COMPOSÉS MERCURIELS PEU USITÉS OU SANS USAGE
11 est un grand nombre de sels étrangers à notre sujet et qu’on trouve décrits dans les traités spéciaux. Dans l’impossibilité où je suis de les examiner tous avec quelque développement, j’en ferai seulement l’énumération en y ajoutant les indications bibliographiques nécessaires :
I (Finkener, 614).
.Sôléniure mercurique, lIg.Se (Berzélius, 3!) ; Llttle, 609).
Fluorure mercurique, UgFl (Finkener, 619 1er, 596 bis).
Fluosiliciures mcrcureux, Ilg-Fl, SiFP, aaq.
— mercurique, HgFl, SlFl®
Oxyfluosiliciure mercurique, IlgFi, SiFl®, IlgO, Saq. ]
Azoture, Ilg^Az (Plantamour, 134).
Phosphure, arseniure (598).
Sulfites : 1“ IlgO, SO^ f.(HgO), SO** (Péan de Saint-Gilles, 190; Bammelsberg, 158).
Ce dernier sulfite est très-remarquable par la mobilité de ses éléments; la moindre élévation de température le change en sulfate mercureux: 2(Hg0)S0- = Hg’0, SO’ (190,191).
Sulfite mercurlcopotassique, HgO, SO’, KO, .SO^, 110
— mercuricosodique, IlgO, SO^ NaO, SO^ 110
— bimercuricosodique, 2 (HgO, SO*), NaO, SO®
— d’ammoniaque et de chlorure mercurique, 3(HgCl), 2(AmO, SO®) }
Dlthyonate mercureux, Hg^O, S*0®
mercurique (IlgO)“ (S*0“)®
Chlorate mercureux, llg®0, CIO» j
mercurique, HgO, CIO®, HO 1 Iodate mercureux, ng*0, 10“ (Lefort, 461).
— mercurique, HgO, 10“ (Millon, 76).
— blmercurlque, (HgO)®, 10“ (Koene, 155).
{Péan
de St-Gilles, 190, 599)
I (Rammelsberg, 146).
I (Waechter, 456 bis).
l’hosphate mercurique (llgO)\ PO" (Brandes, 488; TromiJorfr, BV'; Pelouzo et Pi'etny, 600).
Ilyposulfophospliite inercureux, ng®S, PS 1
mercurique, IlgS, PS (^orzélius, 143).
Sulfophosphi te mercurique (lIgS)\ PS" l Sulfophosphate mercurique (IlgS)^, PS"’ )
Arsénites, Arséniates (600).
Carbonate mercureux, Ug^O, CO" (Lefort, 461).
- trimercurique(llgO)",CO" j 77 ,.
— quadrimercurique (llgO)*, CO" )
Oxalate mercureux, l]g"0, C^O’ (Lefort, 461).
— mercurique (HgO)", 110, C''0® (Millon, 78).
Sulfoantimoniate mercureux (lTg"S)’, SbS"
mercurique (llgS)", SbS’
Cliromate mercureux ( ).
— trimercuriquG (llgO)’ CrO"
“ quadrimercurique (llgO)* CrO"
Tungstates (Anfhon, 14!2).
Osmates (Fritsche et Struve, 169).
(Bammelsberg, 139),
(Vlillon, 75).
Quelques sels de mercure à acides organiques ont été usités en pliannacie : tels sont les acétates et les tartrates de ce métal. 11 y a deux acétates correspondant aux deux oxydes; ils ont été étudiés autrefois par M. Garot (390).
ACÉTATE DE PROTOXYDE DE MERCURE C'‘H''ü\rig^U.
Acétate mercureux, protoacélale de mercure, terre foliée mercurielle, sej acéteux mercuriel, mercure accteux. — Ce sel était déjà préparé du temps de Geber'(571), Il est incolore, inodore, peu sapide, en paillettes nacrées, d’un blanc d’argent que la lumière altère rapidement. La chaleur le décompose avec facilité, A froid, il faut 533 parties d’eau pour le dissoudre; l’eau bouillante le décompose en mercure et en acétate de bioxyde.
