USITÉS EN MÉDECINE
Introduction.
L’importance de la question qui forme le sujet de cette thèse est considérable, tant au point de vue chimique que pharmaceutique. En effet, la chimie du mercure présente, ainsi qu’on le verra plus loin, des faits exceptionnels et remarquables : la densité de vapeur de ce corps, le dimorphisme de la plupart de ses dérivés, leur union avec l’ammoniaque, et surtout la propriété que possèdent ses composés binaires d’entrer, pour plusieurs équivalents, dans les combinaisons salines mercurielles; toutes ces particularités donnent à l’histoire de ce métal un attrait peu ordinaire.
D'un autre côté, l’étude constante qu’on a faite de son action physiologique et des modifications qu’il imprime à l’organisme, lorsque celui-ci est placé dans certaines conditions pathologiques; le rôle considérable qu’il a joué, surtout comme médicament spécial, vis-à-vis des maladies syphilitiques, le font regarder comme un des agents thérapeutiques les plus puissants que la nature ait mis à notre disposition. De là les formes pharmaceutiques si variées sous lesquelles nous le verrons se produire.
En présence de tant d’éléments divers, le plan de ce travail sera cependant des plus simples. Je prendrai un à un les composés mercuriaux qui ont été ou qui sont usités' en médecine ; je les étudierai au point de vue chimique et dans leurs applications à la pharmacie. Lorsque le sujet le comportera, je discuterai les faits douteux, ou qui seront susceptibles d’interprétations opposées. L’histoire des sciences étant le flambeau qui éclaire la marche de leurs progrès, je ne négligerai pas, autant qu’il .sera en mon pouvoir, d’établir l’his-
torique des corps dont j’aurai à m’occuper, Enfin, mon travail une fois achevé, je m’efforcerai d’en déduire les quelques généralités qui pourront en découler.
L’énorme développement que ce sujet était susceptible de recevoir me laisse peu de chances d’être complet : bien des points intéressants auraient mérité une plus ample discussion que celle qu’ils ont fait naître ici; mais tout m’imposait des limites !|
Quoiqu’il en soit de la faiblesse de l’œuvre, je m’estimerais heureux si, aux yeux de ceux qui auront à méjuger, la bonne volonté pouvait tenir lieu de talent.