‹ Des préparations mercuriellesChapitre 6 sur 17 · SULFATES DE MERCURE · texte numérisé non relu

SULFATES DE MERCURE

On connaît trois sulfates de mercure, dont un de protoxyde et deux de bioxyde. Us sont anhydres. L’un d’eux, le turbith minéral, est connu depuis longtemps. Ces sels ont été examinés autrefois par Kunckel, Rouelle aîné (560), Bayen, Monnet, Baumé, Lavoisier en 1777 (219). Fourcroy surtout a fait ressortir les différences qu’ils ollVent entre eux (3). Plus tard, M. Rane en a fait l’analyse (633), et M. Lefort a étudié leur préparation (640).

SULFATE DE PHOTOXYDE DE MERCURE Ilg'O, SO^

Sulfate mercureux. Prolosulfalc de mercure. — Ce sel est solide, blanc, pulvérulent ou légèrement cristallin, peu sapide, sans action sur le tournesol. La chaleur le fait entrer en fusion vers 3oo°, puis le décompose au rouge en acide sulfureux, oxygène et mercure. La lumière le noircit. L’eau froide n’en dissout que i/5oo de son poids; à, l’ébullition, elle en prend i/3oo. Contrairement h l’opinion générale, M. Lefort prétend que ce liquide le décompose

peu ù peu eu le jaunissant légèrement (640). Le sulfate inercureux est insoluble dans l’acide sulfurique. Les alcalis le noircissent. Chauffé avec le sel marin, il donne du calomel.

Composition: Oxyde de mercure. S.'î.S; so8 = Hg-0

Acide sulfurique. i6,i3 Zio = SO®

Préparation ,—On l’obtient par plusieurs moyens :

On faitchaulïer sans porter à l’ébullition 2 parties de mercure avec 1 partie d’acide sulfurique étendu d’un peu d’eau : il y a dégagement d’acide sulfureux. Quand le mercure est transformé en une poudre blanche, on laisse refroidir, on décante la partie liquide ainsi que le métal en excès (s’il y en a), et on lave la poudre blanche à l’eau jusqu’à ce quelle n’entraîne plus d’acide.

2 ° On triture 3 parties de sulfate raercurique avec 2 parties de mercure métallique jusqu’à complète extinction de celui-ci (Planche, 18). Ce procédé ne peut servir qu’en vue de la préparation du calomel.

5° On précipite l’azotate mercureux dissous par une solution de sulfate de soude; il se fait, par double décomposition, du sulfate mercureux en poudre blanche et insoluble (Fourcroy, 220). Il faut laver cette poudre avec un peu d’acide azotique étendu pour dissoudre le turbith qui peut s’y trouver mêlé (Lefort, 640)-, on continue le lavage à l’eau froide et on fait sécher.

Ce produit n’est guère employé qu’à la préparation du calomel.

SULFATE nE ElOXYDE DE MERCURE SO\ llgO.

Sulfate mcrcurique. liisulfale de mercure. — Ce sel est blanc, très-pesant, en cristaux aiguillés déliquescents. La chaleur ne le décompose qu’au rouge cerise en changeant momentanément sa couleur; il devient d'abord jaune, puis brun foncé, et reprend sa blancheur par le refroidissement. Le charbon le réduit au rouge en mercure, acide sulfureux et acide carbonique. L’eau le décompose à froid, et encore mieux à l’ébullition, en une poudre d’un beau jaune qui est le lurbüh minéral. L’hydrogène sulfuré employé en proportions limitées le précipite en un produit blanc qui a pour formule SO“, (HgO)®, llgS (Rose, 66; .Jacobson, 470). L’hydrogène phosphoré agit aussi sur lui (H. Rose, 20). Les acides chlorhydrique, iodhydrique et cyanhydrique gazeux ou dissous, l’attaquent en mettant l’acide sulfurique en liberté (Mohr, 130), Il est soluble dans l’acide sulfurique. A sec, les chlorures le transforment en sublimé corrosif. L’ammoniaque réagit sur luj en donnant des produits qui seront examinés plus loin,

Coinposilion : Oxyde mcrcurique. 72.97 108 = HgO

Acide sulfurique. 27.03 l\0 = SO’