On le prépare en précipitant par l’acétate de soude concentré, une solution peu acide d’azotate mercureux ; on rassemble le précipité, on le lave et on le sèche à l’abri de la lumière (178). L’acide acétique peut être substitué à l’acétate de soude, mais avec quelque désavantage. — Le procédé qui consistait à dissoudre l’oxyde mercureux noir dans l’acide acétique doit être rejeté (Lefort, àdl). — Ce sel faisait la base des dragées de Keyser (571).
ACÉTATE DE BIOXYDE DE MERCURE C'fPO’, HgO.
Acétate mercurique. —11 est en lames nacrées, demi-transparentes. Sa solubilité dans l’eau est a.ssez considérable ; elle en prend le quai t de son poids à
— iOl —
-f 10 “ et presque son poids à l’ébullition. L'alcool, l’éther le décomposent et en précipitent l’oxyde. — On l’obtient en dissolvant à chaud l’oxyde rouge de mercure dans l’acide acétique.
D’après M. Millon, il aurait pour formule 2 HgO; (80).
M. Hirzel a fait connaître un açétale de mercwammonium (AzHglP)O* + 2 aq., qui prend naissance par l’action de l’oxyde mercurique sur l’acétate d’amoniaque. Chauffé à -J- ioo“, il se décompose en partie et laisse un acétate de tétramercurammonium = C*H’(AzHg‘)0* -j- /i aq. (238).
TARTRATES ÜE MERCURE.
On en connaît deux :
Tartrate de protoxyde de mercure = C’'H''0'", 2 (Hg-0)-|-aq. Tartrate mercureux, protolartrale de mercure. — Il est en poudre blanche ou en paillettes brillantes, micacées, d’une saveur mercurielle faible. La lumière l’altère avec une très-grande facilité. 11 est insoluble dans l’eau froide, soluble dans les acides. L’eau bouillante le noircit et le décompose.
On se procure ce sel en précipitant l’azotate mercureux faiblement acidulé, par le tartrate neutre dépotasse ou par l’acide tartrique; on le sèche après l’avoir bien lavé. Il est peu usité (179).
Tartrate de bioxyde de mercure C®ID0'°, 2 HgO -f a aq. Tartrate mercurique. —On l’obtient en précipitant un sel mercurique soluble (azotate ou acétate) par un tartrate neutre ou par l’acide tartrique.
TARTRATES DOUBLES MERCURIELS.
On a quelquefois prescrit un tartrate double de potasse et de mercure, qu’on obtient en faisant bouillir de la crème de tartre sur un excès d’oxyde de mercure noir ou rouge (Pressavin, 372; Carbonell et Bravo, 301; Burckhart, 057). Ce produit, découvert par Monnet (572), n’était probablement qu’un mélange. Cependant on peut l’avoir à proportions définies. On connaît encore un tartrate de mercure et d’ammoniaque, ainsi qu’un tartrate de trimercuramrnonium G®H\AzHg“Il)^0'^ -f 6 aq. (Hirzel, 239).
En faisant bouillir la crème de tartre sur le sel Allembroth insoluble, M. Kosmann paraît avoir obtenu un composé particulier de bitartrate de potasse et de bichlorure de mercure qui serait 9(C®H'^K0‘'*); HgCl; 6 aq.
FULMINATE DE MERCURE (HgO) \ Cy^'OL
Poudre d’Howard (12). — Ce sel, très-dangereux à manier, se produit lors-
qu’on traite le mercure par de l’acide azotique en présence de l’alcool. C’est un des corps les plus explosibles que l’on connaisse; aussi est-il employé à la fabrication des capsules fulminantes.
On a publié de nombreux mémoires sur sa préparation et sur sa constitution. (Delion, 315; Van den Broek, 314; Liebig, 47 ; Cremascoli, 123; Rekulé, 95, 97 ; Stahlschmidt, 520). Ainsi qu’on le conçoit facilement, il n’a reçu aucune application pharmaceutique, mais il jouit d’une grande importance comme produit de guerre.
Les autres sels mercuriels à acides organiques étant excessivement nombreux et sans relation directe avec ce travail, je renvoie au Traité de chimie organique de Gerhardtpour tous renseignements.