‹ Des Principales Causes de Mort Dans la Néphrite Interstitielle ChroniqueChapitre 6 sur 22 · FORME CHRONIQUE OU LENTE · texte numérisé non relu

FORME CHRONIQUE OU LENTE

Ici l'invasion est insensible, insidieuse, le malade tombe dans une apathie qui va jusqu'à la somnolence et le coma. Céphalalgie intense, persistante, d’une importance prineipale. Vomissements plus fréquents que dans toute autre forme. Puis apparaissent les troubles des sens, des bourdonnements d'oreille, et parfois même de la surdité. Plus souvent ce sont des altérations de la vue, allant depuis le simple affaiblissement jusqu’à la cécité complète, sans lésions appréciables à l’ophthalmoscope.

Viennent ensuite des crampes, et des spasmes, des soubresauis dans les membres. L’encéphalopathie urémique, délirante d'abord, puis comateuse termine la scène. Get état dure ordinairement 8 à 10 jours, quelquefois 3 ou 4 semaines, mais alors le mal présente des rémissions momentanées.

ÉTIOLOGIE

De nombreuses théories ont été émises pour expliquer les accidents nerveux qui caractérisent cliniquement l’état d’urémie.

Us

Rayer, Tessier, attribuaient ces accidents à l'accumulation de l’urée dans le sang ; malheureusement pour cette théorie, Bright, Christison, Rees, ont été à même de constater une augmentation considérable de ce principe azoté sans aucun retentissement sur l’économie, si léger qu’il pût être. Frérichs admettait que l’intoxication de l'organisme était ‘causée par la transformation de l’urée en carbonate d’ammoniaque, s'appuyant sur ce que le sang offre une coloration violette spéciale, qu’il renferme du carbonate d’ammoniaque. Mais ce carbonate d’ammoniaque est un élément qui se trouve presque constamment dans le sang de l’homme, et par conséquent, rien ne prouve qu’on n'ait pas pris un fait régulier pour un fait pathologique.

On à encore attribué ces accidents à l’œdème des centres nerveux et aux épanchements hydropiques que l’on trouve souvent dans leurs cavités ; telle est la théorie de Traube. Rien de plus juste en apparence que cette manière de voir, mais elle a le tort d'être trop absolue, car il est démontré que certains malades sont morts rapidement au milieu d’un coma profond et de convulsions épileptiformes sans que leur autopsie n’ait révélé souvent dans les centres nerveux ni épanchement ni œdème.

M. Fournier les explique par une surabondance de ces matières dites extractives, si peu connues encore, et dont pourtant on entrevoit l'importance.

Une dernière théorie, qui est aujourd’hui la plus satisfaisante parce qu’elle est applicable à un grand nombre de cas, est la théorie nerveuse, défendue par Traube en Allemagne, etpar M. G. Sée en France.

Selon ces auteurs, l’état particulier du sang causerait une

surexcitation vaso-motrice, notamment des artères cérébrales.

L'ischémie du bulbe engendrerait les convulsions, l’ischémie de l’encéphale, le coma.

Page 1