‹ Des premières transformations historiques du christianismeChapitre 3 sur 22 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

vagante rappelle les Mille et une Nuits. Le premier concurrent avait écrit : Rien n'est plus fort que le vin. Le second s'était laissé entraîner à la flatterie : Le roi, avait>-il dit, est plus fort que toute chose au monde. Enfin, le troisième et dernier avait donné une double réponse. D'abord, comme s'il eût voulu continuer le jeu sur le même ton que ses confrères, il avait déclaré que ce gu'il y a de plus fort au monde, ce sont les femmes. Mais,s'élevant ensuite à un ordre d'idées beaucoup plus sérieux, il avait ajouté : Ce qui a toujours la victoire sur toutes choses j c'est la vérité.

Avant de décerner le prix, le roi ordonna aux trois compétiteurs d'exposer leur opinion et de la défendre devant lui, au milieu d'une vaste assemblée de la cour et du peuple.

L'auteur du conte place ici quatre discours, écrits avec une verve satirique fort piquante, et beaucoup trop hardis pour avoir été prononcés devant le souverain de l'empire d'Asie. Le style à la fois mordant et léger des trois premiers plaidoyers contraste avec la gravité sobre et élevée du quatrième.

« La vérité est grande et plus forte que toute autre chose. Toute la terre proclame la vérité; le ciel même la bénit. Toutes choses tremblent devant elle et la craignent. Il n'y a rien d'injuste en elle. La vérité demeure, elle est forte et puissante éternellement; elle vit et règne aux siècles des siècles. Il n'y a point en elle d'acception de personnes, ni d'inégalité; elle fait toutes choses justement et s'abstient de toute injustice et de toute malveillance. Tous approuvent ses œuvres. Elle est la force, le règne, la puissance et la majesté dans tous les siècles. Béni soit le Dieu de vérité! »

Ces nobles pensées sont applaudies avec enthousiasme par le peuple, les grands et le roi, et c'est alors que la foule s'écrie avec transport : La vérité est grande, elle prévaudra! On peut se demander si c'est à dessein que l'ingénieux écrivain a fait proclamer cette admirable sentence, non par le prince ou les courtisans» mais par la voix populaire.

Inutile de dire que le champion de la vérité est couronné par le roi Darius, aux acclamations de tous. Ce qui est plus étrange, c'est que ce vainqueur» cet homme

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