‹ Des premières transformations historiques du christianismeChapitre 21 sur 22 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Si on examine attentivement tontes les querelles, tontes les persécutions, tons les massacres religienx qui suivirent la conversion de Constantin, on verra qne toutes ces choses si affligeantes ont pris naissance dans les efforts de quelques hommes pon.r don.

ner à la religion nonvelle une forme dogmatique.

(Bbnjàmin Constant, De la Ràigion, 1. C. 2, n* 18.)

Dès le commencement du iy* siècle, le Christianisme était devenu, dans le monde social et politique, une puissance, moins encore par sa propagation rapide et le nombre toujours plus considérable de ses adhérents, que par cette force entraînante qui appartient naturellement à toute vérité pour laquelle Tesprit humain est mûr. On avait vu successivement des empereurs et des Césars s'appuyer, les uns sur le polythéisme encore debout, les autres sur la religion nouvelle qui remplissait le monde de ses sectateurs. A diverses reprises, sous Commode, sous Héliogabale, sous Alexandre Sévère, le Christianisme avait eu à la cour quelque faveur et quelque vogue. Un césar, Constance Chlore, esprit éclectique et pru-

dent, s*étaît souvent montré favorable aux Chrétiens sans cependant se joindre à eux. Constantin son fils, fut grand par Tambition et se ^montra habile politique. Il s'aida des Chrétiens pour se débarrasser des princes qui partageaient avec lui l'empire du monde ; mais s'il réussit dans cette œuvre d'unification intéressée, ce fut surtout par des guerres heureuses et une longue série d'assassinats domestiques.

Devenu chrétien et seul empereur, cet homme qui resta toute sa vie Souverain Pontife des païens, et qui n'avait pas même reçu le baptême, voulut être et fut le chef de l'Église, le véritable pape ; il se déclara Vévêque des chones du dehors, mais jamais pape ne régla plus directement les choses du dedans, et ne décida avec plus de hardiesse et d'autorité les questions intérieures et même les débats dogmatiques. 11 remplit toutes les fonctions d'un pape, il institua et déposa des évêques, il convoqua, présida et congédia des conciles, même œcuméniques. Il aimait à prêcher, et prononça souvent des sermons, soigneusement préparés. Orthodoxe longtemps, il finit par incliner fortement vers l'arianisme et quand il se fit baptiser, peu avant sa mort, ce fut par un évêque arien (1). Mais, orthodoxe ou non, cet adroit despote courba également sous la loi suprême de son bon plaisir l'Ëglise et le monde ; pour tous deux sa conversion eut d'heureux effets, mais pour tous deux aussi elle en eut de déplorables et ces derniers ont eu plus d'intensité et de durée que les premiers.

On se tromperait également si l'on niait la sincérité relative

(1) On différait ainsi le baptême parce qu'on attribuait à ce sacrement une efficacité matérielle et absolae ; on s'imaginait qu'un homme qui mourait sans avoir péché depuis son baptême, était de droit admis au bonheur céleste. Ce calcul puéril, qui prouve à quel point le christianisme s'était déjà matérialisé, n'était pas rare à cette éptf^e. On y renonça cependant, parce qu'à force de retarder leur baptême, bien des personnes moururent sans l'avoir reçu, et la peur de la damnation fit tomber le plus grand nombre, de cet extrême dans un extrême opposé, le baptême des nouveau-nés qui du reste était déjà assez fréquent.

yGooQle

4âB TRANSFORMATIONS DU CHRISTIANISME.

de sa conversion, ou si i*on croyait voir on lui un Chrétien de conscience et de cœur. Il crut à la vérité chrétienne comme à une réalité puissante, h m élément très considérable de succès et de domination. Le monde suivit son ei^empie ; depuis longtemps on s'était habitué à voir des empereurs, étrangers par leur naissance et venus de quelque province éloignée, mettre en vogua la divinité et le culte qu'ils préféraient. Leur cour et leurs sujets s'accommodaient volontiers de la religion du chef de l'Ëtat, surtout s'ils lui trouvaient un caractère de nouveauté toujours cher à ûf» hommes blasés. Quand l'empereur se déclara chrétien, une multitude de personnes trouvèrent tout simple de se convertir, sans peut-être y regarder de bien près* à un culte qui était celui du chef de l'Ëtat (1),

