OBSERVATION XV
Résumé. — Femme, soixante-trois ans. Début il y a six mois. Ictus apoplectiforme il y a un mois et demi. Affaiblissement des facultés intellectuelles. Dépression. Crises épileptiformes. Hémiparésie gauche à caractère organique. Dysarthrie, Atrophie double du nerf optique. Troubles de la marche.
Autopsie. — Seulle cerveau a pu être examiné. À remarquer d’abord qu'il n’était porteur d'aucune lésion circonscrite. Ferme dans son ensemble. Deux régions étaient plus fermes et un peu déprimées, immédiatement et en arrière du pli courbe où la dépression a une coloralion jaune; dans la région motrice du côté droit.
Les signes macroscopiques que nous avons rencontrés sont les suivants :
Paralysie générale. — La dure-mère est souvent épaissie. Elle présente quelquefois de la pachyméningite plus ou moins marquée (Obs. VI, VIP.
Le liquide céphalo-rachidien est dans tous les cas abondant. Les ventricules latéraux sont dilatés. Quant aux granulations épendymaires, elles sont beaucoup plus fréquentes et plus marquées au niveau du IV* ventricule, où elles réalisent souvent l’aspect de langue de chat (Obs. IL, HT, VI, VID.
Le poids total de l’encéphale est toujours sensiblement inférieur au poids normal. Il est en moyenne de 1.110 grammes. La consistance est variable, molle (sans tenir compte de l’affaissement causé par la dilatation ventriculaire) (Obs. IV), parfois avec des ‘zones d’induration (Obs. Il, VII) ou bien ferme « en érection » (Obs. V, VIF, VII); dans ce dernier cas, l’atrophie d'ensemble, la sclérose sont plus marquées, se manifestant par une diminution de poids plus grande encore (1.100 grammes, 990 grammes, 1.080 grammes). La pie-mère est congestionnée, épaissie, opalescente le plus souvent le long des vaisseaux. Les adhérences méningo-corticales sont constantes. Elles sont plus ou moins intenses, mais ne semblent pas être prédominantes au niveau de la zone psycho-motrice. Dans un cas seule-
ment (Obs. IIT), elles étaient nettement plus marquées à la partie inférieure des circonvolutions ascendantes. Dans tous les autres cas, leur topographie était très irrégulière. Il faut cependant noter que cette symphyse méningo-corticale semble assez fréquemment épargner le lobe occipital (Obs. [, VI). Le signe de Baïllarger est constant aussi. Dans quelques cas, il se réalise spontanément et l’on enlève en même temps que la méninge la substance grise sous-jacente (Obs. IT, IT, VII).
À l'examen et au toucher, l'écorce ne présente de lésions au niveau de la zone psycho-motrice que dans un cas (Obs Il). Les deux circonvolutions ascendantes sont très fermes à gauche; elles ont un aspect festonné. Nous pourrions dire déjà que cette lésion de sclérose, palpable macroscopiquement, est en rapport avec une prédominance épileptiforme plus marquée à droite chez la malade dont il s’agit.
De plus, le cerveau de la malade de l’Observation VIIL présentait une induration manifeste de la deuxième circonvolulion temporale gauche, probablement en rapport avec les troubles aphasiques qu’elle avait manifestés. Nous y reviendrons dans le paragraphe suivant.
A la coupe, la substance grise de l'écorce et des noyaux centraux est d’une coloration foncée, tranchant sur celle de la substance blanche. On ne rencontre pas de grosses lésions vasculaires, lacunes ou ramollissements. Seulement quelques dilatations vasculaires (Obs. IV), un piqueté hémorragique de la substance blanche (Obs. V), une lacune de la grosseur d’une lentille dans le noyau lenticulaire (Obs. IV), une petite dépression jaunâtre au niveau de la tête du noyau caudé (Obs. VI).
Nous neretiendrons des constatations faites au niveau des autres parties de l'axe cérébro-spinal qu’une dégénérescence systématisée du faisceau pyramidal de la malade de l'Observation VII correspondant au côté gauche du corps. Nous y reviendrons d’ailleurs plus loin.
Enfin dans un cas (Obs. VIID, une méningite aiguë streptococcique s'était surajoutée à la méningite chronique de la paralysie générale. Elle était probablement due à une infection partie des eschares.
Sénilité. — Le crâne est souvent diminué d'épaisseur par résorption du diploé; il est cassant. La dure-mère est souvent adhérente à la calotte le long de la scissure interpariétale. Les artères cérébrales de la base sont fréquemment athéromateuses (Obs. IX, XI, XII).
Le poids total de l’encéphale est en moyenne sensiblement inférieur au poids normal, comme dans la paralysie générale.
Le liquide céphalo-rachidien est quelquefois abondant et les ventricules sont dilatés (Obs. XI, XIII). Les granulations épendymaires peuvent exister prédominant au niveau du IV° ventricule (Obs. XD). Ces caractères étant moins fréquents et moins marqués que dans la paralysie générale.
La pie-mère ne présente dans aucune des observations d'épaississement et de congestion nette. Mais surtout elle n'est pas adhérente.
A la coupe, on rencontre de petites lacunes, des ramollissements plus ou moins volumineux de sièges divers, aucune de ces lésions n’intéressant la région motrice.
