‹ Des préparations mercuriellesChapitre 4 sur 17 · EMPLATRE MERCURIEL UE VIGO · texte numérisé non relu

EMPLATRE MERCURIEL UE VIGO

Si l’emplâtre de Vigo, cum mercurio, n’a pas éprouvé les mêmes vicissi-

tildes que l’onguent napolitain, il faut observer cependant que la formule de l’inventeur a été considérablement modifiée avant d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Vcmplûlrc de grenouilles dont Jean de Vigo nous a laissé la composition est certainement un des beaux exemples de cette pharmaceutique, étrange dont nous ne sommes pas encore totalement délivrés. Remèdes répugnants, indigestes, inefficaces, absurdes, ayant toutes les qualités négatives possibles : tel était l’arsenal thérapeutique à l’usage de nos aïeux et dont quelques lambeaux ont échappé au fouet satirique de Molière pour arriver jusqu’à nous.

Voici la formule originale, telle qu’elle est extraite du 5“ livre de chirurgie, chap. II, de Jean de Vigo (207) :

% Vint odoriferi.

Lithargyri auri...

Adipis suilli.

— vitulini...

Hydrargyri.

llanas viventes....

Lumbricorum vino

Adipis viperæ.

Terebenthinæ claro Succoruiii Rad. El et enulæ campan

Cette formule se retrouve intacte dans la plupart des publications qui suivirent celle-ci. Il faut arriver jusqu’à Lemery pour constater l’addition du safran à toutes les matières précédentes (547).

J’aurais été curieux de poursuivre les transformations que ce médicament subit plus tard dans sa composition et de voir comment on parvint à en éliminer grenouilles, lombrics, graisse de vipère, etc., pour arriver enfin à l’emplâtre de Vigo tel qu’il est aujourd’hui. N’en ayant pas le temps, voici la formule du Codex de 1807 •

Ib ij ib j

. giiÿ

. n° vj

lotorum. § iij fi

. g ij O

)uli

Oleorura chamœmelini... '

— anethini. |

— llliacei. I

— de spica.

Oleorum laurini. )

Styracis calamitæ..., j

Thuris.

Euphorbii.

Schænanthi.

Matricariæ.

Stæchados arabicæ..,

Ceræ citrinæ potius quam albæ..,

Ad formandum emplastruni.

Mj

Emplâtre simple.

Cire jaune.

, Poix-résine purifiée.

Gomme-résine ammoniaque.

Bdellium.

Oliban.

Myrrhe.

Poudre de safran.

Mercure.

Térébenthine.

Styrax liquide purifié....

Huile volatile de lavande.

« Réduisez en poudre les gommes-résines et le safran ; d’autre part, triturez le mercure avec le styrax et la térébenthine, dans un mortier de fer jusqu’à ce qu’il soit complètement éteint. Faites liquéfier l’emplâtre simple avec la cire et la résine de pin ; ajoutez-y les poudres et l’huile volatile, et quand l’emplâtre sera déjà refroidi, mais cependant encore liquide, ajoutez-y le mélange mercuriel que vous incorporerez par l’agitation » (182).

Dans le but de faciliter l’introduction du mercure dans la masse emplastique, Soubeii an recommande d’éteindre ce métal dans de l'axonge exposée à l’air pendant quelque temps (6/i7). C’est la môme pensée qui a dirigé M. E. Mouchon lorsqu’il a conseillé l’addition de l’onguent mercuriel à la place du mercure dans l’emplâtre de Vigo (518). Déjà, en 1809 , Wahren avait proposé de substituer au métal l’oxyde noir de mercure (3/i9).

L’emplâtre de Vigo se conserve en magdaléons. 11 est employé comme résolutif en écussons et sous forme de sparadrap. Lorsqu’il contient la quantité voulue de mercure, il s’enfonce dans un acide sulfurique marquant (Guibourt) (169).

Page 1