Préparation. — On traite 5 parties de mercure par 6 parties d’acide sulfurique à 6o°, en portant le mélange à l’ébullition ; il se dégage du gaz sulfureux en grande abondance. Si l’on opère dans un vase en grès, on peut, lorsque la réaction est terminée, porter la masse au rouge sombre pour en chasser l’excès d’acide; il reste alors du sulfate mercurique pur. Avant cette calcination, il est bon de lui ajouter un peu d acide azotique pour le peroxyder totalement (Wurtz, 673 ftw). On peut encore le préparer bien pur en traitant le turbith minéral par de l’acide sulfurique jusqu’à dissolution complète. On sépare, s’il y a lieu, le précipité blanc de sulfate- mercureux, et on concentre les liqueurs dont on recueille plus tard les cristaux (Lefort, 6à0).

Usage. — Il est employé à la préparation du sublimé corrosif et du turbith minéral.

SULFATE THIBASIQUE DE MEUGURE SO", 3i,IIgO).

Sous-sulfale mercurique. Tarhilh nnnéral. — On désignait autrefois sous le nom de turbith des substances jaunes comme l’est la résine de ce nom ; de là le tributh minéral. C’est une poudre d’un jaune plus ou moins vif, suivant le lavage qu’elle a subi. On l’obtient facilement en triturant i partie de sulfate de mercure avec i5 parties d’eau bouillante, jusqu’à ce que le produit soit devenu d’un beau jaune. On décante le liquide, on lave un peu la poudre et on la fait sécher (Codex de iSôy, 175 '. Avant d’agir sur le sulfate mercurique, on doit .s’assurer qu’il est exempt de sel mercureux en l’essayant par un chlorure; autrement le turbith pourrait u’être pas pur. — Rouelle avait reconnu l’existence de l’acide sulfurique dans ce composé (560), lorsque Baumé soutint que cet acide ne s’y trouvait pas quand les lavages avaient été trop prolongés (114). 11 en donnait pour preuve l’impossibilité où l’on était de produire avec le turbith et le sel marin, la moindre trace de sublimé corrosif par calcination. — S’il était vrai que ce corps put varier de composition, ne seraitil pas préférable de lui substituer purement et simplement l’oxyde jaune de mercure? Quoi qu’il en soit, il est usité très-souvent en pharmacie, sous forme de pommade.

SULFATE MERCUROSO-MERCURIQÜE = SO", Hg’O, 2 (HgO).

M. Brooks l’a obtenu en décompo.sant l’azotate mercuroso-mercurique dissous par le sulfate de soude (464).

COMl'OSÉS AMiVlONlACAüX. DU MWICUIIE.

Nous désignons sous ce nom tous les produits mercuriels préparés à l’aide de l’ammoniaque ou d’un sel ammoniacal, et r|ui retiennent les éléments de celle-ci, en tout ou en partie. Très-anciennement déjà, les alchimistes avaient nommé sel de science, sel de sagesse ou sel nllembrolh un composé résultant de l’union du sublimé corrosif avec le sel ammoniac. Lémery connaissait et pré- ])arait sous le nom de précipUè blanc de mercure ce que nous nommons aujourd’hui chlorure double de dimerciirammoniuni et d'ammonium (64A); on prépara plus tard le mercure soluble de flahnemann. Ces divers produits et d’autres du même genre, qu’on considéra tout d’ahord comme des combinaisons directes de l’ammoniaque avec les sels mercuriels, furent successivement üblenus et étudiés par Fourcroy en 1791 (4), Fourcroy et Thénard en 1806, Guibourt en 1816 (258) et en 1820 (375), Soubeiran (387, 389j, Mitscherlich en 1826 (55), Robert Kane en 1842 (633), Millon en 1846 (84), etc. Mais c’est surtout à M. Robert Kane d’une part, et à M. Millon de l’autre, que l'on doit de bien connaître la composition de toutes ces substances.

Dans ses belles rechei’ches sur la nature et la constitution des composés ammoniacaux, M. R. Kane démontra que les chlorures, azotates, sulfates, etc., ammoniaco-mercuriques renfermaient presque tous, non de l’ammoniaque, mais le radical hypothétique AzH*=Ad, Yamidogène enfin ; ce qui lui fit considérer le précipité blanc ordinaire comme un chloroamidure de mercure llgCl, llgAd, dans lequel l’amidogène jouerait le rôle d’un métalloïde vis-à-vis du métal.