Deux cerveaux ne présentaient aucune lésion macroscopique (Obs. XII, XV).
Il faut retenir la présence de petites lacunes dans la protubérance et peut-être dans le bulbe d’une malade (Obs. XII) qui avait présenté des tremblements et des troubles oculo-pupillaires sur lesquels nous reviendrons.
Enfin on rencontrait chez la malade de l'Observation XI un foyer hémorragique récent au niveau de la circonvolution de Broca. Malheureusement, elle n'avait pu être examinée au point de vue du langage dans les derniers jours de sa vie, parce qu’elle était semi-comateuse et qu’elle succomba dans un véritable état de mal.
Quant aux deux malades qui avaient fait de l'hémiplégie avec contracture : La paralytique générale (Obs. XIV) ne présentait au niveau de son cerveau aucune lésion circonscrite. Sa moelle laissait voir, quelques jours après la fixation au Müller, une dégénérescence systémalisée du faisceau pyramidal.
La sénile (Obs. XV), avait un cerveau indemne aussi. La moelle n'avait pu ètre examinée.
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Enfin la paralytique générale de l'Observation VIII présentait au niveau de sa moelle une dégénérescence systématisée du faisceau pyramidal correspondant au côté gauche du corps, sans lésion circonscrite cérébrale.
En résumé, la méningite semble être le seul signe constant qui différencie la méningo-encéphalite de la sénilité. Il faut noter aussi la fréquence bien plus grande des lacunes et des ramollissements dans la seconde affection.
Mais, pouvant expliquer la prédominance symptomatique convulsivante, nous ne trouvons aucun signe macroscopique constant. Une fois seulement les adhérences méningo-corticales élaient plus marquées à la partie inférieure des circonvolulions psycho-motrices ; et dans un seul cas aussi on pouvait sentir ou toucher une zone de sclérose au niveau de la zone motrice.
FORME APHASIQUE
OBsEeRvATION X VI
Résumé. - Femme, quarante ans. Début il y a trois ans; alternatives d’excitation et de dépression. Affaiblissement de la mémoire. Indifférence. Jargonaphasie. Pas de surdité verbale. Troubles moteurs d’articulation phonétique. Troubles de la réflectivité pupillaire et tendineuse (rotulien aboli). Albumo et cyto-diagnostic positifs. Paralysie générale. Mort par ictus.
Autopsie. — Dure-mère, pas de traces de pachyméningite. Pie-mère opalescente partout. Pas de méningite aiguë basilaire. Pie-mère très adhérente; décortication impossible. |
Cerveau: poids, 1.150 grammes. Consistance remarquablement ferme et élastique. On dirait un bloc de caoutchouc. Ventricules latéraux dilatés et granuleux dans les deux hémisphères: de même, le troisième ventricule.
Hémisphère droit : A la coupe, amincissement très net de la couche grise. Défaut de cohésion entre la substance grise et la substance blanche. Dans le lobe occipital seul, la pie-mère est facile à décortiquer.
Hémisphère gauche : Première circonvolution temporale ratatinée,
mais non plus dure. Circonvolutions motrices très fermes. A la coupe,
atrophie très nette de la substance grise ‘des circonvolutions temporales. Pas de lésions en foyer. Glande pinéale volumineuse et lacunaire.
Cervelet : Hémisphère gauche plus atrophié que le droit, surtout à sa face inférieure. Pas de méningite très apparente. Pas de lésion circonscrite, saui prédominance à la face inférieure de la sclérose foliolaire. Quatrième ventricule : Langue de chat. Protubérance très ferme,
olives très dures.
Moelle conservée dans le Müller. »
OgservaTiON XVII Résumé. — Femme cinquante-six ans. Paralysie générale conjugale. Jar-
gonaphasie. Pas de surdité verbale. Agitation motrice. Tremblement intentionnel des membres supérieurs. Ponctions lombaires : albumo et cytodiagnostic positifs. Réaction de Wassermann positive.
Autopsie. — Crâne très dur. Liquide céphalo-rachidien très abondant. Pie-mère très opalescente; adhérences méningo-corticales très nettes. Poids, 4.080 grammes. Ventricules très dilatés, pas granuleux.
Hémisphère droit: Circonvolutions très ratatinées, laissant entre elles de vastes espaces. Pas de foyers de ramollissement cortical. Pas de lacunes à la coupe.
Hémisphère gauche : Foyer de ramollissement jaune intéressant les deux tiers postérieurs des deux premières circonvolutions temporales, allant jusqu'au pli courbe.
Cervelet : 140 grammes ; pie-mère opalescente ; quatrième ventricule granuleux. Protnbérance ferme, pas lacunaire.
Moelle non prélevée.
Ogservarion XVIIT (Pas d’autopsie).
OBsERvATION XIX
Résumé — Femme, quarante-quatre ans. Paralysie générale. Jargonaphasie. Pas de surdité verbale. Agitation motrice. Réflexe patellaire aboli. Albumo et cyto-diagnostic positifs.
Aultopsie. — Crâne cassant. Dure-mère un peu épaisse. Très légères fausses membranes. Liquide céphalo-rachidien très abondant. Pie-mère