Tandis que le monde se soumettait sans répugnance et souvent avec un sincère enthousiasme religieux, l'Église crut triompher. Le clergé surtout fut comblé de faveurs. Constantin lui donna le droit de posséder a jus aquirmdi )>^ et l'enrichit bientôt des confiscations faites sur les juifs, les païens et les hérétiques. Il exempta les ministres chrétiens de la plupart des impôts et des corvées, ainsi que des charges municipales. De là résulta un étrange abus ; une foule de riches se firent prêtres pour être dispensés de payer ; aussi le produit des impôts et des corvées diminua ; l'empereur ni sut remédier à ce mal qu'en interdisant la prêtrise, par un décret souverainement arbitraire, à tout homme assez riche pour être V^cumn. A ces privilèges du clergé se joignirent bientôt l'exemption de la torture, du serment, du témoignage, et Tévêque détint le juge de toutes les causes considérées comme ecclésiastiques. Les conciles ne tardèrent pas à donner aux églises le droit d'asile qu'avaient possédé Jus* que-1^ les temples païens, U est facile de comprendre combien de pareilles prérogatives abaissèrent nécessairement le niveau religieux et moral du clergé.

(1) Montesquieu, Grandeur et déeadenee de» HovMmê, ch. XVI.

yGooQle

Cependant une amélioration considérable eut lieu dans les lois; le droit romain fut revisé au point de vue chrétien, tel qu'où le comprenait alors, et reçut des adoucissements considérables, dont profitèrent surtout les femmes, les enfants, les esclaves et les accusés. Les combats de gladiateurs furent défendus, et s'ils ne cessèrent pas immédiatement^ au moins les mœurs publiques devinrent de plus en plus contraires aux jeux barbares du cirque, dans lesquels la souffrance et la mort étaient Tamusement d'une multitude sanguinaire.

En même temps que la loi civjle s'adoucissait, elle devint rigoureuse contre tout ce quj n'était pas orthodoxe, les païens, les juifs et surtout les hérétiques. Cependant la peine de mort ne fut prononcée comme châtiment de l'hérésie, que par Théôdose, en 382, et ne fut appliquée pour la première fois qu'en 387 par Maxence à Priscillien, dont le nom devrait être hono/é comme celui du premier martyr de l'intolérance orthodoxe.

Cette détestable innovation, radicalement contraire à l'esprit même du Christianisme et qui est la plus monstrueuse des anomalies dans la religion fondée par le Christ crucifié, fut blâmée par quelques-uns des plus nobles chefs de l'Église, par quatre évoques illustres que Rome a canonisés, Martin de Tours, Ambroise, Augustin et Chrysostome, mais elle fut approuvée par deux autres saints qui représentent mieux le côté inexorable et inhumain de l'orthodoxie catholique, saint Jérôme et le pape saint Léon le Grand.

L'organisation politique de l'empire devint le modèle de celle de l'Ëglise; la plupart des divisions administratives de l'État furent appliquées h la chrétienté. Les évèques de Rome, de Constantinople^ d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem furent appelés patriarches et quelquefois exarques. Au«*dessûus d'eux se trouvaient placés des évêques métropolitains dopt la résidence était d'ordinaire le cheflieu de la province, ou d'autres fois quelque ville fameuse dans l'histoire du Christianisme, considérée par exemple comme ayant eu pour évèque un des apôtres. Rome ne do-

yGooQle

minait encore que sur les provinces dites mburbicaires; mais par le seul fait de rétablissement du siège de Tempire à Byzance, Constantin fit du patriarche de Rome, le personnage le plus important de la Ville éternelle. Or, le prestige de Rome était si grand, que Thomme qui était le premier dans la vieille capitale du monde devait trouver relativement facile d'établir ailleurs sa suprématie. Il ne faut pas oublier que rOrient avait quatre patriarches et TOccident un seul; toutes les fois que Tempire se divisa, le monde occidental se trouva avoir à sa tête un empereur pour le temporel et pour le spirituel un pape; au lieu/[ue TOrient avait quatre patriarches égaux et très inférieurs en importance au souverain. Le titre de pape, titre qui signifie père, était souvent donné aux évêques, et ne devint que graduellement le monopole de ceux de Rome.

