PROPAGATION DES IDEES DE WIGAND EN ALLEMAGNE
En 1817, M. d’Outrepont (1), professeur d’accouchements à Wurzbourg, dans un mémoire sur la version spontanée et la
(1) Von der Selbstwendung und der Wendung auf dem Kopf-Eni Pro gramm; Wurzburg, 1817.
version sur la tête, cherche à poser certaines règles sur cette dernière opération. Il rapporte cinq observations (dont trois par manoeuvres externes) dans lesquelles elle a réussi complètement (1). Osiander (2), dans son Manuel de V art des accouchements, s’étonne que d’Outrepont lui ait soustrait 1 honneur d’avoir fait revivre la version sur la tete et l’ait attribuée à Wigand, Flamant et Siebold, puisqu’il connaissait ce qu’il en
avait dit.
Dans son ouvrage, il divise la version en version podaiique et en version céphalique; mais il insiste surtout sur la pratique des anciens: la version céphalique par manoeuvres internes.
« La lecture des ouvrages d’Hippocrate et de Gelse, dit Osiander, m’a engagé à faire dans ma pratique l’essai de la méthode qui consiste à retourner l’enfant sur la tête, s’il se présente dans une mauvaise position ; et, l’ayant trouvée aussi simple et aussi facile à exécuter que la version sur les pieds, j’ai pratiqué et enseigné publiquement une opération oubliée et négligée depuis des siècles. » Malgré l’autorité avec laquelle parle cet auteur, il est permis de croire qu’il n’a pas soumis la pratique des anciens a des éprouvés nombreuses, car il ne cite aucune observation avec détails; en outre, il ne donne aucun renseignement sur la version par manoeuvres
externes.
(1) Les trois versions par manoeuvres externes dont il est fait ici mention n’ont pas été pratiquées par d’Outrepont, et ce qui ne laisse pas de doute à cet égard, c’est que, dans un ouvrage postérieur publié en 1822, cet accoucheur dit que, lors de la publication de son premier mémoire, il n’avait jamais pratiqué la version céphalique par la méthode de Wigand, dont il avait pourtant dès lors reconnu les avantages.
(2) Grundriss der Eut bin dungskuust ( G-œttingue, 1802), et Neue Denkw. fur Geb 1799, § 35.
En 1818, Wenzel répète avec (TOutrepont ces paroles remarquables : « Si la version spontanée est possible dans les cas où l’on aurait désespéré de la voir s’effectuer, pourquoi, dans les circonstances favorables, ne pourrait-elle pas être opérée par les mains d’un homme instruit?
Busch (1), professeur à Marbourg, distingue deux procédés opératoires pour faire la version céphalique : le premier consiste à aller chercher la tête, en accrochant l’occiput, pour i’amener sur le détroit supérieur; et le second , à soulever le tronc pour faire descendre la tête.
Dans un ouvrage publié en 1822 (2), par d’Outrepont, se trouve un mémoire consacré à la version céphalique par m anœuvres externes et par manœuvres internes.
Ritgen (3), A. -El. von Siebold (4), Kilian (5), Rosshirt (6), Lampe (7), y attachent une grande importance et se sont chargés de la vulgariser en Allemagne.
En 1843, un accoucheur belge, le Dr Hubert (8), professeur à Louvain, publia un exellent mémoire sur la possibilité de corriger par les manœuvres extérieures les présentations vicieuses du fœtus. Ce travail a d’autant plus de mérite, que son auteur, sans connaître l’ouvrage de Wigand, s’est rencontré
(1) Geburtshülfliche Abhandlungen . Marburg, 1818.
(2) Abhandlungen und Beitrœge Geburtshülflichen Inhalts. Bamberg,
(3) Anzeigen der mechanischen Hülfer bei Entbindungen , pag. 411. Giessen, 1820.
(4) Lehrbuch der praktischen Entbindungskunde. Nuremberg, 1821.
(5) Operationslehre fur Geburtsh ., t. I, p. 467. Bonn, 1834.
(6) Die Geburtsh., Opérât. Erlangen, 1842.
(7) Cursus der pract. Geburtsh., p . 75. Wien, 1843.
(8) Des Présentations vicieuses du fœtus et de la possibilité de les corriger par des manipulations extérieures. (Ency cio graphie des sciences méd.) Bruxelles, juillet 1843.
avec l'accoucheur de Hambourg sur un grand nombre de points, malgré la divergence de quelques idées de détail.
M. Hubert a réuni vingt observations personnelles de présentations vicieuses corrigées par manipulations extérieures.
En 1849, Ed. Martin (1), professeur à léna, a publié un traité d’accouchement où il consacre un long chapitre à la version par les manoeuvres extérieures, et rapporte sept cas de tentative faites avec un plein succès.
Nægelô, dans un traité d’accouchements revu par M. Waldman Ludwig Grenser, professeur d’accouchements à Dresde, et Scanzoni (2), dans son livre de gygnécologie, donnent avec détails cette opération obstétricale.
En 1873, parut la traduction de l’ouvrage de Robert Barnes (3) par le docteur Cordes.
On y lit :« De l’observation des changements naturels ou accidentels de position du fœtus dans la matrice, la transition est naturelle à l’execution artificielle de ces changements.»
M. Charpentier (4), agrégé de la Faculté de Paris, fit paraître, en 1875, ia traduction du Manuel d’ accouchements de Cari Schrœder, où l’on trouve : qu’avant de passer aux manœuvres internes, on doit toujours essayer la version par manœuvres externes seules, puisqu’elle est plus inoffensive.
(1) Zur Gynœkologie, Beitrâge von Dr Ed. Martin. Iéna, 1849.
(2) Lehrbuch der Geburtsh. 2e édit., p. 740. Wien, 1855.
(3) Page 122 , Leçons sur les opérations obstétricales, par Robert Barnes, traduit de l’anglais par le Dr Cordes; 1873.
(4) Page 299, Manuel dJ accouchements, par le Dr Cari Sch rœder, traduit de l’allemand par le Dr A. Charpentier ; 1875.