre drôle ». Puis continue en jargon.
15 novembre. Gâteuse par moments.
11 septembre 1909. Congestion pulmonaire double.
14% septembre. Décès.
Le dr ME Ogservarion XX VI
Résuiné. — Femme inconnue. Jargonaphasie. Pas de surdité verbale. Agita-
tion motrice. Monoparésie brachiale gauche. Albumo et cyto-diagnostic négatifs.
Inconnue E..., âge? Est entrée à l’Asile le 24 février 1906 et y est décédée le 2 mars 1909.
Certificat d'admission: Cette femme parle incessamment, sans suite dans les idées; parait avoir perdu le sentiment des lieux et des choses.
25 février 1906. « Comment vous appelez-vous? » La malade bredouille, emploie un jargon incompréhensible. On comprend cependant : « Je suis bête comme chou... cependant compris... oh! le misérable, l'assassin. oh!... mon Dieu... »
Examen somatique: Appareil respiratoire rien d’anormal. Appareil circulatoire : battements irréguliers, pas de souffle. Pouls irrégulier, radiales dures, sinueuses. Appareil digestif, génito-urinaire, glandes, rien de particulier. Urines normales.
Ponction lombaire (pratiquée le 40 mars 1906), pression 2, aspect légèrement teinté, albumo et cyto-diagnostic négatifs.
Pupilles égales réagissant à la lumière. Pas de tremblements. Pas de paralysie. Coordination et équilibre normaux. Sensibilité douloureuse existe. Réflexe patellaire vif. Pas de Babinski. Pas de trépidation épileptoïde.
27 février 1906. Tracassière, gâteuse. « Tirez la langue ? » Exécute.…. Et « monsieur... il mé monsieur. »
28 février. « Comment vous appelez-vous ? » « Oh! mon Dieu.. je ne sais pas.. Cette misérable... pre le pli, le pli... misérable... Je ne sais rien à présent ».
On lui présente un trousseau de clefs ? «Oh! oui, do... dui ». Une pièce de 5 francs? Bredouille; on entend à travers son bredouillement: {1 franc, une pièce de 10 centimes ? C'est hui... hui. Je suis
Monsieur, oui Monsieur. J'entends bien, mais Monsieur, oui Monsieur ».
Sort la langue et la montre comme si elle voulait indiquer qu'elle ne e] ï
peut être maitresse de sa langue,
ER 2 mars. « Homi, Monsieur.. J'ai pas vu... j'ai passé, et est. nos. té. oui Monsieur, cette nuit... comme Monsieur voudra. »
5 mars. Agitée.
Observation du docteur Anglade : Foyer présumé; lacune destructive ou atrophie seléreuse. Tous les centres sensoriels sont supposés atteints, bien qu'il soit impossible d'analyser chacune des modalités de l’aphasie sensorielle. Impossibilité de vérifier le champ visuel et de savoir si la zone visuelle est intacte.
10 mars. Ponction lombaire. Albumo et cyto-négatiis.
10 avril. Agitée après période de calme. Jargonaphasie, négativisme. Coordination et équilibre normaux.
9 mai. Agitée, se frappe violemment la tête, fait des gestes désordonnés, sans signification, rit béatement les mains jointes : « Dada... le. lélé.…. »
4 juillet. Garde irrégulièrement le lit, prononce mots incompréhensibles.
5 décembre. Monoparésie brachiale gauche; commencement de contracture douloureuse. Marche normale. Réflexes rotuliens égaux et vifs. Pas de Babinski.
6 janvier 1907. « Bonjour Madame? » « Bonjour Monsieur. »
15 février. Agité, bruyante.
19 juin. Rire bruyant, se frappe la tête; mots incompréhensibles, s’alimente bien, gâteuse.
3 août. Parole incompréhensible: «Heu.. heu.. heu..»; puis bredouillement. N’accomplit pas les actes commandés. Pas de troubles de la marche ni de l'équilibre. Réflexes rotuliens vits; Babinski? Toujours monoplégie brachiale gauche avec contractures.