Déjà Léon le Grand osa se dire évêque de toptes les Églises, comme successeur des apôtres Pierre et Paul, mais il ne faut pas croire que des prétentions pareilles fussent acceptées sans réclamation : les évêques de Milan, d'Aquilée, de Ravenne et surtout ceux d'Afrique protestèrent contre les prérogatives que s'attribuait le siège de Rome et se déclarèrent indépendants. Nous avons vu saint Cyprien défendre avec énergie les droits de Tépiscopat contre la papauté naissante. Un concile assemblé à Hippone décréta que Tévêque de Rome n'est nullement prince des prêtres et qu'il est seulement l'évêque du premier entre tous les sièges épiscopaux [episeopus primœ sedis), mais Léon le Grand obtint de Yalentinien III un édit qui déclara l'évêque de Rome chef des évêques d'Occident et leur juge suprême, mettant même, en cas de besoin, la police impériale à la disposition de l'évêque romain pour contraindre ses collègues d'Occident à comparaître devant lui. Léon échoua quand il voulut étendre ses pouvoirs à l'Orient où régnait un autre empereur et où siégeaient d'autres patriarches. Il échoua également quand il voulut faire annuler par le concile de Chalcédoine la suprématie que s'était attribuée le patriarche de Constantinople

yGooQle

LE CHRISTUNISMB DE CONSTANTIN. \hi

sur tout rorieot comme Léon lui-même Tavait fait sur Tempire occidental.

Ainsi grandit le pouvoir des papes, sans réussir jamais à devenir universel.

Il est impossible que le Christianisme déchût au point de devenir une religion d'État et de cour et de voir à la tête de son clergé des ambitieux, des hommes scandaleux par leur luxe et leur vie voluptueuse, sans qu'une réaction énergique protestât contre ces abus au nom de Taustérité chrétienne. Malheureusement, comme il arrive toujours, la réaction égala en exagération le désordre qu'elle condamnait. A la religion mondaine et impériale répondit la religion ennemie de la société, étrangère à la famille, la religion des moines.

Suivant l'exemple de Jean-Baptiste et d'innombrables solitaires qui n'ont jamais manqué aux religions orientales, un jeune homme riche d'Héraclée , nommé Antoine, donna tous ses biens aux pauvres et alla vivre au désert dans l'oisiveté et la macération. Poursuivi, comme la plupart des anachorètes, tantôt par des visions erotiques, tantôt par les vaines terreurs qu'engendre la solitude, il redoubla d'austérités sans parvenir à triompher de son imagination, ou comme il le disait très sincèrement, du diable. Il eut une foule d'admirateurs et d'imitateurs passionnés.

LaThébàidese peupla de solitaires; à diverses reprises, Antoine dut s'enfuir plus loin pour échapper à la foule qui le considérait comme un saint. Il fut vénéré et même consulté par Constantin et par ses flls, et, ce qui est plus étonnant peut-être, par l'orgueilleux patriarche d'Alexandrie, saint Athanase. Pacôme, Martin de Tours, Cassien, Benoît, créèrent des couvents et réglèrent la vie commune de leurs moines. Ainsi s'opéra dans le Christianisme une des plus funestes dégénérescences qu'il ait subies. L'idéal de la sainteté chrétienne

yGooQle

14) TRANSFORMATIONS DU OHEIfilTIANISME.

