DE L'APPAREIL VOCAL DE L'HOMME ET DE SON FONCTIONNEMENT
L'appareil vocal de l’homme, comme celui de tous les animaux supérieurs, se compose de deux séries bien distinctes d’organes,ayant pour fonctions: les uns de produire les sons, les autres, de les parler, c'est-à-dire de leur donner une valeur propre et déterminée. Les premiers sont généralement désignés sous le nom d'organes de la voix ; les se-
présentent bien évidemment pour lui les différences de qualité des sons. Il déclare qu'il ne s’en occupera pas, mais seulement des sons et des articulations, c’est-à-dire des voyelles et des consonnes, parce que ce sont les seuls eléments constitutifs de la parole, qui soient susceptibles d’être représentés par l’écriture. Cependant faute d’avoir suffisamment approfondi ce point, il lui arrive parfois de confondre des différences de valeur avec des différences de qualités (V. les nvtes des p. 2, 89, 97 et 104).
CHAP. VII. DE L APPAREIL VOCAL DE L'HOMME. 4] conds, sous le nom d'organes de la parole (1). Les organes de la voix sont les poumons et le larynx. Ils n’ont, en règle générale, aucune influence directe sur la valeur du son, et ne servent que d'instruments à sa production. L'air, chassé des poumons, vient, en passant dans le larynx, faire vibrer deux sortes de lames ou lèvres, entre lesquelles s’ouvre la fente qu’on appelle la glotte, et auxquelles on a donné le nom de cordes vocales (2). Mais si on laisse dans l’inaction, c’està-dire dans la position qu'ils prennent le plus naturellement au moment de la production du son, les autres organes de l’appareil vocal, un seul
(1) V. sur ce point : Dutrochet (Mémoire pour servir à l’histoire anatomique et physiologique des végétaux et des animaux, p. 450), Müller (Physiologie, trad. Jourdain, t. II, p. 237), Magendie (Physiologie, 4e édit., t. I, p. 283 et suiv.), Gerdy (Physiologie, p. 728 et suiv.), Segond (Mémoire sur la parole, inséré dans les Archives générales de médecine de 1847, 4° série, t. XIV, p. 346), Longet (Physiologie, 22 édit. Fascicule IIT, Voix et parole, sens en général, p. 176), Béclard (Physiologie, Le édit., p. 747), M. Max Müller (Leçons sur la science du langage, trad. Harris et Perrot, p.118 et suiv.), M. Fournié (Physiologie - de la voix et de la parole).
(2) M. Fournié (Physiologie de la voix et de la parole, p. 126) substitue à cette appellation celle de rubans vocaux (en allemand Stimmbänder). V. aussi sur ce point les explications détaillées données par M. Mandl (Maladies du larynx, p. 50 et suiv.).
son se produira, le son À (1). On pourra bien, en modifiant la disposition du larynx, changer la qualité du son ; on n’en pourra changer la valeur. Ou si on y arrive par exception, ce ne sera que par un véritable tour de force, que la plupart des larynx sont impuissants à exécuter. En règle générale, la valeur du son émis ne subira de chansement qu'autant qu'on aura fait intervenir dans cette émission quelqu'un des autres organes de l'appareil vocal, la langue ou les dents, par exemple.
En revanche, le larynx seul ou à peu près seul, influe sur l’acuité, l'amplitude, et en général sur les différences de qualité des sons.
Tous les sons, sans exception, sont soumis à cette influence ; tous peuvent être faibles ou forts, doux ou rudes, aigus ou graves, et le même son peut passer successivement et à volonté de l’un de ces états à l’autre ; ce sont principalement, nous le répétons, les différentes dispositions que le larynx est susceptible de recevoir qui permettent de les nuancer ainsi; c’est par elles, notamment, que les sons se chantent ; car c’est uniquement la disposition donnée à la partie du larynx qu’on
(1) C’est là l'opinion générale et je la crois exacte. M. Fournié (loc. cit.) la critique; suivant lui, le tuyau vocal, dans sa position naturelle, ne preduit aucun son. M. Fournié reconnaît d’ailleurs que la” formation de l’a est extrèmement simple.