Dans son remarquable mémoire sur le mercure et ses combinaisons (67), M. Millon étudia de son côté un produit découvert par Fourcroy et Thénard, examiné avec soin par M. Guibourt (258) et qu’on désignait sous le nom d’oxyde de mercure ammoniacal. — Reconnaissant à celui-ci une puissance basique des plus prononcées, il établit sa composition d’une manière certaine et put jeter par là une vive lumière sur la nature des nombreuses combinaisons ammoniacales qu’on connaissait déjà, ainsi que de celles qu’il sut découvrir. 11 considéra cette base comme un oxyde ammoniquadrimcrcurique = .5(lIgO), llgAzIP, oxyde parfaitement salifiable et dont les dérivés prennent place à côté d’autres composés polymercuriques indiqués dans ce travail.

A la suite de toutes ces recherches, M. Schrœiter chercha à établir que les amidures de mercure sont des multiples des composés binaires de ce métal, dans lesquels un ou plusieurs équivalents du corps électro-positif, seraient

remplaçais par le radical amidogène (607), M. Rammelsberg et, d’autre part, M. Hirzel, soutinrent que les produits ammonio-mercuriques renfermaient de l’azoture de mercure uni avec les oxydes ou les chlorures de ce même métal (607). Enfin, lorsque Gerhardt eut émis ses idées théoriques sur la nature et la constitution des bases ammonio-platiniques, la théorie des ammonium composés s’appliqua naturellement aux combinaisons mercuriques analogues, et, peu à peu, celles-ci furent considérées comme renfermant des mmurammoniums à divers degrés de saturation ; c’est ainsi que le chloroamidure de Robert Kane, IlgCl, IfgAzII®, devint un chlorure de dimercurammonium HgM

jjj Az, Cl. Gerhardt lui-rnôme transforma l’oxalate ainmoniquadrimercuri-

que de M. Millon, C=0®, 3(lIgO), HgAzH- en oxalatede lélramenurammomum G*(AzHg^)*0* + 4(HO) (226). Ces idées trouvèrent un large point d’appui à la suite des magnifiques travaux de M. Hoffmann sur les ammoniaques composées; aussi voyons-nous, en i859, M. Schmieder apporter quelques expériences à l’appui de cette théorie, en faisant connaître quelques combinaisons oxygénées rentrant dans la série du dimercurammonium (607).

Tout récemment encore, M. le professeur Wurtz, dans ses savantes Leçons sur quelques points de philosophie chimique, a proposé de considérer la base ammoniomercurique comme l’oxyde d’un ammonium dans lequel le mercure diatomique serait associé au groupe HO, comme dans les oxyéthylammoniums, l’éthylène e.st associé au même groupe. La formule de cette base sera donc alors :

r(Hg,iio/. y 1^ Hg" jAzJ O (674).

Nous reviendrons plus tard sur ces diverses théories. Nous allons maintetenant exposer les propriétés et la préparation de quelques-unes de ces combinaisons.

OXYDE AMMONio-MERCURiQüE, 5(HgO), Hg AzH’) OU 3 aq. (84).

Quoique ce produit n’ait reçu aucune application pharmaceutique, il a des propriétés si remarquables que je crois devoir en dire quelques mots, d’autant plus qu’il est le point de départ d’une série de combinaisons très-importantes qu’il n’est pas possible de passer sous silence.

Ce corps, découvert par Fourcroy et Thénard (694), a été préparé et ana-

lys6 par M. Guiboiirt (258), qui le nomma deuloamnwniure de mercure. 11 l’obtint en faisant digérer de l’oxyde de mercure dans de l’ammoniaque caustique ; cet oxyde y devient jaune clair et capable de déflagrer par l’application brusque de la chaleur. I/analyse qu’il en fit le porta à croire qu’il renfermait assez d'hydrogène dans l’ammoniaque pour convertir en eau tout l’oxygène de l’oxyde mercurique.

M. Millon a préparé ce corps de la même manière, mais en s’adressant de préférence à la modification jaune de HgO, que l'ammoniaque attaque instantanément ; il suffit ensuite de laver et de sécher le produit à l’abri de l’acide carbonique de l’air (8ü). On peut encore l’obtenir en traitant une de ses combinaisons salines par la potasse ou la soude en excès et à chaud.