recula de Jésus^Cbrist à Jean- Baptiste et au prophète Elle, le solitaire du Carmel, le prétendu fondateur des Carmes et des Carmélites. Une tendance malsaine et monacale, propagée par une multitude d'anachorètes et de cénobites, ne cessa de se répandre des ermitages et des couvents dans TÉglise et dans le monde. On érigea en vertus des abstinences inuiiies ou même nuisibles aux mœurs. La solitude fut supposée plus sainte que la famille; Toisiveté, si douce sous le soleil d'Afrique, parut plus méritoire que le travail, le célibat, plus $acré que Tabnégation du père et de la mère pour leur» enfants; la préoccupation égoïste du salut individuel remplaça Tactive charité dont Jésus avait donné l'exemple en vivant, en mourant au milieu des hommes et pour eux* Dès lors, il y eut au sein même du christianisme, deux morales différentes* Un vrai chrétien, père de famille, membre dévoué et utile à la société, une mère pieuse et sans reproche, ne furent plus que des types inférieurs de moralité et de sainteté ; tandis que le moine, la vierge consacrée, usurpaient le premier rang.

Il n'existe guère d'institution humaine dont il soit juste de ne dire que du mal, La plus détestable de toutes, l'esclavage, fut un progrès quand elle «^établit : évidemment il était plus humain de réduire en captivité les prisonniers que de les égorger. Nous ne nierons pas que les ordres monastiques n'aient été utiles dans certaines époques à demi barbares; quelques-unes de ces corporations ont rendu de véritables services, soit comme associations charitables, ou plus rarement comme compagnies savantes ; il y a dans l'histoire ecclésiastique quelques magnifiques figures de moines, et plusieurs créateurs ou réformateurs d'ordres ont été de grands hommes. Mais jamais ni un ordre, ni un couvent, ni un moine, ni tous réunis n'ont fait autant de bien que l'existence seule du monachisme a fait de mal au genre humain. C'est une immense erreur et une dangereuse faiblesse que de se laisser aveugler, par les actes de charité de telle ou telle congrégation d'hommes ou dé femmes, sur le mal énorme

yGooQle

LB5 CHRISTIANISME DE CONSTAN'TÏN. m

une font à TÉglise et au monde la discipline de convent et l'esprit monacal (I).

L'influence de cet esprit sur ^Église fut très considérable. Le célibat fut bientôt en grand honneur; les prêtres mariés se virent moins respectés que les moines, et se plièrent peu à peu à cette loi qui devint pour TÉglise la source d'une multitude d'erreurs et de désordres. Le concile de Nicée fut sur le point d'interdire le mariage au clergé; ce fut un vieux moine nommé Paphnuce qui retint ses collègues sur la pente fatale de l'ascétisme; Texpérience de la vie et le sens chrétien furent assez forts chez lui, pour empêcher cette résolution fatale; mais il ne ^i que la retarder. La loi du célibat ecclésiastique fut publiée pour la première fuis en 386, et tarda longtemps à se généraliser en Occident; elle n'y parvint jamais en Orient. Mais déjà le clergé chrétien était devenu une armée active, disciplinée, commandée par des chefs aussi habites qu'ambitieux ; or, Tintérêt des maîtres de toute milice sera toujours de soustraire leurs soldats à l'esprit de famille et aux devoirs de la vie civile pour s'en faire des instruments dociles et absolument dévoués; aussi la papauté réussit, après une lutte prolongée, à interdire le mariage aux prêtres. Elle avait raison, car du jour où les ministres du culte catholique seraient devenus des pères de famille, des citoyens liés à la société, à la patrie, soit par leur propre mariage, soit par les nécessités de la carrière de leurs enfants, Tabsolutisme romain aurait cessé d'être.

La question était fort grave, car le clergé grandissait rapidement en nombre et en influence. Dès Tan 251, d'après

(1) C'est assez dire qu'à nos yeux l'introduction d'institutions analogues au sein du protestantisme est une déchéance humiliante et funeste. Le vieil esprit huguenot n^y eût jamais consenti, et cet esprît-Ià avait du bon. D'ailleurs les écoles laïques de gardes-malades, et Tœuvre sublime de Mademoiselle Florence Nightingale, démontrent pleinement qu'à s'enrégimenter dans les rangs d'une corporation monacale on ne gagne rien pour la bienfaisance véri-» table, tout en perdant beaucoup pour la religion et la société.

yGoOQle

une lettre de Tévêque de Rome, Corneille, citée par Eusèbe, TÉglise de Rome était desservie par quarante-six prêtres et assistait au moins quinze cents indigents. Sous Constantin, ces chiffres déjà élevés s'accrurent à Texcès.