25 mars 1908. Agitée, rejette ses couvertures, ne répond pas aux questions; bredouille toujours la même onomatopée: « Ah! ben... ben... ah! ben... ben... ah! ben, ben... »
17 juin. On lui donne plusieurs ordres; reste d’une absolue indifférence. Elle entend cependant... pousse continuellement une sorte de gémissement inarliculé. L'hémiface gauche parait plus affaissée que la droite. Il parait exister un léger degré de ptosis. Pupilles? Réflexes ? La malade ferme les yeux avec force. Le peaucier gauche se contracte moins fortement que le droit. Membre supérieur gauche demi fléchi,
-1 LYS + ba
Éric pas de contracture véritable. Hypertonicité musculaire. Réflexes impossibles à rechercher, la malade se contracte. A la main les doigts sont recroquevillés sous la paume, on ne peut arriver à les étendre; il parait exister contracture. Membres inférieurs en état de contraction permanente. La réflectivité tendineuse paraît vive. Pas de trépidation épileptoïde (recherchée dans un moment de relâchement musculaire).
9 juillet. Diarrhée. Mème état moteur. Eschare sacrée.
A1 décembre. Rien au point de vue somatique. De temps en temps périodes d’agitation ; pousse des grognements, se découvre, cherche à sortir de son lit, déchire, mange le linge, la paille. Hypertonicité généralisée.
4 janvier 1909. Tombée la nuit de son lit. Fortes ecchymoses au niveau de la face interne du bras gauche et de la paroi externe de la cage thoracique du même côté. Pas de fracture de côte.
25 janvier. Eschare au niveau de la région postéro-externe du thorax à droite.
22 février. Poussée d'apparence furonculeuse au niveau de l’hémithorax droit, laissant après leur ouverture des eschares.
Décès le 22 mars 1909.
OgservarTion XX VII
Résumé. — Femme, soixante-trois ans. Paraphasie. Jargonaphasie. Surdité verbale incomplète. Apraxie. Agitation motrice.
Anne G..., femme B..., soixante-trois ans, est entrée à l’Asile de Château-Picon le 15 septembre 1909 et y est décédée le 8 mars 1910.
Antécédents héréditaires : Père mort d’apoplexie; mère morte à quatre-vingt un ans, de paralysie. Un frère, une sœur morts; une sœur déséquilibrée. Quatre enfants : trois morts en naissant; une fille bien portante.
Antécédents personnels et histoire de la maladie : Mal réglée; n’aurait jamais été malade. Il y a deux ans, à la suite de chagrins de famille, aurait eu des idées noires. Il y a deux mois, s’agite et brusquement, un matin, prend les mots les uns pour les autres. Pas de convul-
sions, pas d’atlaques, pas de paralysie. Cependant il y a quelques mois
Authier 6
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aurait été faible des membres droits, la bouche déviée, la parole difficile. On disait autour d'elle qu'elle allait avoir une attaque.
16 septembre 1909. « Nom ?» «Madame Ber..., Madame Bre..…, ma fille travaillait pour Madame Bail... par ce qu’elle avait des bailleries ». Flux de paroles. « Jour? » « Voyez quel jour qu’elle était... ». «Donnez-moi la main?» Prend la main. «Tirez la langue? » Exécute. « Savez-vous écrire ? » (Non ». «Age ? » «J'ai soixante à soixante-dixsept ans. »
«Depuis quand ici ? » Il y aurait bien une quinzaine d'années ». On lui montre divers objets, ne les regarde pas; parait aveugle, dit : « Ce sont des rapirantes». «5 et 5?» «Je ne sais pas ». Flux de paroles, jargonaphasie.