L’oxyde ammoniomercurique est jaune ou brun, suivant qu’il est anhydre ou hydraté. Il jouit de propriétés remarquables. Quoique d’une composition très complexe, il résiste longtemps à l’action de la chaleur, à celle des alcalis, car il faut que ceux-ci soient concentrés et bouillants pour qu’ils en dégagent un peu d’ammoniaque. Il s’unit facilement aux acides pour former des sels. Ses propriétés basiques deviendront encore plus évidentes, si nous ajoutons qu’il peut chasser l’ammoniaque de ses composés salins comme le ferait un alcali puissant.

Composition. —Lorsqu’il n’a été séché qu’à la température ordinaire et sans l’intervention de l’acide sulfurique, il est alors hydraté.—Sous l’influence de cet acide, il perd a équivalents d’eau et devient 3(HgO), HgAzIP-|-HO, ce qui équivaut à 4(HgO) -f AzIH; mais en le portant à la température de -|- 1 3o° il perd encore i équivalent d’eau et devient anhydre = 3(HgO), HgAzlP.

En présence de ce fait et de la résistance de ce corps à l’action des alcalis, on ne peut le considérer comme résultant de l’union directe de HgO avec AzIP; d’ailleurs la composition de cet oxyde à l’état anhydre s’oppose à cette manière de voir.

Voici la liste des diverses combinaisons qu’il contracte avec les acides : dans toutes celles-ci il joue le rôle d’un oxyde monoatomique, malgré les proportions d’oxygène qu’il renferme. (Ce tableau est de M. Millon )

(llgO)\ IlgAzH*. Oxyde anhydre;

2 * (UgO)*, IlgCl, llgAzU*. Chlorure;

3" (HgClf, IlgAzd*. Autre chlorure ;

II" (HgO)®, Hgl, HgAzIl*. lodure;

5* (HgO)®, HgAzIl®, SO\... . Sulfate ;

C” (HgO)®, HgAzH®, AzO“. Azotate;

7' (Ilg0)“, HgAzll^ CO'. Carbonate,-

8 " (HgO)', llgAzH', C'O’. Oxalate;

g» (HgO;', UgAzIl', BrO“. Bromate;

lO- (llgü}», rigAzll', 10“ + AzU“, IIO, I0“... lodate (83 bis).

Ayant déjà mentionné précédemment quelques-uns des produits que l’aramoniaque forme avec les chlorures, bromures et iodures de mercure, voici ceux qui me restent à examiner :

CIILOBURE DE DIMEBCURAMMONIUM = | Az, CK

Chloroamidure de mercure. Oxychlorure ammoniacal de mercure. PH'cipiif blanc de Kanc. Mercure de vie. Sel Allembrolh ««.so/Mà/e.—Pendant longtemps on a confondu sous le nom de précipité blanc deux ou trois produits que les travaux de MM. Kane, W’oeliler et Millon nous ont appris à distinguer les uns des autres. Celui-ci s’obtient toutes les fois qu’on verse à froid un excès d’ammoniaque dans une solution de sublimé, ou, ce qui revient au même, quand on verse le sublimé dissous dans un excès d’ammoniaque caustique ; on recueille le précipité formé, on le lave et on le sèche. Il est très-stable. Voici la réaction qui lui donne naissance :

3 (tlgCl) -h 2 (Azi]') = AzHK Cl -t-”f I Az, Cl.

Ce composé est amorphe, insoluble. Vers 56o°, il se décompose sans entrer en fusion, en gaz ammoniac, en un composé a(Hg®Cl), AzIP', et en un résidu rouge cristallin a(HgCl), Azil*, qui lui-même est détruit par une plus haute température (Mitscherlich, 134).

L'eau bouillante transforme peu à peu le précipité blanc en une poudre jaune, qui n'est autre que le chlorure de labase ammonio-mercurique; il se fait aussi du chlorure d’ammonium en même temps qu’il se fixe 2 équivalents d’eau :

2 Qf jAz,Clj-f 2 llO=a(llgO), llgCl, rigAzll'-t ll‘Az,CI.

Cette transformation est hâtée par la présence des alcalis caustiques,

I.es acides dissolvent le précipité blanc en donnant nai.ssance à des produits particuliers : par l’acide sulfuri(|ue, on obtient (IlgO, SO”)’, AzH''Cl, HgCl; par l’acide azotique, on a AzH'O, AzO", 4(HgCl] ; avec le sel marin, il se forme AzIKCI, 4(NaCl), 2 (HgCl).—(Rosraann, 476).