Au moment où les païens commencèrent à se convertir, TÉglise, qui, sous Tinspiration de saint Pierre, avait faibli devant les exigences de Tesprit judaïque, céda de même, nous Tavons vu, à la pression des habitudes païennes. Ainsi s'était constitué, au grand détriment du spiritualisme chrétien et de la liberté évangélique tant préconisée par saint Paul, ce christianisme romain qui devint par degrés le catholicisme. Il est facile de comprendre que ce mouvement ait été plus puissamment accru et accéléré par la conversion de Tempereur et de Tempire et par la chute du Christianisme au rang de religion de PÉtat. Nous signalerons rapidement les principales évolutions de ce triste progrès.

Le culte des saints prit une extension rapide à mesoie que la persécution multiplia les martyrs et que chaque ville, chaque localité, grande ou petite, remplaça par un patron chrétien le dieu tutélaire d'autrefois. Un historien ecclésiastique, Tévêque de Césaréc, Eusèbe, croit justifler le culte des saints en citant un philosophe païen , Platon, et, ce qui est plus curieux encore un poète, l'auteur même de la Théogonie, Hésiode. Les prières que l'Église adressait encore à Dieu pour les saints tombèrent en désuétude et ne restèrent en usage que chez quelques sectes hérétiques (1). L'anniver-

(1) On sait cependant que^ par oabll, TÉglise romaine laissa dans le canon de la Messe, une prière qui en fait encore partie, mais qai ne se concilie pas avec la doctrine plus récente du purgatoire, et où Ton implore pour les saints un salut qui, selon le dogme cathoque, étant plus que certain, ne doit jamais être demandé. En ré&lité) cette prière est un dernier écho du vieux dogme juif da

yGooQle

saire du supplice des martyrs devint un jour de fête; la vénération due à ceux qui avaient donné leur vie pour la religion accrédita de plus en plus les reliques. Nous avons rappelé à cet égard les superstitions païennes; elles furent dépassées, et le culte des Chrétiens pour les cendres des martyrs renchérit sur celui des gentils pour les héros et les empereurs placés au rang des dieux. Cette superstition des disciples du Christ leur valut des idolâtres le surnom dénigrant de Cinéraires,

Au quatrième siècle, les images sacrées eurent aussi une vogue croissante. On considéra la peinture comme un moyen d'enseignement ; pour populariser TAncien et le Nouveau Testament parmi les nouveaux Chrétiens, on en représenta les principaux événements et les grands personnages sur les voûtes et les murs des temples, soit par des peintures à l'encaustique, soit par des mosaïques. Quand Tart tomba en déca. dence, ses derniers efforts, de plus en plus roides et maladroits, furent employés à décorer ainsi les églises, surtout en Orient. L'architecture et la peinture byzantines se perpétuèrent pendant le moyen âge, jusqu'au moment où la prise de Constantinople obligea les maîtres mosaïstes, peintres et architectes, à se réfugier en Grèce et en Italie, où ils formèrent une école sans originalité qui servit de point de départ à l'art chrétien du moyen âge occidental et de la Renaissance. La sculpture s'introduisit dans le culte beaucoup plus tard que la peinture parce qu'elle est interdite par le Décalogue en termes exprès et que les dix commandements, comme toute la loi mosaïque, étaient imposés littéralement par l'orthodoxie aux Chrétiens comme aux Juifs. Il ne faut pas croire que la peinture elle-même ait été accueillie dans l'Église sans protestations. Eusèbe refusa une image à la sœur de Constantin ; un autre évêque célèbre, Épiphane, déchira une toile sur laquelle on avait peint la figure d'un saint.

Cheol ou sommeil des àiLes. — {Canon Missœ apud. Gab. BieU page 78). Cet arlicle du Canon donna lieu à de grands débats entre le cardinal da Perron, le pasteur du Moulin et autres.

Page 1