Examen somatique : Souffle cardiaque à la pointe au premier temps. Cécité ou acuité visuelle très affaiblie. Pas de troubles de la motilité oculaire; les pupilles, égales, ne se contractent pas. Sensibilité tactile existe; perception tactile stéréognostique : ne reconnaît pas les objets. Marche les bras tendus et écartés, les jambes écartées comme une aveugle; détache bien la plante. Réflexes patellaires normaux et égaux.
Certificat de vingt-quatre heures : Agitation, bavardage incessant, incohérence et jargonaphasie; un certain degré de surdité verbale, d'apraxie, de l'abolition du sens stéréognostique. IL existe de la diminution de l’acuité visuelle. Difficile de mesurer exactement le fonds intellectuel qui parait sérieusement affaibli.
22 septembre. Tracassière; continuellement en mouvement; gâteuse. « Comment ça va ? » &« Ah! je ne le sais pas bien comment ça va ». « De quel pays ? » « C'est drôle que je ne me rappelle pas, mais je compris tout... Je deviens idiote. »
28 septembre. «II me semble qu’il y a beaucoup de letation, qu'il y a beaucoup d’escone ». «Donnez-moi la main ? » N'’esquisse pas le geste. «Oui, Monsieur, c’est du bénéré. »
8 octobre. Tentative d'écriture; griffonnage. On lui fait écrire en lui tenant la main le commencement de son nom : «(Ber...». « Qu’avezvous écrit? » « Ah ! oui, il faut aller derrière ». Tient le porte-plume, seule, entre le pelit doigt et les autres doigts. Récite sans faute. : Notre Père.
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23-novembre. « Bonjour, Madame ? » « Comment... cela on le fait colié, vous vouliez loutié; ça finissait encore permé le cernant». « Nom ? » « Ça pourrait bien être... celui-là n’est pas confé... ». « Quel âge ? » «Je demande comme les tous cé to...». «Tirez la langue? » «Ah ! oui, que voulez-vous, c’est drôle ». N’exécute pas. «Fermez les yeux ? » « Vous le feriez aller ». N’exécute pas. Excitation continuelle, jour et nuit; bavardage incessant avec jargon.
7 décembre. Même état d'excitalion avec logorrhée jargonaphasique. «Elle a clédri toutes ses ertudes ». «Nom?» «Je m'appelle Lucette; ma fille s'appelle Lucette. » ë
12 décembre. Examen oculaire. OEil gauche : Papille flou, diffuse, avec hémorragie rétinienne en bas et en dehors à 2 millimètres du bord optique, en flammèche. Peut-être légère névro-rétinite, mais ne suflit pas pour provoquer cécité complète. OEil droit : Pas d'atrophie blanche; papille un peu diffuse, mais plus nette qu’à gauche.
. 5 janvier 4910. S'affaiblit. « Bonjour ? » « Bonjour, Messieurs. »
8 février. « Comment allez-vous ?» «Eh ! mon Dieu, c'est toujours à peu près, et vous?» «Age?» «J'ai soixante, attendez à présent j'ai soixante-deux ans... voilà ce que je suis; je serai a poré avec elle ». « Où ici ? » «C’est alpol.. Je travaillais les champs et aujourd’hui me voilà (pleure). Si le bon Dieu me faisait la bonté de mourir... ». « Quelque chose à vous reprocher ? » «Mon Dieu... il y a beaucoup des Sarlac... des pays. »
95 février. Très affaiblie. Eschares sacrée et trochantérienne gauches. Purpura hémorragique jambe droite.
8 mars. Décès.
OBsEeRvATION XX VII :
Résumé. — Femme, soixante-huit ans. Démence sénile. Paraphasie. Pas de surdité ni de cécité verbales. Troubles de la marche.
Marie P..., soixante-huit ans, est entrée à l’Asile de Château-Picon le 7 août 1906 et y est décédée le 19 janvier 1910.
Certilicat d'entrée : Démence sénile avec paraphasie. Pas de renseignements sur les antécédents ni sur l’histoire de la maladie.
8 août 4906. « Bonjour, Madame ». Bonjour, Monsieur ». «(Comment