Le précipité blanc est assez soluble dans les sels ammoniacaux additionnés d’ammoniatiue.

|1 est quelquefois usité en médecine (pommade antipsorique de Zeller).

CHI,OBURE AMMONUCO-QUADRIMEUCUniQÜE =: 3 (Hg Cl) , HgAztl*.

Précipité blanc de M. Millon. — Ce chimiste l’a obtenu en précipitant par l’ammoniaque une solution de sublimé qu’on laisse en grand excès. Dans ce produit, tout l’oxygène de la base ammoniomercurique est remplacé par le chlore.

Lorsque cette précipitation a lieu à Tébullition, il se fait le composé HgCl, HgAzIP + 2 [(IIgO)*, HgCl, HgAzIP]. Si c’est l’ammoniaque qui domine, on a alors un autre composé = 4(HgCl, IlgAzlP) + (HgO*), HgGI, HgAzH* (Millon, 86).

CHLORURE DOUBLE DE DIMERCURAMMONIUM ET d’aMMONIUM

Hg-

IP

AzCl -f IPAz, Cl.

Précipité blanc de Lémerxj et des anciennes pharmacopées. Précipité blanc de Woehler. —C’est le produit qui prend naissance lorsqu’on précipite par le carbonate de soude une solution à parties égales de sel ammoniac et de sublimé corrosif; c’est celui que Lémery savait préparer. Il se distingue de l’oxy-^ chlorure de mercure ammoniacal du Codex en ce qu’il est fusible en se décomposant (Woehler, Kane, 636). M. Mitscherlich l’avait aussi obtenu en versant du bichlornre de mercure dans du sel ammoniac additionné d’ammoniaque caustique, le tout à l’ébullition. — Il le représentait par HgCl, AzH* (137).

D’après M. Krug, ce précipité blanc varie de composition suivant qu’il a été préparé à telle ou telle température : à o°, avec le carbonate d’ammoniaque, on obtient le produit ordinaire; mais à-j- 20 “, le produit a pour formule HgCl, HgAzIP + HgH^Az, Cl (154).

M. Sonnenschein a étudié l’action de l’iodure d’éthyle sur le précipité blanc: il a pu donner naissance à plusieurs produits éthylmercurammoniés (207). En examinant l’action de l’iode sur ce même précipité blanc, M. Schwarzenbach a vu se produire de l’iodure d’azote (525).

En présence des produits si divers mentionnés plus haut, on conçoit l’importance qu’on doit attacher à bien décrire la préparation de ceux qui sont usités comme agents thérapeutiques. C’est ici le lieu de rappeler que le caloxnel porte aussi le nom de précipité blanc., et qu’il faut bien se garder de le confondre avec les précédents qui sont infiniment plus actifs que lui; il s’en distingue en ce qu’il noircit par la potasse sans prendre d’odeur ammoniacale, tandis que les autres produits deviennent jaunes par la potasse, tout en dégageant de l’ammoniaque.

CHI.OKURE DOUBLE DE VIEBCUBE ET d’AMMONIUM HgCl, AfflCl.

Sel AUembrolh soluble. Sel de Science. Sel de Sagesse. — (',onnii autrefois des alchimistes, il fut distingué du précipité blanc ou sel jUlernbroth insoluble, au point de vue de la composition, par M. Guibourt (375), puis par Soubeiran (387, 389). On obtient celui du Codex (173) en triturant parties égales de sublimé corrosif et de sel ammoniac. — Sous l’influence de ce dernier sel, le bichlorure de mercure se dissout dans l’eau avec une grande facilité, parce qu’il y a formation de sel double ; aussi met-on cette propriété k profit toutes les fois qu’on doit faire entrer le sublimé en solution pour bains, lotions, etc.

