‹ Des présentations vicieuses du foetusChapitre 3 sur 9 · DÉCOUVERTE DE WIGAND · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DE WIGAND

Vers le commencement de ce siècle, un accoucheur de Hambourg, Wigand, innova la version par simples pressions extérieures; c’est lui qui, le premier, a développé le précepte et posé les règles de la version par manoeuvres externes, dont on ne rencontre que l’idée informe chez les anciens, il s est inspiré, pour cela, un peu de Froriep et beaucoup des faits de versions spontanées qu’il avait en partie empruntées à d'autres

accoucheurs et en partie faites lui-même.

Appelé, en effet, par des sages-femmes expérimentées et instruites en leur art, qui avaient trouvé une présentation de l’épaule, du bras, il fut tout surpris d’assister à un accouchement normal parle sommet. D’autres fois, après avoir constaté que l’excavation était vide et que la tete siégeait dans une des fosses iliaques, il observa la descente de l’extrémité céphalique sous l’influence de fortes contractions, et il voyait quelque temps après, au moment de l’expulsion, la tête se présenter à la vulve.

Frappé de ces cas aussi extraordinaires qu’inexplicables, et ignorant complètement les causes qui présidaient a ces phénomènes, il résolut de les observer attentivement ; aussi est-ce après quelques observations faites dans ce but qu il constata que ces versions spontanées n’exigeaient pas de grands efforts mécaniques, non plus que des moyens violents, mais qu elles s’opéraient, au contraire, sous l’influence de causes relativement légères.

Il essaya donc, dans les expériences qu’il tenta, d imiter la nature, et, soit en donnant une certaine position à la femme,

soit en exerçant des pressions douces et réglées sur le ventre, il parvint à modifier la présentation de l’enfant, qui était primitivement vicieuse.

Persuadé, dès lors, qu’on pouvait changer la présentation au moyen des manœuvres externes, et convaincu de l’innocuité de cette méthode, il employa cette version dans tous les cas où elle était indiquée, et fut assez heureux, en modifiant la présentation, de soustraire un grand nombre de femmes aux dangers de la version podalique.

Cette nouvelle méthode de faire la version sans introduire les mains dans les parties génitales de la femme fut insérée dans le Magasin de Hambourg de 1807.

Cinq ans plus tard, en 1812, Wigand, de plus en plus pénétré des avantages immenses de cette opération, avantages qu’il constatait tous les jours, résolut de publier un mémoire intitulé : Brei , den medizinischen Facultæten ubergebenen ge burtshülfliche Abhandlungen , dans lequel il fit une histoire complète de la version par manœuvres externes et donna la description détaillée du procédé.

Ce précieux travail fut soumis à l’appréciation des Facultés de médecine de Berlin et de Paris ; mais il fut probablement égaré en France, car il n’en est parlé dans aucun de nos livres classiques, et les sages conseils donnés par l’accoucheur allemand restèrent ignorés parmi nous.

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