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III. MESURES AU MOYEN DE PHOTOGRAMMETRES

§ 1. On a commencé, pendant ces dernières années, à remplacer avec beaucoup de succès^ même dans la géodésie supérieure, les théodolites par les photogramm&tres. M, le Dr Jesse, a, dans ses belles recherches sur les » nuages luisants^ ou »Silbeme Wolkens, réussi à mesurer la hauteur considérable de 82 km à laquelle flottent ces nuages, avec deux photogrammètres placés Tun à Steglitz, Tautre à Nauen. Il a aussi mesuré avec deux de ces instruments placés aux deux extrémités d'une base de longueur convenable les hauteurs de quelques cirrus ordinaires. L'emploi des photogrammètres présentant des avantages considérables, nous en avons fait faire deux pour l'observatoire d'Upsala. Il est évident que les deux observateurs n'ont plus besoin de s accorder à faire porter leur observation sur le même point d'un nuage, ce qui était la plus grande difficulté que présentait l'emploi des théodolites. Il suffit que tous deux photographient en même temps la même partie du ciel pour saisir les mêmes nuages, souvent même en plusieurs étages.

Sur chaque plaque les coordonnées d*^n point, lentrecroisement des ftls du réticule, sont connus. En plaçant la plaque sur une glace quadrillée en carrés de i mm, on peut relever les coordonnées d autant de points qu'on le désire> Il faut seulement déterminer une fois pour toutes combien de minutes correspondent à 1 mm sur la plaque. On n'a pas besoin, pour ces observations, d'une très grande précision. Il suffit, même pour les cirrus les plus élevés, de lire les angles à o°.i =6' près. Or, une plaque sur laquelle un miUimôtre correspondrait à 12' environ serait assez grande pour cela.

Le photogrammètre (Fjg, 7) est construit par M< P. M, SO- RENSEN, mécanicien à Stockholm, Cet instrument est un théodolite muni à la fois d'une petite lunette astronomique et d'une

chambre noire photographique. Quand l'appareil est dressé de manière à viser le zénith, il mesure 62 cm de hauteur. Le diamètre du cercle horizontal est de 20 cm et celui du cercle vertical de 15 cm. Ils sont gradués par demi-degrés et les vemiers donnent directement i\

L'objectif, de AL Steinheil à Munich, a une ouverture de 42.9 mm et une distance focale de 27.7 mm.

Dans la partie postérieure de l'instrument, devant le châssis et aussi près que possible de la plaque sensible, se trouve un réticule formé de deux fils perpendiculaires Tun à l'autre. On tourne la chambre noire autour de son axe optique jusqu'à ce qu'un des iils soit bien vertical, puis on la fixe au moyen d'une vis. L'autre fil doit alors être parfaitement horizontal. On ne réussit cependant guère à le tendre assez pour qu'il reste immobile si Ton tourne rinstrument vers deux points opposés de rhorizon. Le

point d'entrecroisement varie alors de 2" ou 3^ Pour éviter cet inconvénient il faut souder les deux fils au point d entrecroisement pour avoir un point fixe. Du reste on peut tout à fait supprimer le réticule et, sur les quatre côtés du mince cadre de métal dans lequel il était tendu, faire de centimètre en centimètre des entailles exactement opposées les unes aux autres. On obtient ainsi une photographie entourée d'un cadre dentelé portant une entaille à chaque centimètre, et Ton place sur elle la glace quadrillée de manière que les lignes fortes marquent les centimètres correspondant aux entailles des bords. En prenant la photographie d'un point de mire, de la croix d'un clocher éloigné, par exemple, qu'on a visé en même temps avec la lunette, on trouve le point de la plaque qui correspond à Taxe optique de la lunette.

Les erreurs instrumentales étant les mêmes qu'avec un théodolite ordinaire, nous n'avons pas besoin de parler ici des corrections à faire.

On prend ces photographies de la manière habituelle. Quand il s'agit des filaments fins de cirrus, ou, d'une manière générale, des nuages blancs sur un ciel bleu, il faut se servir de plaques sensibles instantanées (p. e. : Edwakds's 12 X i6Vï cm instanta* neous isochromatic plates), et placer devant l'objectif une solution ou un verre jaune absorbant plus ou moins le bleu du ciel. Nous employons une solution de gomme-gutte et de sulfate de quinine.

Les nuages ont en général une forme assez vague et la plus grande difficulté est toujours de trouver exactement le même point sur les deux images. Cependant comme on a les deux images Tune à côté de l'autre, on a tout le temps de les comparer et de choisir des points qui se correspondent. On marque ces points en faisant, avec la pointe d'une aiguille, de petits trous dans la photographie. Cela fait, il est trCïS facile de déterminer les coordonnées de ces points en se servant du verre quadrillé. Une fois ces coordonnées trouvées, on fait les calculs selon les formules données dans le chapitre précédent.

Il est nécessaire d'employer un bon objectif photographique.

Pour S'assurer que la même longueur mesurée sur différentes parties de la plaque correspond toujours au même angle, il suffit de photographier, une fois au centre et une fois près du bord de la plaque, deux points dont on a mesuré exactement la distance angulaire ; il faut que la distance linéaire soit la même dans les deux cas. On peut aussi faire promener pendant dix minutes, à différentes

distances du centre de la même plaque, l'image d'une étoile et vérifier si toutes les lignes tracées par celle-ci ont bien la même longxieur.

§ 2. Remarques sur l'emploi des photogrammëtres. Nous donnons ici un résumé des observations à faire et un exemple numérique de nos observations d'Upsala.

A. Observations préliminaires,

1. Mesurer la longueur de la base b (à Upsala b= 1 149.5 n^)-

2. Observer la différence de hauteur entre les deux stations c (c=^ 14.4 m).

3. Déterminer l'azimut vrai de la base en observant de chacune des deux stations l'angle formé entre le méridienj que l'on trouve par une des méthodes astronomiques bien connues, et un point -de mire commun, soit le sommet d'une tour de la ville

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