Quant au vrai sel Allembrolfi, il a pour formule HgCl, AmCl HO (Soubeiran, 387,389). On l’obtient facilement en combinant directement, sous l’influence (le l’eau, équivalents égaux de HgCl et de AmCl; on évapore et l’on fait cristalliser. 11 est en prismes rliomboïdaux transparents, qui s’effleurissent à l'air et y deviennent opaques. A ioo“, ils perdent leur eau d’hydratation. Ils sont solubles dans 2/0 de leur poids d’euu froide, et en toute proportion dans l’eau bouillante.

Lorsqu’on sublime 2 équivalents de chlorure mereurique avec 1 équivalent (le sel ammoniac, on obtient un sel double, cristallisé en rhomboèdres et représenté par 2 (HgCl), AmCl. Si l’on agit par voie humide et non par voie sèche, on obtient le môme composé en cristaux aiguillés, contenant 1 équivalent d’eau (Kane, 635).

D’après M, Holmes, on peut produire deux autres combinaisons ayant pour formules, l’une 5(HgCl), AmCl, 4(110, et l’autre (jfHgCl), AmCl (615).

Le sel Allembroth soluble est la base de la liqueur de Gowland. On en fait une pommade, un emplâtre, etc. (650).

AZOTATES MERCUH1EI.S AMMONIACAUX.

Ces sels ont été le sujet de nombreux travaux; Fourcroy (/i), M. Guibourt (375), Soubeiran (391, 392), Mitscherlich (55), MM, Rane (633) et Lefort (461) se sont successivement occupés de leur composition, et particulièrement de c(;lle du mercure soluble d’l/ahnernann. Leur nature pouvant varier avec le genre de préparation qu'on leur apiiliipie, il n’est pas étonnant qu’on soit arrivé, pour quelques-uns, à des formules discordantes.

MERCURE SOLUBLE DE HAIINEMANN AzO’, 2(Hg®0), AzH” (Kane), ou bien AzO\ 3(Hg’0), AzH’ (Guibourt, Mitscherlich).

l*rolonilrale ammoniaco-mercuriel. Sousnilraie ammoniacal de pi oloxgde de

mercure. — C’est une poudre d’un noir velouté, insoluble dans l’eau, et dont les alcalis ne dégagent l’ammoniaque qu’avec une certaine difficulté. Rob. Kane (633) et ensuite M. Lefort ( 461 ) ont constaté par expérience, l’inconstance de sa composition : le mercure y varie depuis Si jusqu’à 91 p. 100 . La formule que M. Kane attribue à ce corps lui a permis de l’assimiler à un turbith nitreux dans lequel l’équivalent d’eau serait remplacé par 1 équivalent d’ammoniaque. La formule de M. Guibourt et de Mitsclierlich cadrerait mieux avec celles des diverses combinaisons du mercure, qui renferment presque toutes 5 équivalents de base contre 1 équivalent d’acide. Quoi qu’il en soit, ce composé qu’on donnait en pilules ou en sirop doit être abandonné, la proportion de ses éléments étant trop variable.

Préparation. — On dissout de l'azotate mercureux cristallisé et exempt d’azotate mercurique dans de l’eau légèrement aiguisée d’acide azotique; lorsque la dissolution est complète, on la précipite peu à peu et en agitant, par de l’ammoniaque caustique étendue de 5o à 4o fois son poids d’eau. On cesse d’ajouter ce réactif lorsqu'au précipité franchement noir commence à succéder un précipité d’un gris blanchâtre. On recueille le produit, on le lave et on le sèche à une douce chaleur (Bucholz, 358; Monheiin, 419; Soubeiran, 391, 392; Rob. Kane, 633), etc.

En ajoutant un excès d’ammoniaque aux eaux-mères de cette préparation, on donne naissance à un précipité blanchâtre que Soubeiran considérait comme un azotate ammoniacal de protoxyde de mercure (391, 392), mais qui, d'après Kane, contiendrait ce métal à l’état de bioxyde (633). Ce qu’il y a de remarquable ici, c’est que le protoxyde de mercure du sel mercureux tend à se dédoubler en oxyde mercurique et en mercure, pendant l’addition de l’alcali et surtout sous l’influence initiale d’un excès d’acide azotique. M. Guibourt attribue cet effet à la tendance que possède le nitrate d’ammoniaque formé pendant la réaction, à s’unir de préférence à l'azotate mercurique (273). En évaporant le mélange de deux solutions, l'une d’azotate mercureux et l’autre d’azotate d’ammoniaque, on obtient le composé Hg^O, AzO®, 2 (AmO, Azü“), 5 aq. (Rammelsberg, 611).

Dans son grand travail sur les sels mercuriques ammoniacaux, Rob. Kane fait remarquer que leur composition varie, soit avec la concentration des solutions, soit avec l’excès de l’acide ou de l’alcali, soit avec la température, etc.; aussi a-t-il obtenu plusieurs composés distincts suivant les circonstances de leur production.

N° 1 . Azotate aMiMONIacal mercurique tribasique AzO=, AzlP, 3(HgO). —

11 s’obtient à l’aide d’une liqueur peu acide d’azotate mercurique à laquelle on ajoute à froid de l’ammoniaque étendue (Kane, G3/i).

N° 2 . Sous-azotate ammoniacal mebcürique Az()\ llgO, 2 (HgO), HgAzH'^ (Soubeiran, 391, 392; Kane, 63/i). — 11 se forme, en précipitant à l’ébullition de l’azotate mercurique par de l’ammoniaque caustique. C’est le sel que Soubeiran a analysé et qu’il obtenait après la précipitation du mercure soluble d’ilahnemann (391); seulement il lui avait attribué la formule AzlP, AzO’’, 4(HgO) qui n’est pas exacte. 11 est évident que ce corps rentre dans la série des sels de Millon.

N" 3. Autre soüs-azotate basique AzO'.HgO, 4(llgO), IlgAzIP. — Ce sel se produit lorsque les solutions sont employées concentrées et avec un trèsgrand excès d’alcali volatil.

N° h . Soüs-azotate ammoniacal cristallin AzOqAzlP 2 (llgO),(Mitscberlicb, 55 ; Kane 634). — On le prépare en faisant bouillir le corps n“ 2 avec un excès d’ammoniaque additionnée d’azotate de la môme base. La poudre, d’abord dissoute, se précipite par le refroidissement. On doit l’envisager comme le sel de Soubeiran, uni à l’azotate d’ammoniaque : 2 (AzO'‘AzîP, 2 llgO)=AzO'' HgO, 2 llgO, IlgAzH’ -1- AzO’AmO.

SULFATES MEIICÜRIELS AMMONIACAUX.

Ces sels, étudiés d’abord par Fourcroy (3), puis par M. Kane (633) et M. Millon (85), ne sont pas usités. Je me contenterai d’en faire brièvement l’énoncé.

En traitant le sulfate mercureux par une plus ou moins grande quantité d’ammoniaque, on peut donner naissance à deux sels : l’un Hg^O, SO“, Hg''’ AzIP, comparable au calomel ammonié (Kane), l’autre Hg®0, SO“, 2Hg“0, Ilg^AzIP, analogue au sulfate de la base ammoniomercurique (633).

Sulfate ammonioquadrimercurique — HgO, SO’, sHgO, IlgAzH^ (Millon). Turbüh ammoniacal. Soxis-sulfate de deuloxxjde de mercure ammoniacal .— Examiné primitivement par Fourcroy (3), puis plus tard par MM. Kane (633) et Millon (85), il se prépai'o en traitant le sulfate mercurique par l’ammoniaque caustique à l’aide de l’ébullition : c’est le sulfate de la base ammoniée.

M. Millon a encore obtenu les trois composés suivants (85): r SO“, HgO, AzIP; 2 ° SO% alIgO, AzH“; o" SO’ âlIgO, AzIP. Parmi les combinaisons ammoniomercuriques étudiées par M. Millon, on trouve encore un carbonate

anhydre ou hydraté, un oxalate, un iodate, ainsi qu’un bromate et un iodure, tous deux de M. Rammelsberg. Leurs formules ont été représentées plus haut.

Plus l’écernment, M. Schmieder a reconnu l’existence de quelques autres combinaisons du môme genre. En saturant à froid le sulfate d’ammoniaque

par de l’oxyde jaune de mercure, il se fait le produit Az | O, SO% HO; à ii5", il devient anhydre. L’eau bouillante le transforme en Az | 0, SO’,

I Hk®

aHgO déjà connu. La potasse le change encore en Az O, S0% 3IigO, etc., (607.)

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